Voici le chemin, marchez-y !

août 1931

Voici le chemin, marchez-y !

Jésus est devenu le médiateur d’une meilleure alliance. Il l’est devenu parce qu’il a intégré cette meilleure alliance en lui-même, en marchant selon cette alliance et en l’accomplissant.

Dans l’ancienne alliance, chaque commandement, le livre lui-même et le peuple tout entier furent aspergés du sang des veaux et des boucs. Hé. 9, 19. Jésus a été le premier d’entre de nombreux frères en qui les lois de Dieu ont été inscrites dans le cœur et l’entendement. Pour s’accomplir, ces lois n’ont pas besoin du sang des veaux et des boucs, mais du sang précieux de Jésus lui-même. Chaque commandement dans le cœur et dans l’entendement a coûté du sang. C’est pourquoi la loi qui s’inscrit dans notre cœur et notre entendement est elle aussi aspergée de sang. Si nous marchons sur la voie de l’obéissance, sur les voies des commandements de Dieu, nous trouverons que le commandement agit jusqu’au sang. C’est cela, résister jusqu’au sang en combattant contre le péché. C’est ici que se manifeste à notre être conscient le témoignage que Dieu rend à son fils, le témoignage qui triomphe du monde, le témoignage de la foi, à savoir : l’Esprit, l’eau et le sang. 1 Jn. 5, 7-8. C’est là le témoignage ultime. Dans ce témoignage, la volonté de Dieu a été faite et tout le conseil de Dieu est accompli. Ce témoignage nous élève à la gloire céleste, et c’est dans ce témoignage que le « Maître » s’est écrié : « Tout est accompli ! » C’est le témoignage du jugement par lequel le « Fils de l’homme » condamnera toute chair. Ici, le voile est déchiré de haut en bas, rien n’est caché ici, tout est à nu et à découvert. C’est pourquoi ce jugement est final et juste. C’est pourquoi notre Seigneur Jésus-Christ est un Seigneur qui a tout vaincu. Car l’Esprit, l’eau et le sang sont le témoignage de Jésus, qui a été fait un avec la Parole de Dieu, qui à son tour est la volonté de Dieu.

Dans nos efforts pour tendre à ce témoignage, et dans ce témoignage, il est notre Médiateur et notre Souverain Sacrificateur. Seul lui peut l’être, car personne d’autre n’a suivi ce chemin jusqu’au bout, jusque dans le Saint des Saints. Il a scellé de son précieux sang chaque commandement que le Père lui donnait. C’est pourquoi nous avons reçu l’exhortation suivante : Je te recommande, devant Dieu qui donne la vie à tous les êtres, et devant Jésus-Christ qui a rendu témoignage par sa belle confession devant Ponce-Pilate : garde le commandement sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ. 1 Ti. 6, 13-14.

Ponce Pilate a dit lui-même qu’il avait le pouvoir de crucifier Jésus ou de le relâcher. Mais la belle confession de Jésus était qu’il s’en remettait à la volonté de son Père, en répondant : Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si celui-ci ne t’avait été donné d’en haut. Il n’a pas accepté de délivrance des mains de Ponce Pilate.

Si nous devons garder le commandement sans tache et sans reproche, et que le commandement qui devait donner la vie nous conduit à la mort, nous trouvons toujours à la fin du commandement, quand le jugement de mort doit être exécuté, un Ponce Pilate qui nous propose d’éviter la mort, en nous disant : « J’ai le pouvoir de te libérer. » Cette voix qui te dit « épargne-toi toi-même » est la voix de Pilate, mais la voix de Dieu dans le commandement te conduit à la mort. Voilà le chemin nouveau et vivant ; marches-y !

L’ancienne alliance avait des offrandes et des sacrifices, du sang de veaux et de boucs. Mais dans la nouvelle alliance, il est dit : Tu m’as formé un corps. Dans ce corps, la volonté de Dieu doit maintenant s’accomplir, par la foi. Cela a eu lieu en Jésus, et cela doit avoir lieu en nous. Les sacrifices se trouvent dans le corps, c’est pourquoi le sang se trouve aussi dans le corps. Le sacrifice n’est pas achevé avant que le sang ne coule. Voilà le sacrifice de Christ, les souffrances de Christ, la mort de Christ accomplie dans notre chair mortelle. C’est le chemin qui permet que la vie de Jésus se manifeste dans notre chair mortelle. C’est le chemin de la piété, le chemin de l’obéissance, la voie de Dieu dont on dit du mal, la voie qui mène à « Christ manifesté en chair ». C’est la voie des vainqueurs, la voie où est vaincu l’esprit du monde, la voie où toute religiosité charnelle est condamnée. La mesure de référence « Christ manifesté en chair » tue toute « invention » religieuse, c’est pourquoi la voie de Dieu est haïe et qu’on en a toujours dit du mal. Mais pour nous qui croyons, cette voie dans les souffrances de Christ est le chemin de la gloire, le chemin de la force de Dieu, le chemin où l’on ne craint rien, le chemin des révélations de Dieu, le chemin de la communion d’esprit avec le Père, le Fils et avec tous les saints irréprochables dont la chair est crucifiée. Voilà le chemin où la mise en pratique et les théories de Dieu fusionnent pour donner la sagesse de Dieu, Christ manifesté en chair. Comme cela a été le cas la première fois, il en va de même toutes les autres fois où un humain en chair et en sang marche sur ce chemin de la croix, ce chemin de foi, le chemin des sacrifices, à travers le voile, sa chair. Aucun animal dévorant ne marche sur ce chemin, aucun traître ou menteur, aucun meurtrier. Dans De. 15, 4 il est dit : Il n’y aura pas de pauvre (mendiant, autre trad.) chez toi, car l’Éternel te comblera de bénédiction dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage pour que tu en prennes possession. Si le corps est offert comme un sacrifice agréable à Dieu, on n’a pas besoin de grand-chose. Ro. 12, 1. Il est dit de Judas Iscariote au Ps. 109, 10 : Que ses fils soient vagabonds et qu’ils mendient, qu’ils aillent quémander loin des ruines de leur demeure. La voie de Dieu est le chemin des sacrifices, ce n’est pas le chemin de la mendicité. Nous devons volontiers partager et faire le bien, pour que la mendicité devienne superflue. Souviens-toi de cela et sois vigilant !

Mais quand on ne marche pas dans la volonté de Dieu, on finit par manquer de tout, car il est dit : Tu serviras, au milieu de la faim, de la soif, du dénuement et en manquant de tout, tes ennemis que l’Éternel enverra contre toi. De. 28, 48. À l’inverse, il est dit : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus (c’est-à-dire les choses dont on a besoin pour la vie quotidienne).

Nous devons en conclure qu’aucun mendiant « professionnel » ne marche sur la route nouvelle et vivante. Tous donnent et reçoivent. Quelle belle vie et quel chemin réjouissant ! Marchez-y !