Hors du camp

février 1935

Hors du camp

Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. Hé. 13, 13.

Il y a beaucoup d’opinions sur ce que représente le camp. Certains croient que c’est le monde. Mais si nous regardons la chose de plus près, nous comprenons que c’était le peuple d’Israël qui habitait dans le camp. C’était le peuple de Dieu, qui avait été sauvé des ténèbres de l’Égypte, mais dont la relation avec Dieu était telle qu’Il ne prenait point plaisir en la plupart d’entre eux. Il fallait passer par plusieurs étapes de séparation avant de parvenir à un état où on était agréable à Dieu. Le Père dit de Jésus : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : Écoutez-le ! C’est lui qui a son van à la main et qui nettoie son aire.

Étienne dit de lui : C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert, étant avec l’ange qui parlait à Moïse sur la montagne de Sinaï et avec nos pères, reçut des oracles vivants, pour nous les donner. Nos pères ne voulurent pas lui obéir, ils le repoussèrent, et ils tournèrent leur cœur vers l’Égypte, en disant à Aaron :

Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ! Et, en ces jours-là, ils firent un veau d’or et se réjouirent de l’œuvre de leurs mains. Mais Dieu se détourna, et les livra au culte de l’armée du ciel. Et ils ont porté la tente de Moloch et l’étoile du dieu Remphan. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers, vous qui avez reçu la loi d’après des commandements d’anges, et qui ne l’avez point gardée !

En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur cœur, et ils grinçaient des dents contre lui. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Actes chapitre 7.

Ce sont donc des personnes de ce genre qui se trouvent dans le camp, ce camp dont nous devons sortir.

Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Cette parole s’applique tout aussi bien aux païens, au fil des siècles. Lesquels des vrais témoins de Dieu n’ont-ils pas persécutés ? Et les pires ont été ceux qui occupaient des positions religieuses élevées. Ils ont toujours trouvé un Hérode ou un Pilate pour exécuter leurs jugements ; car ils n’osaient pas le faire eux-mêmes, ou n’avaient pas le pouvoir de le faire.

Sortons pour aller à lui, en portant son opprobre ! Jésus-Christ représente donc l’opprobre. Oui, il est en vérité méprisé par toute chair et tous les hommes charnels, aussi religieux soient-ils. Le chemin pour sortir et aller à lui passe au travers de la chair, cette chair dont s’enorgueillit celui qui est charnel. Mais ceux qui appartiennent à l’Esprit méprisent de tout leur cœur et haïssent cette chair dans laquelle n’habite rien de bon. Un homme charnel a sa patrie ici-bas et ne recherche pas les choses à venir. Nous, en revanche, nous n’avons pas de patrie ici-bas, mais nous cherchons celle qui est à venir. Ceux qui ont part à la patrie à venir ont forcément part aussi à l’opprobre.

Moïse a regardé l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte, car il avait les yeux fixés sur la rémunération. Hé. 11, 27.

La récompense que donne l’espérance se trouve donc dans l’opprobre de Christ. Il n’y a pas d’opprobre dans le fait de se trouver dans le camp. Mais celui qui veut vivre une vie divine en Jésus-Christ sera persécuté. Qui le persécutera ? Ceux qui lui sont le plus proches, et ceux qui espèrent le gagner pour leur secte ou leur parti. Christ n’est pas divisé, c’est pourquoi ceux qui sortent du camp pour aller à lui ne sont pas non plus divisés, car les partis sont du diable. Mais le diable ne se plait pas en dehors du camp, avec Christ. Il n’apprécie pas l’opprobre de Christ. Il ne se plait pas parmi des gens qui annoncent la croix et la mort pour la chair ; car celle-ci est justement la porte dont il dispose pour accéder à l’âme qu’il a l’intention de corrompre.

L’opprobre va de pair avec le fait d’aller hors du camp. Mais nous y avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le pouvoir de manger. Le tabernacle, c’est le camp. Les corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp. Hé. 13, 10-11.

Le souverain sacrificateur porte le sang dans le sanctuaire. L’âme se trouve dans le sang. Jésus a vidé son âme en dehors du camp. És. 53, 1219. Nous y trouvons aussi l’occasion de résister au péché jusqu’au sang, un sang qui est ensuite porté dans le sanctuaire par notre souverain sacrificateur céleste. Mais si le sang est porté dans le sanctuaire, cela signifie que l’âme est portée dans le sanctuaire, car l’âme se trouve dans le sang. Il est écrit en effet : Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il serve d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation. Lé. 17, 11.

Les corps des animaux étaient brûlés hors du camp dans l’ancienne alliance. Ceci illustre la nouvelle alliance, où le corps est mort à cause du péché, lorsque Christ habite en nous. Cela signifie que ce n’est plus le corps qui dirige les choses, puisque le péché y habite ; mais la direction vient du Saint-Esprit, car l’esprit est vie à cause de la justice. La direction de l’Esprit agit comme un feu sur la chair.

Nous voyons clairement ici que personne dans le camp ne peut résister au péché jusqu’au sang. Ils n’ont même pas le droit de manger de l’autel dont ont mangé Paul, les autres apôtres, et les saints. Leurs corps ne deviennent pas un sacrifice (Ro. 12, 1) au bénéfice de la force du Saint-Esprit, qui lutte contre la chair et ses convoitises.

C’est pour la même raison qu’on ne peut pas parvenir, à l’intérieur du camp, à plus de l’œuvre de Christ que la réconciliation par le pardon des péchés. Il ne peut pas y être question d’être formé à l’image du Fils. Car cette formation a lieu sous l’opprobre de Christ – en dehors du camp. C’est là que nous sommes formés pour être rendus semblables à lui dans sa mort et dans sa résurrection. C’est là que nous faisons connaissance de la mort de Christ pour nous et en nous. Nous faisons aussi connaissance de sa vie pour nous et en nous. Car c’est là que nous sommes au bénéfice du ministère de médiateur de Jésus-Christ, notre souverain sacrificateur, lui qui nous forme à sa propre image par son Esprit.

Sors donc à lui, hors du camp ! Tu l’y trouveras. Pas seulement comme un serpent d’airain au bout d’une perche, mais comme une vie personnelle.