Ce que nous croyons
7. Nous croyons à la fraction du pain [la Sainte Cène] car il est écrit : Ensuite il prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.
Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. Lu. 22, 19-20.
Le corps de Jésus a été rompu, c’est pourquoi il peut être rompu ; car il est mort pour nos péchés et à l’égard de notre péché. Nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps. Un corps mort selon la chair ; car il a enduré la mort selon la chair, et nous sommes morts avec lui pour pouvoir aussi vivre avec lui. Si Christ est en vous, le corps est mort à cause du péché, c’est-à-dire que les ordres ou la direction concernant ma vie ne viennent pas de mon corps, car le péché habite en lui ; mais l’esprit est vie à cause de la justice, c’est-à-dire que Christ dirige ma vie par son bon Saint-Esprit. Sous cette direction, la chair avec ses convoitises est crucifiée, elles ne peuvent pas régner, et elles sont mortes et impuissantes. C’est d’ailleurs pourquoi il est dit : Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ro. 12, 1. Bien qu’il soit mort à cause du péché, le corps est vivant, lorsqu’il est placé sous l’impulsion de l’Esprit, comme une hache est morte en elle-même, mais devient vivante quand quelqu’un l’utilise.
C’est cette mort qui est annoncée lors de la Sainte-Cène. Si quelqu’un mange le pain ou boit la coupe indignement, il pèche contre le corps du Seigneur ; car le Seigneur a gardé son corps dans la mort pendant le temps où il a marché ici-bas, et pour finir, il l’a offert en sacrifice sur la croix. Il a toujours vécu en accord avec cette parole : Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. La volonté qu’il a reçue parce qu’il a participé à la chair, comme les enfants, cette volonté, il l’a offerte en sacrifice. Hé. 2, 14 et 18. Car il recherchait la volonté et le bon plaisir du Père. Mais celui qui vit – même si ce n’est qu’en partie – selon ses convoitises ne garde pas son corps mort à cause du péché, mais il le laisse régner. Le corps est offert comme instrument du péché en opposition totale avec l’esprit de la Sainte-Cène. C’est pourquoi on mange et boit un jugement contre soi-même quand on le fait indignement. La Sainte-Cène est par conséquent un repas qui amène à s’examiner soi-même. Si on ne discerne pas le corps du Seigneur, on mange et boit un jugement contre soi-même. Cette expression « discerner » (faire une différence, trad. norv.) signifie obligatoirement qu’il y a une différence entre deux choses. La façon dont cette expression est formulée fait que c’est un peu difficile à comprendre, mais pour ma part, j’ai pensé qu’on ne fait pas de différence entre son propre corps en tant que pécheur et le corps de Christ qui n’a jamais péché et qui maintenant est mort quant au péché. Et on annonce malgré tout la mort de Christ, bien qu’on ne soit pas réellement mort avec lui dans la pratique. C’est pourquoi on mange et boit un jugement contre soi-même. 1 Co. 11, 24-29.
Jésus a dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. La coupe peut signifier deux choses, à savoir : 1. Que son sang a coulé pour nous (c’est sa coupe) et 2. Qu’en accord avec les lois de la nouvelle alliance, nous luttons contre le péché dans la chair jusqu’au sang (c’est notre coupe avec lui). Si nous annonçons alors la mort de Christ, nous annonçons en même temps que nous sommes fidèles envers les lois de la nouvelle alliance jusqu’au sang ; car la coupe est une alliance avec lui dans son sang, et une alliance est obligatoirement contractée entre deux personnes au minimum.
De cette façon, c’est une chose sérieuse de manger le pain et de boire la coupe, et c’est la raison pour laquelle il est nécessaire que chacun s’examine lui-même. Comme on mange et boit indignement, beaucoup sont fragiles et malades, et un grand nombre [de personnes] s’endorment. Verset 30 (trad. norv.). Cela vient de ce qu’on est hypocrite lors de la Sainte-Cène et qu’on fait semblant d’être plus pieux que ce qu’on est, en annonçant la mort de Christ, alors qu’on ne la pratique pas dans sa vie. Et Dieu est alors obligé de châtier par la maladie pour donner à réfléchir. Si cela ne réussit pas, on s’endort d’un sommeil spirituel ou on meurt physiquement.
8. Nous croyons en l’unité dans le corps, car nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps, et nous avons tous été abreuvés d’un seul esprit, soit Juifs, soit Grecs. 1 Co. 12, 13. C’est pourquoi, si nous sommes tous poussés par le même Esprit et obéissons à ce seul Esprit, la communion spirituelle est en ordre parmi nous, et notre relation avec le Père et le Fils sont comme Dieu veut qu’elle soit. C’est l’unité du corps, c’est-à-dire l’Assemblée, l’Église.
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit n’ont pas établi d’autre assemblée sur cette terre. Mais il y a pourtant des quantités d’assemblées, où des adultères, des voleurs, des chrétiens de la prostituée et toutes sortes d’esprits démoniaques font du tapage. Mais ce sont les singeries de Satan, lui qui fait en sorte d’imiter ce que Dieu fait d’abord, pour que le tout ait l’air le plus noir possible. Mais nous savons qu’il existe une véritable unité, une unité de l’Esprit ; car nous parlons à cet égard par expérience. Ce n’est pas que nous soyons accomplis ; mais il y a une perfection dans l’entendement qui fait que nous sommes un.
Dans cette unité aussi, Satan peut faire des ravages, si chacun ne garde pas sa chair crucifiée avec Christ. Une petite injustice de la part de l’un ou de l’autre produit le même effet qu’une aiguille à coudre qu’on aurait piquée dans le corps. Toutes les forces sont mobilisées pour expulser l’aiguille, pour enlever le péché. Car la communion avec le Père et le Fils ne supporte pas le péché. Pas plus que notre communion mutuelle, qui est la communion de l’Esprit. C’est pourquoi prenons soin de la communion, de l’unité de l’Esprit et du lien de la paix. Car si la communion est interrompue, il n’est pas si facile de la rétablir.