Le corps de la mort

novembre 1934

Le corps de la mort

Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? Ro. 7, 24.

Le corps de la mort, c’est avant tout le corps qui doit mourir de mort naturelle, à moins que Jésus ne revienne avant et ne transforme notre corps mortel.

Lorsque Paul parle d’une autre loi qu’il voit dans ses membres, qui lutte contre la loi de son entendement, et qui le rend captif de la loi du péché qui est dans ses membres, cette loi du péché se trouve dans le corps de mort. V. 23.

Je suis rendu captif. On n’est rendu captif que par ses ennemis. L’Esprit est opposé à la chair, et la chair est opposée à l’Esprit. Dans ce combat, où je dois toujours être du côté de l’Esprit, il arrive que je sois rendu captif de la loi du péché dans mes membres. Bien que je serve la loi de Dieu avec mon entendement, l’autre loi dans mes membres m’entraîne, et je fais des choses que je n’aurais absolument pas voulu faire, je fais ce que je hais. V. 18.

Puisqu’il est donc manifeste que je suis rendu captif de la loi du péché, qui est dans mes membres, comment puis-je à nouveau être délivré ? Ce n’est pas moi, avec mon entendement bien disposé, qui ai fait ces choses que je n’aurais pas voulu faire, mais c’est le péché qui habite en moi qui est devenu trop fort pour moi et qui m’a rendu captif. Cette captivité, et les actions qui en découlent, sont appelées les « actions du corps », Ro. 8, 13. Il faut les faire mourir par l’Esprit, pour que nous vivions. Mais si nous vivons selon la chair, c’est-à-dire si notre entendement se conforme aux désirs de la chair, nous mourrons. C’est pourquoi nous ne sommes pas redevables à la chair.

Paul demande : Qui me délivrera du corps de cette mort ? Dieu seul peut le faire, et il le fera soit en nous transformant lors du retour de Christ, soit lorsque nous nous endormirons en Christ.

Certains osent dire : Je ne sers pas la loi du péché avec ma chair ! Je me contenterai de répondre : Tu es tout à fait ignorant sur ce point, et, en plus, tu t’occupes de choses que tu n’as pas vues. Personne ne peut servir la loi de Dieu avec sa chair, et là où je n’ai pas reçu la vie et la lumière, je suis obligé de servir la loi du péché avec ma chair. Tu ne veux pas le faire, mais ta chair, dans laquelle n’habite rien de bon, te force à faire des choses que tu n’aurais pas voulu faire. Et ce, malgré le fait que tu serves la loi de Dieu avec ton entendement.

À cet égard, c’est la vigilance dans l’Esprit qui peut venir à ton secours, pour que tu puisses trouver tes « actions du corps » et que tu les juges. C’est ainsi que tu seras continuellement transformé par le renouvellement de ton intelligence, afin que tu discernes quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. Ro. 12, 2. C’est aussi ce qui est écrit en Ép. 4, 23–26 : … à être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. C’est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité… Si vous vous mettez en colère, ne péchez point… Nous avons ici des exemples d’actions du corps, qui doivent être mises à mort par l’Esprit. Que celui qui dérobait ne dérobe plus. Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise. N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous.

Tu demanderas peut-être : De telles choses peuvent-elles se produire chez un enfant de Dieu ? Oui, elles se produisent quotidiennement, mais on dort et on est aveugle, et on ne s’en rend même pas compte soi-même. D’autres s’en rendent pourtant très bien compte, et ils en parlent la plupart du temps derrière le dos des personnes concernées, ce qui fait qu’ils ont eux aussi des reproches à se faire, puisqu’ils sont médisants. Les Éphésiens avaient été scellés par le Saint-Esprit (cf. Ép. 4, 30), et pourtant de telles choses régnaient dans leur assemblée, et même si quelques-uns n’étaient pas aussi atteints que les autres, la plupart d’entre eux étaient dans cette situation. Nous avons assez d’exemples des mêmes choses dans les assemblées à notre époque.

Quelle en est la raison ? Le péché dans les membres rend les hommes captifs dans une mesure plus ou moins grande. Paul lui-même était rendu captif, et cela l’a amené à s’écrier : Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?

Puisque les choses étaient ainsi et qu’elles ne pouvaient pas être autrement, il dit : Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. Personne ne peut faire mieux que cela. La chair est incapable d’obéir à la loi de Dieu. Lorsque nous servons la loi de Dieu avec notre entendement, Dieu n’exige donc rien de plus de notre part. Si de plus nous faisons mourir – aussi avec notre entendement – les actions du corps par l’Esprit, nous sommes alors délivrés de ce qui nous rendait captifs. Nous apprenons ainsi à connaître de manière approfondie le bien et le mal, la justice et l’iniquité.

C’est justement à cause de cela qu’il n’y a pas de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.

En effet, la loi de l’Esprit de vie m’a affranchi (c’est-à-dire a affranchi mon entendement) de la loi du péché et de la mort. Ro. 8, 1-2.

Je ne sers pas la loi du péché avec mon entendement. Et si le péché ne peut pas mûrir en moi, il ne peut pas non plus produire la mort. La loi de l’Esprit de vie m’a affranchi de ces deux lois. Mais je ne suis pas affranchi de l’autre loi dans mes membres, qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Je ne peux être affranchi de cette loi-là qu’en marchant dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière ; alors le sang de Christ me purifiera de tout péché. Marcher dans la lumière, c’est marcher dans le jugement, et nous faisons alors mourir les actions du corps par l’Esprit. 1 Jn. 1, 7–8. Mais si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous.

Certains estimeront que c’est une doctrine bien compliquée. Non, elle est toute simple pour celui qui médite la loi de l’Éternel jour et nuit. Mais si l’entendement est préoccupé par les recettes et les dépenses, ces choses semblent nouvelles, difficiles et étranges. Mais pour celui qui sert les lois de Dieu avec son entendement, cela est simple et facile. C’est à ce ministère que Dieu nous a appelés pendant notre vie ici-bas, pendant que nous portons ce « corps de cette mort ».