La foi d’Abraham
«L’Éternel dit à Abram, après que Loth se fut séparé de lui : Lève donc les yeux et, de l’endroit où tu es [...] Abram dressa ses tentes et vint habiter aux chênes de Mamré, à côté d’Hébron. Il bâtit là un autel à l’Éternel.» Ge. 13, 8-18.
Abraham a laissé Loth choisir les meilleurs endroits. Il savait que c’est la bénédiction de l’Éternel qui enrichit, et il ne plaçait pas sa confiance dans les choses de la terre. Il est dit que Loth leva les yeux et qu’il vit toute la plaine du Jourdain qui était entièrement irriguée, comme un jardin de l’Éternel. Ce sont les soucis et la cupidité qui ont amené Loth à lever les yeux, et il dressa ses tentes près de Sodome et de Gomorrhe. Voilà ce qui se passe quand on lève les yeux avec incrédulité et cupidité. On prend alors toujours la direction de Sodome et de Gomorrhe. Un gain temporel attire toujours vers le monde et l’injustice. Celui qui est incrédule dresse ses tentes aussi près de Sodome que possible.
Après que Loth se fut séparé d’Abraham, Dieu dit à ce dernier : «Lève les yeux !» C’était maintenant au tour d’Abraham de lever les yeux.
Il l’a fait suivant l’ordre de Dieu. Il avait tout abandonné par la foi en Dieu, c’est pourquoi Dieu le lui a rendu. Celui qui perd sa vie la trouvera. Loth torturait jour après jour son âme à cause des iniquités qu’il voyait ou entendait. Ceux qui veulent s’enrichir s’infligent à eux-mêmes bien des tourments. Abraham, en revanche, a reçu ces choses pardessus, parce qu’il cherchait Dieu seul. Tout ce qu’on cherche en dehors de Dieu entraîne bien des tourments. Il n’y a pas de faille dans la joie que donne Dieu.
Après avoir reçu les promesses et dressé ses tentes près des chênes de Mamré, il y a bâti un autel. Abraham n’était attaché à rien en dehors de Dieu. Il était même libre par rapport à ce que Dieu lui donnait. Il a bâti un autel ; il a tout sacrifié et a vécu comme un étranger dans le pays promis.
Loth, en revanche, n’a pas bâti d’autel. Bien qu’il ait choisi le meilleur, il n’avait rien à sacrifier. De nos jours aussi, les chrétiens qui ressemblent à Loth recherchent le monde mais n’ont jamais rien à sacrifier. Mais ce sont ceux qui aiment la vérité et la justice, même s’ils doivent tout perdre, qui ont la foi d’Abraham, et eux ont toujours quelque chose à sacrifier.
C’est après que Loth se fut séparé d’Abraham que Dieu s’est révélé à ce dernier. Si on veut recevoir des révélations de la part de Dieu, il faut se séparer des incrédules et rejeter tout fardeau. De telles personnes entières de cœur deviennent inébranlables, et elles peuvent secourir d’autres personnes. Loth, en revanche, a été entraîné par les impies, et il a fallu venir à son secours.
Après qu’Abraham eut secouru Loth et le roi de Sodome, celui-ci voulut lui donner tous les biens, mais Abraham répondit : «Je lève la main vers l’Éternel, le Dieu Très-Haut maître du ciel et de la terre : je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil ni une bride de sandale, pour que tu ne puisses pas dire : J’ai enrichi Abram...» Ge. 14, 21-15, 1. Abraham haïssait jusqu’à la tunique souillée par la chair (Jude 23). Il ne voulait avoir aucun des biens du roi injuste. Il levait la main vers l’Éternel. Ce n’était que de Lui qu’il voulait recevoir quelque chose. Nul autre ne devait pouvoir se glorifier de lui avoir donné quoi que ce soit. Quand on est incrédule, on étend sa main vers toutes sortes de choses. On devient ainsi esclave des hommes. Les uns et les autres peuvent se glorifier d’avoir aidé une telle personne. On n’est pas quelqu’un en qui Dieu peut montrer sa puissance. On ne devient jamais un témoin de la fidélité de Dieu pour les hommes. Après qu’Abraham eut refusé de recevoir quoi que ce soit de quelqu’un d’autre que de Dieu, Dieu s’est révélé à lui. Quand on coupe tous les liens et qu’on cesse de se confier dans la chair, on reçoit des révélations. Alors, Dieu nous dit : «Je suis moi-même ton bouclier, et ta récompense sera très grande.» On pourrait penser qu’il aurait dû recevoir cette révélation avant de renoncer à tout le reste. C’est ainsi que parle F incrédulité, mais celui qui croit verra la gloire de Dieu. Satan a le pouvoir sur l’incrédule, car il a déjà semé le doute dans le cœur de nos premiers parents. Dieu les a alors chassés de devant sa face. Dieu est saint et n’habite pas dans un cœur où il y a de la place pour Satan. C’est pourquoi il est dit : «Séparez-vous, ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous accueillerai.» 2 Co. 6, 17-18. Nous devons donc retirer notre main de tout ce qui est visible et purifier notre entendement de tout espoir selon la chair ; alors Dieu prendra soin de nous et se révélera à nous, car nous devons être saints dans toute notre conduite, de même que celui qui nous a appelés est saint. 1 Pi. 1, 15. Ceux qui ont le cœur pur verront Dieu. Nous souhaitons que Dieu se révèle à nous et parmi nous, mais c’est ici qu’est le chemin pour chacun en particulier et pour toute F Assemblée.
L’Éternel dit aux Israélites : Vous êtes un peuple à la nuque raide ; si je montais un seul instant au milieu de toi, je t’exterminerais. Ex. 33, 5. Israël était incrédule, et Dieu ne pouvait pas se mêler à eux. S’il était venu au milieu d’eux, il aurait été obligé de les exterminer. Moïse devait d’ailleurs dresser sa tente loin du camp pour y parler avec F Éternel. S’approcher de Dieu, c’est s’approcher d’un feu dévorant. Il veut nettoyer les impuretés des filles de Sion par un esprit qui juge et par un esprit qui allume un feu. És. 4, 4 (autre trad.). Voilà ce contre quoi les hypocrites mettent en garde, en disant : C’est un message dur, avec beaucoup de jugement et peu d’amour. Mais tous ceux qui aiment Dieu de tout leur cœur aiment aussi cet esprit qui juge et qui allume un feu. C’est l’épouse, qui se purifie, pour être trouvée par lui sans tache ni ride, dans la paix. Si tu as cette espérance, approche-toi de cet esprit ! Ne crains pas les jugements, ni le fait que le feu va consumer des choses en toi. Tu en sortiras comme l’or, tu seras un sujet de gloire et d’honneur dans la révélation de Jésus-Christ, et tu te réjouiras d’une joie indicible et glorieuse.