Christ manifesté en chair

février 1932

Christ manifesté en chair
Jésus-Christ en tant que souverain sacrificateur

Aussi devait-il devenir, en tout, semblable à ses frères, afin d’être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple. Hé. 2, 17.

Puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable, y a participé.

Jésus ayant participé au sang et à la chair, il a été tenté comme nous, qui avons aussi part à la chair et au sang. Et du fait qu’il a souffert quand il a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés. V. 18.

C’est pour devenir souverain sacrificateur que Jésus a participé au sang et à la chair. Ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais à la descendance d’Abraham. Quand il est venu sauver les pécheurs, ce n’est pas en premier lieu aux anges qu’il a pensé. Les anges ne participent pas comme nous au sang et à la chair. Jésus-Christ a dû être manifesté en chair pour nous sauver, nous qui étions dans la chair. Avant lui, personne n’avait vaincu dans la chair, mais Jésus a vaincu dans la chair, et les affres de la mort n’ont pas pu le retenir dans le royaume des morts, il est ressuscité d’entre les morts et Dieu l’a placé à sa droite. Ac. 2, 33. Nous avons donc comme souverain sacrificateur, assis à la droite du Père, le Messie à propos duquel Dieu avait juré par serment à David qu’il ferait asseoir un de ses descendants sur son trône. C’est pourquoi David avait annoncé prophétiquement qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts et que sa chair ne verrait pas la corruption. Ac. 2, 30-31.

Jésus ayant eu part à la chair et au sang comme nous, et ayant été tenté en toutes choses comme nous, sans commettre de péché, d’actes répréhensibles (Hé. 4, 15), approchons-nous avec assurance du trône de la grâce, afin de trouver grâce et aide au moment opportun. Car Jésus a vaincu dans les jours de sa chair pour nous donner par son Saint-Esprit la force de vaincre. C’est pourquoi des promesses particulières sont réservées à tous ceux qui vainquent. Ap. 2, v. 7, 17 et 26. Chap. 3, v. 5, 12 et 21. On ne peut donc pas dire qu’il est impossible de vaincre. L’Écriture dit très clairement que c’est possible. Mais tout dépend de ce qu’on entend par le fait de vaincre. Ce n’est pas la même chose que d’être accompli ou d’avoir achevé sa sanctification. Non ! mais cela signifie que je suis fidèle dans la lumière que Dieu m’a donnée, que je marche dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière. Quand nous progressons alors d’une lumière à une lumière plus grande, et que nous donnons raison à cette lumière plus grande, le sang de Christ peut nous purifier dans une mesure plus profonde. En avançant toujours de cette manière-là, nous vivons une vie victorieuse.

Au cours de cette marche, Jésus est un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle, qui nous comprend parfaitement bien, parce qu’il a lui-même marché en ayant part à la chair et au sang et parce qu’il a souffert quand il était tenté. C’est une grande consolation pour nous, car si Jésus avait eu une autre chair et un autre sang que nous, sa victoire n’aurait pas eu la même valeur. Si nous suivons fidèlement les traces de Jésus, le mystère de la piété « Christ manifesté en chair » sera pour nous une immense source d’aide, de consolation et de joie. Mais pour les personnes qui n’ont pas d’amour pour Dieu et qui n’observent pas ses commandements, « Christ manifesté en chair » n’est d’aucune utilité. Elles souhaitent plutôt être dispensées, dispensées et encore dispensées de l’obligation de faire la volonté de Dieu, car leur amour pour les convoitises et pour leur vie dans ce monde est plus grand que leur amour pour Dieu. Dans ces conditions, on n’a pas besoin d’autre chose que du pardon des péchés. Il n’est pas question d’avoir besoin de Jésus comme souverain sacrificateur et comme médiateur d’une nouvelle alliance. Pour de telles personnes, Jésus est seulement un sacrifice expiatoire pour leurs péchés, qui purifie la chair, comme les sacrifices dans l’ancienne alliance. Mais nous avons besoin de lui pour nous sauver de ce qui était impossible à la loi ! Dans l’ancienne alliance, les sacrifices rappelaient chaque année le souvenir des péchés, car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. C’est pourquoi il dit en entrant dans le monde : Tu n’as voulu ni sacrifice, ni offrande ; mais tu m’as formé un corps. Tu n’as agréé ni holocaustes, ni sacrifices pour le péché.

Alors j’ai dit : Voici, je viens – dans le rouleau du livre il est question de moi – pour faire, ô Dieu, ta volonté.

Il abolit les offrandes et sacrifices pour établir quelque chose de nouveau, à savoir « la volonté de Dieu ». Hé. 10.

C’est pourquoi la volonté de Dieu, c’est notre sanctification.

Dans la nouvelle alliance, Dieu a mis ses lois dans nos cœurs et il les écrit dans notre intelligence. Hé. 10, 16.

Ces lois sont toujours en accord avec la volonté de Dieu et avec les Écritures, qui sont une lumière à nos pieds et une lampe sur notre sentier. Au fur et à mesure que nous progressons d’une lumière à une lumière plus grande, Dieu inscrit ses lois dans notre entendement. La loi fondamentale est ancrée dans notre cœur, et les lois que Dieu inscrit dans notre entendement en nous donnant une lumière plus grande sont toujours en accord avec la loi fondamentale qui est dans notre cœur.

La route nouvelle et vivante qui mène au sanctuaire passe au travers du voile, qui est sa chair. Mais comme nous sommes baptisés dans un même esprit pour former un même corps avec lui, et que nous sommes devenus chair de sa chair, cette route qui a été frayée en premier lieu à travers sa chair est également frayée au travers de notre voile, c’est-à-dire au travers de notre chair, par l’obéissance et la fidélité. C’est pourquoi il est devenu « le chemin » pour nous. Nous sommes sa maison, et nous avons un souverain sacrificateur établi sur cette maison de Dieu, un médiateur pour la nouvelle alliance. Nous savons où il est allé, et nous en connaissons le chemin, car le Consolateur qu’il a envoyé nous a éclairés à ce sujet.

Si quelqu’un souhaite suivre d’autres voies que cette route nouvelle et vivante au travers de la chair, cela vient exclusivement de ce qu’il aime plus sa propre vie dans ce monde que Dieu, ainsi que les lois que Dieu a inscrites dans son cœur et son entendement. C’est de là que vient toute la sécheresse dans l’assemblée et dans la vie quotidienne. Mais quand les olives sont concassées pour éclairer les cœurs et les assemblées, cela crée l’Esprit et la vie, le salut et la paix. Nous croyons, c’est pourquoi nous parlons. Nous avons expérimenté cela, c’est pourquoi nous cherchons à répandre cette lumière et cette connaissance de Dieu bénie.