Les soupirs inexprimables de l’Esprit

mars 1934

Les soupirs inexprimables de l’Esprit

Nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières ; mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. Ro. 8, 26.

De nous-mêmes, nous ne savons pas comment parvenir à la nature divine ; en effet, l’homme animal (l’homme naturel, trad. norv.) ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu. C’est pour cela que l’Esprit doit venir à notre secours. Les soupirs de l’Esprit vont toujours dans le sens de perdre sa vie, car l’Esprit s’oppose à la chair, et la chair s’oppose à l’Esprit. Les soupirs de l’Esprit sont donc toujours contre la nature humaine, qui est incapable de comprendre que la vie dans la chair s’oppose à l’Esprit. L’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix. Nous voyons qu’aussi bien la vie que la paix se trouvent dans l’Esprit. Il n’y a ni vie ni paix dans la nature humaine. Quand donc les soupirs de l’Esprit se frayent un chemin en nous, il recherche les sacrifices dans notre vie, même les plus cachés d’entre eux. Car celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. V. 27.

Il y a beaucoup de choses dans le cœur de l’homme qui aspirent aux choses de ce monde. Dieu le sait, c’est pourquoi notre souverain sacrificateur céleste intercède pour nous. Et c’est pourquoi aussi notre responsabilité est de ne pas rechercher les choses de ce monde.

Tout ce qui arrive dans notre vie est une intervention de Dieu pour amener nos pensées vers les valeurs éternelles. C’est pour cela que nous nous rendons compte que lorsque nous sommes plongés dans le chagrin et la détresse, le cœur devient plus attentif aux soupirs inexprimables de l’Esprit. De tous les dons de Dieu, le plus grand est de recevoir une oreille qui sait écouter ; car celui qui écoute aime, et il garde les commandements. Il sait que ça vaut vraiment la peine d’écouter. Il sait aussi que ça vaut la peine de faire ce qu’il entend ; cela apporte de la paix, de la joie et du bonheur, ainsi qu’une espérance de la gloire qui s’étend largement au-delà de la mort et du tombeau, jusque dans l’éternité. L’oreille attentive est le premier de nos membres qui perçoit les soupirs inexprimables de l’Esprit. Christ lui aussi s’adresse en premier à la personne qui a une oreille attentive. Ce sont les [disciples] Jean de notre époque, qui sont penchés sur la poitrine de Jésus. Ce sont ces disciples-là que Jésus aime plus que tous. Ils entendent parce qu’ils aiment. Nous y trouvons Marie plutôt que Marthe, Moïse plutôt qu’Aaron et Marie, Joseph plutôt que ses frères, les prophètes plutôt que le peuple. Jésus avant tous.

C’est celui qui est le plus dur d’oreille qui est aussi le plus indifférent. C’est pour cela que Moïse souhaitait que tout le peuple de Dieu puisse être des prophètes, et que Paul combattait de toute sa force pour les assemblées, pour qu’elles puissent recevoir un Esprit de sagesse et de révélation. Et elles ne pouvaient le recevoir qu’en écoutant les soupirs inexprimables de l’Esprit. Mais pour écouter ces soupirs, l’amour pour Christ doit devenir extrêmement grand. Et celui qui aime Christ aime la vérité, même la vérité sur sa propre misère.