La loi de l’Esprit de Vie

août 1934

La loi de l’Esprit de Vie

Bien que la loi de l’Esprit de Vie réside dans l’Esprit, elle n’est pourtant pas la même chose que le Saint-Esprit. La loi de l’Esprit de Vie affranchit de la loi du péché et de la mort. Il en découle avec une clarté totale que si nous voulons nous approprier la loi de l’Esprit de Vie, il faut que nous vainquions la loi du péché et de la mort par sa force. C’est seulement à ce moment-là que la loi de l’Esprit de Vie devient quelque chose pour moi. Vous recevrez une puissance (pour vaincre), le Saint-Esprit survenant sur vous. La force pour vaincre se manifeste en moi par le fait que je fais cesser l’activité de la loi du péché et de la mort par la force de l’Esprit. Si nous recevons le baptême de l’Esprit mais que nous ne marchons pas selon l’Esprit, nous ne nous approprions pas la loi de l’Esprit de Vie, et nous ne sommes pas non plus libérés de la loi du péché et de la mort.

Qu’est-ce que la loi du péché ? Chacun est tenté lorsqu’il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Ce n’est pas le péché. Puis, la convoitise, lorsqu’elle a conçu (je donne mon consentement), enfante le péché. Je suis affranchi de cette loi du péché par la puissance qui réside dans la loi de l’Esprit de Vie et par le libre arbitre que j’ai de ne pas vouloir pécher. Il est vrai que le péché se couche à la porte, mais je dois dominer sur lui. Je ne pèche pas, parce que le péché n’a pas de pouvoir sur moi. Christ est mort pour le péché, c’est pourquoi je me considère aussi comme mort au péché en lui. Si alors je ne pèche pas et ne donne pas mon consentement à mes convoitises charnelles, je ne peux pas non plus être soumis à la loi de la mort ; car c’est lorsque le péché a été consommé (est venu à maturité, trad. norv.) qu’il produit la mort. Mais le péché ne peut jamais être consommé si je ne suis pas esclave du péché, mais que bien au contraire je domine sur lui et le condamne comme le Maître lui-même, dans ma propre chair, avant qu’il y ait conception dans mon entendement.

Que se passe-t-il alors ? Je foule aux pieds la loi du péché et de la mort par l’obéissance de la foi, et la loi de l’Esprit de Vie m’affranchit et me place sur le fondement de la résurrection. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle.

Ceci concerne tout le péché dont j’ai connaissance. Le péché qui est encore caché pour moi suit d’autres lois ; mais lorsque j’en prends conscience, il faut qu’il aille lui aussi sur la croix et que j’en sois libéré en souffrant dans la chair par la communion des souffrances de Christ. C’est le chemin de la croix, le chemin sur lequel tout le péché est livré à la mort.

Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. 1 Jn. 1, 8. Il n’y a pas de condamnation pour le fait d’avoir du péché, car le péché est inné. La condamnation ne vient qu’après que j’ai donné mon consentement à la convoitise. Quel que soit le point auquel nous sommes parvenus sur le chemin de la sanctification, le péché habite dans notre chair mortelle. Mais, par l’obéissance, nous sommes de plus en plus affranchis de sa domination, si bien que nous recevons même la force de le vaincre. Mon degré de spiritualité se mesure à l’étendue de la victoire que j’ai sur le péché. Mais dans les domaines où je n’ai pas encore la lumière et la victoire, je suis encore charnel. À la résurrection d’entre les morts, nous aurons des degrés de spiritualité différents, comme une étoile diffère en éclat d’une autre étoile. C’est d’ailleurs la seule chose qui soit juste ; car nous sommes tous soumis aux mêmes lois et aux mêmes conditions. Et nous avons tous la même possibilité de courir dans le stade. Si donc l’un arrive plus loin qu’un autre sur le chemin de la vie, la raison en est que l’un est plus pieux que l’autre. L’un a plus d’amour pour Dieu et ses commandements que l’autre. Certains vouent un culte à Dieu et à côté de cela, à leur propre désir, si bien qu’il en résulte un faible éclat et peu de gloire. Cela se manifeste déjà ici, pendant la vie sur terre. Certains se soustraient à l’opprobre de Christ et à celui des personnes sur lesquelles reposent l’opprobre de Christ, et ils en retirent une perte éternelle. Car l’opprobre de Christ est une grande richesse. Chacun recevra selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps (pendant le temps où il était dans son corps). Et c’est la seule chose qui soit juste.

Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché. Ro. 8, 10. Mais l’esprit est vie à cause de la justice. Il n’y a rien dans mon corps qui doive me diriger et me conduire. Le corps est mort parce que le péché y habite. Mais je dois vivre sous la conduite de l’Esprit ; car il a la vie en lui. Sous la conduite de l’Esprit, je dois aussi veiller au bien-être et à la bonne santé de mon corps. De cette façon, l’ordre s’instaure partout.

Les dirigeants de ce monde suivent généralement leur sens naturel, c’est pourquoi cela va si mal la plupart du temps. Et un gouvernement en renverse un autre pour faire mieux que lui. Si ces gouvernements se laissaient conduire par le Saint-Esprit, ils recevraient dès maintenant un royaume qui ne pourrait pas être ébranlé. Mais les personnes charnelles ne le veulent pas, et cela va mal à chaque fois. Jésus a évidemment prévu cela, c’est pourquoi il dit avec détermination que son royaume n’est pas de ce monde. Les docteurs de la loi qui vivaient à l’époque de Jésus suivaient leur sens naturel et ils se sont discrédités eux-mêmes aux yeux de toutes les générations. Ils se corrompent dans ce qu’ils savent naturellement, comme les brutes. Jude v. 10. Pour la même raison, Jésus et le monde ne peuvent pas régner ensemble. Un croyant et un incrédule ne peuvent pas établir la justice et la paix ensemble. C’est pourquoi nous ne devons pas nous mettre sous un joug étranger avec les infidèles. Le prophète Jérémie avait beaucoup de bons conseils à donner aux dirigeants de son époque de la part de l’Éternel. Mais ils l’ont haï et l’ont jeté dans un puits et dans un cachot. Le pouvoir des saints est toujours écrasé dans l’assemblée des peuples. Mais un jour viendra où Jésus-Christ et ses saints obtiendront le pouvoir. Da. 7, 18 et 27. Ce sera un royaume éternel. Aucun autre gouvernement ne peut renverser le gouvernement messianique ; car en lui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. C’est après ce régime que toute la création soupire et c’est lui qu’elle attend. Et elle ne sera pas confuse ; car la loi de l’Esprit de Vie mène tout droit à la résurrection.