L’épître aux Hébreux - chapitre 1

janvier 1937

L’épître aux Hébreux

Chapitre 1

V. 1. Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils.

Jésus dit : Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai à vous. Jn. 14, 18. Il vient à nous par l’Esprit de Vérité. Le Consolateur, le Saint-Esprit, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Autrefois Dieu a parlé de beaucoup de manières par des signes et des prodiges, mais maintenant il ne parle que par l’Esprit de Vérité, qui prend ce qu’il entend du Fils et nous l’annonce.

V. 2. Qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde.

Quand un héritier aussi puissant parle, cela doit bien valoir la peine de l’écouter. Car l’intention est que toi et moi, nous devenions des cohéritiers. Et nous ne le devenons pas sans écouter celui qui parle du haut du ciel. Dieu a créé le monde par son Fils. Il est donc évident qu’il ne le laissera pas plus tard à quelqu’un d’autre.

V. 3. Et qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante.

Tout est soutenu par lui, de même que tout est créé pour lui. Quiconque a vu le Fils et sa façon d’être, a vu aussi le Père. Les deux sont inséparables. Si donc nous devenons un avec le Père et le Fils, nous recevons nous aussi le reflet de sa gloire, et nous sommes formés selon l’empreinte de sa personne. Car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifiés avec lui. Il y a ici de l’espérance et un avenir.

Après avoir accompli la purification pour nos péchés, il s’est assis à la droite de la Majesté divine. C’est la puissance de la résurrection qui l’a amené là-haut. Le fait qu’il se soit assis à la droite de la Majesté divine signifie que Dieu l’utilise comme Consolateur pour exposer sa volonté à l’homme par l’intermédiaire du Saint-Esprit. Dieu nous parle par le Fils, qui intervient dans toutes les circonstances de la vie. Il convainc le monde de péché, de justice et de jugement. Lorsque la conscience est troublée, c’est le Fils qui parle, et il y a alors des choses à corriger.

V. 4. Devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.

Le nom de Jésus est connu sur toute la terre. Il n’en va pas de même des anges. Au nom de Jésus, un pauvre pécheur peut recevoir le pardon. Rien de tel avec les anges. Au nom de Jésus, un pécheur qui a reçu le pardon peut avoir la victoire sur le péché et grandir en celui qui est le chef de l’Église. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit à l’Église. Une telle âme peut triompher du péché. Cela apparaît clairement dans les paroles de l’Esprit aux sept églises d’Asie Mineure.

V. 5. Car auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ? Et encore : Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils ?

Les anges n’ont jamais eu part à la chair et au sang comme nous les hommes ; mais le Fils y a eu part. C’était en chair et en sang que Jésus a été tenté. C’est là qu’il a renoncé à sa volonté pour faire la volonté de son Père. Jn. 5, 19 ; 5, 30 ; 6, 38 ; 7, 18. Lequel des anges a été manifesté en chair ? Aucun. C’est dans la chair que réside l’opposition à la volonté de Dieu. C’est pour cela que Dieu a dû envoyer son Fils dans la chair pour vaincre cette volonté – la volonté propre. La volonté de Dieu a été révélée à l’homme par la loi, mais c’était impossible à la loi d’accomplir la volonté de Dieu, à cause de la faiblesse de la chair. Mais maintenant c’est possible, puisque Dieu a envoyé son Fils dans une chair semblable à celle du péché et à cause du péché, et a condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3. Cela nous donne de la force, pour que l’exigence de la loi soit accomplie en nous qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit.

Commence à marcher selon l’Esprit, en opposition frontale à ta propre chair, et tu te réjouiras de ce que Jésus-Christ a été manifesté en chair, et qu’il a condamné le péché dans la chair. Cela est un beaucoup plus grand salut que celui de « pécher et recevoir grâce (le pardon) ». La victoire doit être remportée dans la vie des pensées, avant que la pensée ne devienne une œuvre pécheresse.

Lequel des anges a fait une telle œuvre immense ? Et auquel des anges a-t-il été dit : Tu es mon fils ? Le Fils accomplit la volonté de Dieu dans la chair jusqu’au sang, jusqu’à la mort sur la croix. Aucun ange n’a été mis à l’épreuve de cette manière.

V. 6. Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit : Que tous les anges de Dieu l’adorent ! Ici la différence apparaît clairement. Ici, nous voyons quelle valeur cela représente d’avoir été manifesté en chair. Tous les anges de Dieu, qui n’ont jamais été dans la chair, l’adoreront.

Et toi qui nies Christ manifesté en chair, que diras-tu en ce jour ? Ton ignorance dans cette affaire ne t’aidera pas. Peut-être l’attitude de tous les anges de Dieu adorant le Fils te convaincra-t-elle, en ce jour, de ta grossière erreur et de ton incrédulité.

V. 7. De plus, il dit des anges : Celui qui fait de ses anges des vents, et de ses serviteurs une flamme de feu.

Dieu utilise ses anges pour un service extérieur, soit comme moyen de défense contre des difficultés extérieures, soit comme punition contre l’impiété. Mais pour le service intérieur, Dieu utilise le Fils, puisque les anges ne connaissent pas la route nouvelle et vivante à travers le voile, sa chair. C’est pour cela qu’ils désirent plonger leurs regards dans cette sagesse insondable de Dieu. 1 Pi. 1, 12.

V. 8. Mais il a dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, est éternel ; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité.

Le Fils a atteint la dignité du trône, il est un avec le Père et portera en toute éternité le sceptre de justice. Pourquoi ? Parce qu’il a été obéissant jusqu’à la mort, oui la mort de la croix, lorsqu’il était en chair et en sang ; parce qu’il s’est sacrifié par la puissance d’un Esprit éternel. Et parce qu’il a souffert la mort selon la chair, Dieu l’a rendu vivant quant à l’esprit. Aucun pouvoir et aucune domination ne peut affronter son sceptre d’équité. Il s’étend de la mort selon la chair jusqu’au trône de la Majesté divine selon l’esprit.

V. 9. Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux.

Ce qui est remarquable, c’est que celui qui aimait la justice et haïssait l’iniquité entrait toujours en collision avec les scribes et les pharisiens, qui étaient les principaux dirigeants religieux de leur époque et qui étaient assis sur le siège de Moïse. Ces gens religieux étaient-ils donc tout à fait à l’opposé de ce qu’était le Maître, de sorte qu’ils aimaient l’injustice et qu’ils haïssaient la justice ? Jésus ne parle jamais aussi durement au peuple qu’il le fait au clergé. Une fois après l’autre, il dit : Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, conducteurs aveugles, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Mt. 23. Luc 11.

Aussi longtemps qu’un homme se trouve dans l’obscurité, le clergé que nous avons à notre époque lui suffit ; mais dès que l’on passe des ténèbres à son admirable lumière, la haine s’éveille chez les pharisiens et les scribes. Le sacerdoce spirituel leur fait comprendre que leur sacerdoce n’est qu’humain. La jalousie et la haine germent du terrain de la chair ; c’est la même haine et la même jalousie qui ont crucifié le Seigneur de gloire, et qui plus tard ont persécuté tous les saints, jusqu’à Hans Nielsen Hauge3, et qui continuent à s’exercer contre Ses saints. Ce sont ces gens-là qui de tout temps portent les clés de la connaissance, sans entrer eux-mêmes dans le royaume des cieux, et qui empêchent d’entrer ceux qui le voudraient. Jésus s’est attaqué à cet obstacle majeur, et cela s’est terminé par le fait qu’ils l’ont mis à mort. Ils ont eu l’autorité du monde de leur côté, et ainsi ils ont pu faire leur volonté. De nos jours, leurs semblables en esprit (la prostituée) sont assis si lâchement en selle sur la bête écarlate et sont si près de tomber, qu’ils n’osent pas attenter quelque chose contre les saints de Dieu. Mais le désir est là. Cependant, le temps est proche où la bête écarlate, qui déteste la prostituée, la dépouillera et la mettra à nu ; ils mangeront sa chair, et la consumeront par le feu. Car Dieu a mis dans leurs cœurs d’exécuter son dessein, un même dessein. Ap. 17, 16-17. Il y aura alors de la joie dans le ciel. Ap. 19.

C’est contre cette barricade que les serviteurs du royaume de Dieu ont toujours dû se battre, quand durant leur marche ici-bas ils ont aimé la justice et haï l’iniquité.

C’est pourquoi, obéis à la voix du ciel qui dit : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. Ap. 18, 4.

Quand nous aimons la justice et que nous haïssons l’iniquité, une séparation se fait dans notre vie, permettant à la lumière et à la sagesse de Dieu de pénétrer. Jésus a été occupé à cela toute sa vie. Cela agissait en lui comme une épée de l’Esprit, qui tranchait et partageait et pénétrait jusqu’à la séparation de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles, et qui jugeait les sentiments et les pensées du cœur. Hé. 4, 12. Cela a fait que toute sa vie était agréable à Dieu, et cela à son tour était pour Jésus une huile de joie. De cette manière, le Fils de l’homme est entré dans le repos dans un degré plus profond qu’aucun autre de ses frères, et cela s’accompagnait de l’huile de joie.