Dans les régions inférieures de la terre
Nous pouvons maintenant louer Jésus-Christ comme étant le centre autour duquel le passé, le présent et l’avenir s’articulent. Moïse et les prophètes ont témoigné de lui avant sa venue sur terre, et le Saint-Esprit rend témoignage de lui après son départ.
Mais qui donc l’a connu pendant les jours de sa chair, et qui le connaît encore de nos jours, quand il est révélé en chair dans une personne ou une autre ?
Partout où il est révélé en chair, en premier lieu dans son propre corps terrestre, et ensuite dans la chair qui est unie à lui, le signe qui le caractérise est le suivant : Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage… És. 53, 3.
Ce sont là les régions inférieures de la terre. Nul ne peut les atteindre sans une véritable crainte de Dieu.
Un clochard peut se vautrer dans la boue du péché, jusqu’à tomber dans l’abîme, sans savoir comment en ressortir. Tout homme dont le cœur est exercé à la cupidité peut plonger dans le même abîme ; cette maladie le pousse au meurtre et au vol, et pour finir il se met lui-même hors de portée du salut. Année après année, sa conscience est mise à mort pendant qu’il fait route vers l’abîme, et pour finir il n’a plus de conscience, mais il a touché le fond, l’abîme.
Mais ce ne sont pas là les régions inférieures de la terre. Ce sont les régions les plus basses de l’impiété, l’antichambre et la poubelle des bas-fonds.
C’est entre les régions inférieures de la terre et l’abîme que toutes les choses et toutes les personnes se meuvent.
Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu… Ap. 3, 17.
L’ange de l’Église de cette ville avait recherché son propre intérêt. En tant qu’homme, c’était un habile diplomate qui savait retirer des avantages terrestres de sa position de dirigeant religieux. Mais il se tient maintenant devant la face du Maître lui-même, et il reçoit son jugement : Il est aveugle et nu. Il avait déjà reçu son salaire. Il n’avait jamais fait le moindre pas vers les régions inférieures de la terre. Car sa bonne réputation dans l’Église croissait de jour en jour. Les dons, qui aveuglent, l’avaient effectivement aveuglé au point qu’il ne voyait plus rien. Quand il dit de lui-même : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, tout cela n’était que de la richesse et du bien-être charnels. L’Église de Laodicée avait été fondée par le travail des apôtres, mais cet homme récoltait les fruits de ce travail.
Paul dit de lui-même : Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. 1 Co. 4, 9.
Compare-le avec l’ange de l’Église de Laodicée, qui s’était enrichi et qui n’avait besoin de rien, bien nourri, mais en réalité aveugle, malheureux et misérable. Mais sur un point, il n’était pas aveugle, ni incapable : Il était très doué pour extorquer de l’argent à son assemblée. Et malheureusement, il a beaucoup de successeurs de nos jours, gras et bien nourris, mais aveugles et nus, bien qu’ils prétendent être riches et rassasiés, et n’avoir besoin de rien.
Quand nous suivons les traces du Maître dans les régions inférieures de la terre, nous devenons de plus en plus seuls. Nous avons de moins en moins besoin des biens et de l’honneur de ce monde. Nous devenons plus simples dans nos paroles et notre enseignement, dans notre train de vie et notre comportement. Les charmes du monde, qui appartiennent au dieu de ce monde, disparaissent. L’extérieur orgueilleux disparaît, et du même coup la considération dont on jouit. C’est de cette manière que Jésus a eu un aspect qui n’avait rien pour plaire. És. 53, 2. Il en a été de même des apôtres. Paul a travaillé de ses propres mains, pour ne pas être à la charge des Corinthiens. Je suppose que les autres apôtres ont aussi connu toutes sortes de privations lors de leurs voyages. Mais l’ange de l’Église de Laodicée était riche et rassasié, et il n’avait besoin de rien. Il habitait sur place et pouvait tirer profit des occasions qui se présentaient. Il s’est bien gardé de suivre Jésus dans les régions inférieures de la terre, car il était bien trop occupé par les plaisirs de la vie terrestre.
Partout où une partie importante du travail consiste à demander de l’argent, tu peux être certain qu’il y a un ange (un prédicateur) de Laodicée qui se cache derrière. Il se dit toujours riche et rassasié, mais hélas, comme il est malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu !
Veillons, dès à présent et à l’avenir, pour qu’il ne se lève pas aussi parmi nous des « anges de Laodicée » ! Ce sont les apôtres qui ont fondé les assemblées, au milieu des tribulations ; ce sont eux qui ont souffert. Ce sont les pionniers, ceux qui ont frayé la voie, qui ont tout assumé. Alors que d’autres se permettent de vivre aux dépens de « Laodicée ».
Un peu de collyre pourra éclairer la vision de l’ange lui-même (le dirigeant) comme de ceux qui l’entretiennent.
Voici, je me tiens à la porte, et je frappe ! Jésus était dehors, à la porte de l’Église de Laodicée. Faisons en sorte qu’il reste à l’intérieur. Jésus lui-même n’avait pas de lieu où poser sa tête. Mais les papes, les cardinaux et toutes sortes de prélats se sont octroyé des salaires et des positions « juteuses », à ses dépens. Les Églises d’État, tout comme les petites Églises, les assemblées libres et les prédicateurs, ont fait de même. « Laodicée » fleurit de tous côtés, et ses anges sont nombreux. C’est pourquoi l’apparence de la piété est grande à notre époque, mais où en est la force ?
Elle ne se trouve que chez les imitateurs de Jésus-Christ, qui le suivent dans les régions inférieures de la terre.