L’entendement et la chair

mai 1932

L’entendement et la chair

Ainsi donc, par mon intelligence, je suis esclave de la loi de Dieu, tandis que, par ma chair, je suis esclave de la loi du péché. Ro. 7, 25.

Quelle fidélité de Paul à l’égard de la vérité ! Il avait reçu le Saint-Esprit, il était le docteur et l’apôtre des païens, il parlait en langues plus que quiconque, il avait le don de guérison et possédait beaucoup d’autres vertus et de choses glorieuses. Et pourtant, il est tellement vrai, tellement sincère, qu’il reconnaît qu’il sert la loi du péché avec sa chair, bien qu’il soit esclave de la loi de Dieu par son entendement. Il n’appelait pas ce qui provenait de sa chair des « imperfections », des « manquements », ou de « vieilles habitudes », etc. Non, il appelait cela du péché. Et il reconnaissait qu’il servait la loi du péché avec sa chair. Quel chrétien, où que ce soit dans le monde, ne sert pas la loi du péché avec sa chair ? La chair n’est pas meilleure chez le croyant que chez l’incrédule. Mais le fait est que nous ne vivons pas selon la chair, avec ses convoitises et ses désirs ; elle est en effet crucifiée. Mais dans quelle mesure est-ce que je suis crucifié ? Jusqu’à quel point ? La réponse tombe sous le sens : à la mesure de la lumière que je possède. Mais là où je n’ai pas encore été éclairé, je ne peux pas non plus être crucifié. Et là où je ne suis pas crucifié (dans le domaine inconscient), je suis encore esclave de la loi du péché par ma chair.

Même ceux qui enseignent que le corps du péché a été enlevé n’échappent pas à cette règle. Ils sont eux aussi esclaves de la loi du péché par leur chair, et ce souvent à un tel point dans le domaine conscient qu’ils sont en scandale aux hommes pieux. Car quand l’entendement sert la loi du péché, c’est la preuve qu’on est impie. Quand dans son entendement, on vit dans l’orgueil et l’amour de l’argent, on est esclave de la loi du péché par son entendement. Ce n’était pas le cas chez Paul. Mais là où il n’était pas éclairé, il faisait des choses qu’il haïssait quand la lumière de l’Esprit venait lui révéler ces actions du corps, qu’il faisait alors mourir par l’Esprit.

N’en va-t-il pas de même dans le domaine naturel ? Les petits enfants font beaucoup de bêtises inconsciemment. C’est pourquoi il faut qu’on leur enseigne à faire les choses de la bonne manière. On ne peut pas les corriger pour ce dont ils n’ont pas conscience ; mais lorsqu’il s’agit de choses conscientes, on peut les convaincre, les corriger, et les exhorter. Il en va de même dans le domaine spirituel. Il n’y a pas de condamnation pour le fait de servir la loi du péché de façon inconsciente ; mais il y a une condamnation si on sert la loi du péché avec son entendement. Paul servait la loi de Dieu avec son entendement, c’est pourquoi aucune condamnation ne pesait sur lui. Si nous avons la même attitude, il n’y aura pas non plus de condamnation pour nous. En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ a libéré mon entendement de la loi du péché et de la mort. Mais ma chair n’est absolument pas libérée pour autant ; elle doit endurer la mort, comme chez le Maître lui-même.