Ce qui nous attend

mars 1931

Ce qui nous attend

Du temps de Noé, l’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. Ge. 6, 5. Et ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Car de même que dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes ont mangé et bu, se sont mariés et ont marié leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous, il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Mt. 24, 37 et versets suivants.

Qu’est-ce que nos jours et les jours de Noé ont en commun ? Le fait que la méchanceté des hommes est grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portent chaque jour uniquement vers le mal. On mange et on boit, on se marie et on marie ses enfants, on divorce et on se remarie pour un oui ou pour un non, à l’opposé de ce que dit la Parole de Dieu. La méchanceté est grande sur la terre ; car on vit selon ses convoitises charnelles sans tenir compte de sa conscience, ni de Celui qui maintient en vie tout ce qui périrait sinon. On ne respecte pas les lois, et l’iniquité s’infiltre partout. De petits enfants innocents doivent souffrir à cause des péchés de leurs parents. Les parents sont impies et éduquent évidemment leurs enfants pour qu’ils leur ressemblent.

Et quand le châtiment tombe sous forme de chômage, d’années de famine, de tremblements de terre, de guerre et de peste, on reste sans voix en constatant que Dieu, qui pourtant est amour, laisse de telles choses se produire ! La terre a été maudite parce qu’un seul a péché ; combien plus n’est-elle pas maudite quand des centaines de millions de gens pèchent ! Dieu est amour, et il châtie sévèrement les infractions aux lois de l’amour. Ce n’est que justice ; car Dieu est aussi juste. Il y a bien assez d’occasions de se détourner de la méchanceté, mais on ne le veut pas. On veut jouir de ses convoitises pécheresses, en disant : Après nous, le déluge. Mais on se trompe, car un jugement personnel nous attend. Celui qui pèche contre moi nuit à son âme ; tous ceux qui me haïssent aiment la mort. Pr. 8, 36. Voici, toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi. L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Éz. 18, 4.

Pour ce qui est du corps, on veille en règle générale à ce qu’il ne soit pas affecté, en souscrivant des assurances vie et des assurances pour les biens matériels. Mais pour ce qui est du bien éternel de l’esprit humain, on cherche à qui mieux mieux comment se ruiner soi-même. On prend bien soin de pouvoir jouir de quelques années de confort temporel, et on sacrifie sans vergogne le salut éternel de son âme sur l’autel du bien-être charnel, à la grande joie des mauvais esprits. Et Dieu devrait voir tout cela sans envoyer de temps en temps des mises en garde et des châtiments ? Nous ferions bien d’être raisonnables et de nous dire que celui qui a créé le ciel et la terre, et qui nous a formés de la poussière, en sait un peu plus que ce que nous comprenons. Car on ne peut pas attendre de personnes sages à leurs propres yeux qu’elles reconnaissent que nous sommes absolument incapables de comprendre quoi que ce soit, si cela ne nous est pas donné d’en haut. L’Éternel aurait épargné Sodome et Gomorrhe s’il y avait eu 10 justes dans la ville. Ge. 18, 32. Cela nous indique que Dieu épargne une ville ou un pays s’il s’y trouve des justes. Mais à Sodome, il n’y en avait même pas dix. Alors l’Éternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de par l’Éternel. Ge. 19, 24. Dieu est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. Nous comprenons par là que : Qui corrompt le foyer ? Celui qui est impie ! Qui corrompt la patrie ? Les impies. Qui corrompt la terre ? Les pécheurs impies. Qui provoque les châtiments du Seigneur ? Ceux qui vivent selon leurs convoitises.

On peut aussi demander de manière réciproque : Qui apporte la bénédiction ? L’homme pieux. Qui permet à un pays ou à un peuple d’être épargné ? Les justes. Qui sont les meilleurs défenseurs de la patrie ? Le peuple de Dieu.

On en trouve les preuves au chapitre 28 de Deutéronome. Lis-le en y réfléchissant. Si Israël choisissait d’écouter la voix de Dieu, [les Israélites] seraient placés au-dessus de tous les peuples sur terre, et l’Éternel ordonnerait à la bénédiction d’être avec eux dans leurs greniers et leurs entreprises. Mais s’ils n’obéissaient pas à l’Éternel leur Dieu, toutes sortes de malédictions les frapperaient, jusqu’à ce qu’ils soient complètement détruits.

La même chose est valable pour nous de nos jours. Dieu n’a pas changé, et il ne sommeille pas, le grand « Gardien des peuples ». Ps. 121, 4. Luc 2, 28-32.

Quand les rois d’Israël désobéissaient et entraînaient le peuple avec eux, les châtiments survenaient rapidement. Et quand ils ont renié leur Seigneur et leur roi, notre Seigneur Jésus-Christ, en le clouant sur une croix, ils ont été chassés de leur pays et ils doivent encore en subir les conséquences jusqu’à ce jour.

Dieu aime énormément les hommes ; cela est démontré par le salut immense qu’il nous a donné par son Fils. En lui, Dieu veut faire de nous des héritiers de toutes choses. Ap. 21, 7. Quand les hommes rejettent un si grand salut pour une jouissance éphémère du péché, ce n’est pas étonnant que la colère de Dieu s’enflamme contre une impiété aussi effrénée.

Mais ce n’est pas seulement avec l’impiété dans le monde que nous devons nous débattre. On prépare même une voie pour « l’impie » au beau milieu du christianisme, en annonçant quasiment partout un « Christ sans commandements » et un « évangile sans commandements ». N. P. Wetterlund47, ancien pasteur de l’Église officielle [luthérienne] suédoise, dit : Il y a 111 versets dans le Sermon sur la montagne. On n’en a gardé qu’un demi-verset : « Pardonne-nous nos offenses », et on a envoyé tout le reste au mont Sinaï. Oui, c’est vrai qu’on est prompt à envoyer les commandements de Jésus au Sinaï. Comment les lois de l’Esprit pourraient-elles dans ces conditions transformer un homme pour qu’il devienne un « homme de Dieu » ? On considère les lois de l’Esprit comme de l’esclavage, on s’en moque et on les envoie au Sinaï. Même dans des assemblées qui devraient être mieux informées, on ôte à Christ tous les commandements. De cette manière, la chair n’a plus d’opposition digne de ce nom, et elle peut se faire valoir aussi bien dans l’assemblée qu’à l’extérieur. On fait l’éloge de cette situation en disant que c’est la liberté, et on s’oppose aux commandements de Christ, dont la raison d’être est de maintenir la chair crucifiée, avec ses convoitises. C’est pour cette raison que le vrai christianisme s’étiole, et on reste avec un demi-verset du Sermon sur la montagne : Pardonne-nous nos offenses.

Au beau milieu de tout cela, Satan et ses collaborateurs religieux saisissent l’occasion pour annoncer la liberté et l’absence de lois, de sorte que même beaucoup de ceux qui ont un jour débuté de manière sincère, sont entraînés dans la fausse liberté et dans l’absence de lois, qui est le propre de l’Antéchrist.

Voilà la situation chez les soi-disant croyants quand les hordes de l’Antéchrist s’empareront de la prostituée et en feront leur demeure.

Mais loué soit Dieu de ce qu’il y a encore, à notre époque sans lois, des âmes qui observent les commandements de Dieu et qui aiment sa lumière et sa vérité. Ces âmes habitent sur sa montagne sainte – élevées au-dessus des sortilèges de la prostituée et de la prostitution avec l’esprit du monde. Ce sont elles – seulement elles – qui peuvent vaincre à notre époque. Car sur la montagne céleste du Morija ne se trouvent que des âmes qui sont prêtes à sacrifier leur Isaac ; car c’est là que se trouve l’autel de Dieu et c’est là que sont ses demeures. Ps. 43. Si on se trouve plus bas que cela, on boit forcément à la coupe de prostitution de la prostituée, dont tous les peuples se sont abreuvés.

Obéissons donc au Seigneur qui dit : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. Car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités. Payez-la comme elle a payé, et rendez-lui au double selon ses œuvres. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui au double. Ap. 18, 4 et versets suivants.

Ce qui va venir, c’est le jugement de la prostituée. La bête (le monde) qu’elle chevauche et qui l’entretient va finir par la haïr, la dépouiller et la mettre à nu, manger ses chairs, et la consumer par le feu. Ap. 17, 3 et 16. La bête qu’elle chevauche est écarlate. Nous voyons déjà comment la bête commence à haïr la prostituée, et le jour où la bête écarlate aura pris le pouvoir, c’en sera fini de la prostituée et de ses tours de magie. Son jugement sera prononcé rapidement, à la grande joie de tous les habitants du ciel. Ap. 19, 1-3, et à la joie de toutes les âmes sincères, qu’elle a torturées et tourmentées et exclues. Ses flatteries à la bête ont mal fini. Voilà le sort de tout homme qui n’aime pas Dieu de tout son cœur et de toute sa force. Mais ceux qui habitent sur sa montagne sainte, à Morija et à Sion, seront debout et victorieux le jour où la prostituée boira de la coupe de la colère du Seigneur. Ils ont pris leurs distances à temps et ils ont laissé l’Esprit de vérité les conduire hors de tout cela, pour venir à Celui dont les pieds se poseront un jour sur le Mont des Oliviers, de telle manière qu’il se fendra. C’est lui seul qui est vainqueur, et tout homme qui se confie en lui ne sera pas confus.