Réponse par le feu

janvier 1934

Réponse par le feu

Lorsque Paul se tenait debout au milieu de l’Aréopage et s’adressait aux Athéniens, il avait remarqué qu’ils étaient à tous égards extrêmement religieux. Ils avaient même dressé un autel à un dieu inconnu, qu’ils adoraient. Ac. 17, 23.

Tout comme les Athéniens, nombreux sont ceux qui, à notre époque, adorent avec ferveur un dieu inconnu. Ils s’engagent dans un culte volontaire, qu’ils ont eux-mêmes choisi. C’est un culte qui ne sert qu’à satisfaire leur propre chair. Ils sont tellement occupés à ce service qu’ils n’ont pas le temps d’apprendre à connaître le Dieu véritable. Dans tout ce que nous faisons, nous devons veiller à être en communion avec le Seigneur. Son amitié est pour ceux qui le craignent, et son alliance leur donne instruction. Ps. 25, 14.

Dieu ne prend pas plaisir à des sacrifices que nous avons choisis nous-mêmes ; les sacrifices qui lui sont agréables, c’est un esprit brisé et un cœur brisé et contrit. Nous ne devons présenter que les sacrifices que Dieu choisit lui-même et qu’il agrée. Si nous le faisons, nous ferons également l’expérience dans notre cœur de la réponse par le feu qui indique que Dieu agrée ce sacrifice. Nous recevrons une réponse semblable à celle donnée à Élie sur le mont Carmel. Il s’est écrié : Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c’est toi, Éternel, qui es Dieu, et que c’est toi qui ramènes leur cœur ! Cette prière était agréable au Seigneur. Élie n’a pas sacrifié ou prié pour son propre intérêt, mais pour que le peuple reconnaisse l’Éternel et que son nom soit glorifié. Ensuite, il est dit : Et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. 1 R. 18, 37-38.

De même qu’Élie a crié de tout son cœur pour que l’Éternel réponde par le feu, nous devons nous aussi implorer l’Éternel pour obtenir une telle réponse. Ne faisons rien avec indifférence. Puissions-nous toujours nous tenir devant Dieu, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience. Puissions-nous avoir des intentions pures et nobles dans tout ce que nous faisons. Ne faisons pas le bien uniquement parce que le commandement le dit, mais par amour, un amour qui ne cherche pas son propre intérêt. Ne quittons jamais notre place à l’autel où les sacrifices sont consumés par le feu. Déposons-y notre honneur, notre orgueil, notre vanité, les rêves de notre jeunesse, nos espoirs en ce monde, etc., tout ce qui est combustible. Crions dans nos cœurs à Dieu pour qu’il réponde par le feu, et nous pouvons être sûrs que cette réponse ne fera pas défaut. Le feu consumera le sacrifice et tout ce qui l’entoure, y compris l’eau, les pierres et la terre. Mais nous connaîtrons aussi la paix comme un fleuve dans nos cœurs, et le soleil de la justice se lèvera pour nous, avec la guérison sous ses ailes, et nous sauterons comme les veaux d’une étable. Mal. 4, 2.

Le feu brûlera continuellement sur l’autel, il ne s’éteindra point. Lé. 6, 6. Il y a toujours assez de choses dans la vie d’une personne pour entretenir ce feu, si nous sommes disposés à tout sacrifier, au fur et à mesure que l’Esprit de Dieu nous le rappelle. Aucune chair ne peut vivre sur l’autel ; elle doit mourir. Mais celui qui perd sa vie trouvera la vie, et si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Il n’y a donc qu’un seul chemin qui mène à la vie et à la gloire, et c’est le chemin des souffrances et de la mort. Mais il y a peu de gens qui sont prêts à occuper cette position auprès de l’autel toute leur vie, et à être liés par la loi de Christ, de sorte à ne jamais pouvoir vivre selon leurs convoitises. Ils cherchent d’autres voies. Ils veulent servir Dieu à leur manière. Ils sacrifient comme bon leur semble. Lorsque nous leur parlons de souffrances et de combats, ils se contentent de sourire. C’est en effet quelque chose qu’ils ne connaissent pas dans leur culte. Mais de ce fait, le feu de Dieu reste absent. On a vite fait de se retrouver vide et sec. Pour que cela ne se voie pas trop, surtout quand on est prédicateur, on fait tout ce qu’on peut pour organiser un feu. On est généralement très compétent dans ce domaine au sein des congrégations. On invente les choses les plus incroyables pour maintenir le nombre de membres à un niveau élevé. Et lorsque Dieu ne donne pas une réponse approbatrice par le feu, ils invitent le maire et les autres autorités de la ville pour que leur église soit reconnue. Mais sur ce point, les deux fils d’Aaron devraient être un avertissement sérieux pour tous les temps et toutes les générations. Ils ont apporté devant l’Éternel du feu étranger, et ils ont été tués sur-le-champ. Lé. 10, 1. Que cela nous incite à un grand sérieux ! Nous devons comprendre qu’il ne sert à rien d’emprunter d’autres voies que celle que Dieu a ordonnée. Demeurons près des flammes éternelles, près du feu dévorant, et le Seigneur nous purifiera comme de l’or et de l’argent. Nous n’aurons pas alors à nous soucier d’être approuvés par les gens. Dieu nous approuve, et cela nous suffit. Il prend soin de notre honneur, de notre avenir et de tout. Nous savons en qui nous croyons, nous connaissons le Dieu que nous servons et que nous adorons. Ni les diables ni les démons ne doivent pouvoir nous ébranler dans notre foi. Comme le dit un cantique, ils vivaient dans l’abaissement, mais lorsqu’ils s’avançaient, aucun prince ne pouvait les ébranler.