La puissance de la résurrection

avril 1929

La puissance de la résurrection

Qui peut comprendre dans une pleine mesure la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’action souveraine de sa force, qu’il a mise en action en Christ, en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, autorité, puissance, souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir ? Ép. 1, 19 et versets suivants.

Il est dit de l’arche de Noé que par elle, Dieu a condamné le monde. Tous les impies sont morts noyés, alors que Noé et sa famille ont été sauvés par le moyen de l’arche. Hé. 11, 7. Les impies ont péri au même moment où Noé et sa famille ont été sauvés.

Christ est maintenant ressuscité pour notre justification. Quand nous sommes trouvés en lui, nous sommes dans l’arche du salut que Dieu a préparée pour son peuple. De même que par l’arche de Noé, Dieu a condamné le monde, de même tous les hommes qui ne sont pas entrés en Jésus-Christ sont sous la condamnation. C’est pourquoi il est dit dans Ro. 8, 1 qu’il n’y a pas de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Ils sont entrés dans l’arche et sont maintenant affranchis de la loi du péché et de la mort. Mais de même que Noé et sa famille ont emporté leur chair et leur sang dans l’arche, nous avons aussi emporté notre chair et notre sang en Christ. C’est pourquoi il est écrit : Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Les enfants ont participé à la chair et au sang, c’est pourquoi il y a participé d’une manière semblable. Hé. 2, 14. Noé est donc entré dans l’arche avec une autre loi dans ses membres, qui luttait contre la loi qui était dans son entendement. Ro. 7, 23. Car le salut dans l’arche n’était pas une purification de l’impureté de la chair. Et le baptême, qui en est l’image symétrique, n’implique pas non plus qu’on est sauvé de l’impureté de la chair.

Il y a néanmoins une possibilité d’être sauvé de l’autre loi dans les membres, qu’on peut aussi appeler l’impureté de la chair. Ce salut prend beaucoup plus de temps. Pendant que le vieil homme est maintenu sur la croix par la foi, le corps du péché (l’autre loi dans les membres) est anéanti. Cela se passe après que l’on a été baptisé d’un même Esprit pour former un même corps avec lui. Car ce qui était impossible à la loi, Dieu l’a fait en envoyant son Fils dans une chair semblable à celle du péché et à cause du péché, et il a condamné le péché dans la chair. Note bien que Dieu a envoyé son Fils à cause du péché et qu’il a condamné le péché dans la chair. Le péché a été jugé et puni dans la chair. Les convoitises et les passions ont été mises à mort dans la chair. Elles n’ont jamais eu l’occasion de régner et de diriger les choses, mais ont été reniées et mises à mort. C’est cette œuvre que Dieu a faite en Christ, par le fait que Jésus s’est sacrifié par la puissance d’un Esprit éternel et qu’il a souffert la mort dans la chair. C’est pourquoi il a aussi été rendu vivant quant à l’Esprit. De cette manière, une route nouvelle et vivante a été frayée au travers du voile, qui est sa chair. Tout cela par la puissance d’un Esprit éternel.

Maintenant, le second Adam est devenu un esprit vivifiant, et il chérit avec jalousie l’esprit qu’il a fait habiter en nous (notre esprit humain) Ja. 4, 5. Cet esprit que nous avons, il veut le rendre vivant. C’est là le salut par sa vie – voir Ro. 5, 10 ; c’est un salut qui a lieu après que nous sommes entrés dans l’arche, dans le corps de Christ, après que Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils.

Ce salut a lieu par la puissance de la résurrection, dans l’obéissance de la foi, quand nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière. Alors, le sang de Christ nous purifie de tout péché. Le péché dont il est question ici est le péché qui habite en nous, le péché passif. En effet, celui qui marche dans la lumière ne peut pas pécher, ne peut pas faire les œuvres des ténèbres. Le péché dans le corps est donc anéanti dans la communion aux souffrances de Christ, par le fait que nous sommes sans cesses livrés à sa mort, pour que la vie de Jésus se manifeste dans notre chair mortelle. Ro. 6, 6 et 2 Co. 4, 11. Paul a renoncé à tout pour gagner Christ, afin de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort. Ph. 3.

La puissance de la résurrection exige de nous que nous renoncions à tout sur cette terre. Noé ne pouvait pas rester attaché à quoi que ce soit dans l’ancien monde. Son cœur et son entendement devaient être entièrement libres de ces choses. Il en est aussi devenu de plus en plus libre au fur et à mesure qu’il a construit l’arche, ce qui a pris beaucoup de temps. C’est pour cela qu’il a eu besoin d’autant de temps pour achever l’arche. Mais quand elle était enfin achevée, Noé en avait aussi fini avec l’ancien monde. C’est aussi à ce moment-là que les péchés de l’ancien monde étaient arrivés à maturité, et que la patience de Dieu était arrivée à son terme.

Nous aussi, nous sommes entrés dans l’arche, où nous sommes édifiés avec les autres pour former une habitation de Dieu en Esprit. Pendant ce temps de construction, nous sommes de plus en plus affranchis du monde et de ses convoitises. Et quand toute l’arche (le corps de Christ) sera achevée, nous serons enlevés dans les nuées pour devenir semblables à Christ et pour le voir tel qu’il est.

Qu’ont fait les princes de ce monde avec le Seigneur de gloire ? Ils l’ont persécuté et l’ont cloué au bois de la malédiction. Malgré toute leur sagesse, ils ont vu en Jésus-Christ un homme dangereux, bien qu’il ne fasse que le bien partout où il passait.

Quand Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, il a en même temps condamné le monde par lui, de même qu’il a condamné l’ancien monde par l’arche. Les paroles des Pharisiens se sont accomplies. La dernière chose est devenue pire que la première, car Christ est ressuscité. Dieu a accueilli celui que le monde avait rejeté. De ce fait, le monde s’est aussi rejeté lui-même. Dieu a tout placé sous le péché, pour que tout salut et toute condamnation se trouvent exclusivement dans son Fils Jésus-Christ.

Mais il y a de l’espérance dans la puissance de la résurrection. C’est pourquoi il est dit que même la création aspire et soupire après la révélation des enfants de Dieu. Ro. 8, 19. La force de sa résurrection se propage même dans la création. Nous comprenons par là à quel point cette force de résurrection est infiniment puissante. Et nous qui faisons partie des prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant la rédemption de notre corps.

La puissance de la résurrection exerce tranquillement une force d’attraction sur toute la nature. Jésus dit : une fois que j’aurai été élevé, j’attirerai tout le monde à moi. En même temps, elle convainc le monde de péché, de justice et de jugement. De péché, parce qu’ils ne croient pas en lui, de justice, parce que Christ est ressuscité et qu’il s’en est retourné auprès de son Père, de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. Le prince de ce monde, c’est l’esprit qui est à l’œuvre dans les fils de la rébellion, c’est pourquoi ils ressentent le même jugement que celui qui frappe le prince de ce monde. Mais en Christ et dans son Esprit, il n’y a pas de condamnation, car il est ressuscité pour notre justification. C’est pourquoi l’Esprit de Dieu témoigne avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu, car nous sommes convaincus de justice, parce que nous sommes ressuscités avec lui et placés dans les lieux célestes en Jésus-Christ.

Il a été placé au-dessus de tout pouvoir, de toute domination, de toute autorité, et de tout nom que l’on puisse nommer, à la fois dans ce monde et dans le monde à venir. Et Dieu l’a établi comme chef de l’Église, qui est son corps. Satan a fait tout ce qu’il pouvait pour maintenir Jésus dans la mort et le royaume des morts. Des soldats romains ont même été placés pour surveiller son tombeau. Mais rien n’y a fait. La puissance de la résurrection a renversé la grande pierre et Jésus est ressuscité d’entre les morts. Il n’a pas été abandonné dans le royaume des morts, et n’a pas non plus vu l’anéantissement de sa chair. Les affres de la mort n’ont pas pu le retenir dans le royaume des morts, mais Dieu l’a ressuscité et a fait de lui le Seigneur et le Messie, ce Jésus que les Juifs ont crucifié. Ac. 2.

C’est dans cette puissance de la résurrection que l’on trouve « la communion des saints », où nous croissons pour former une demeure de Dieu en Esprit. Quand cette communion est formée, toute autre communion ne fait plus l’objet d’aucune attention. Les morts peuvent avoir communion aussi longtemps que leur propre intérêt y gagne, mais la « communion des saints » est élevée au-dessus de tout cela, car elle fleurit par la puissance de la résurrection.

On ne peut pas découper le corps de Christ en partis. Quand donc il y a des partis ou que des partis sont formés, cela vient de l’incrédulité. Les bergers rassemblent les brebis autour d’eux-mêmes, de leur propre personne, pour en faire une source de revenus. La Parole de Dieu dit que si nous avons la nourriture et le vêtement, nous devons nous en contenter. Dieu l’a lui-même promis ; car quand nous recherchons premièrement le royaume de Dieu et sa justice, toutes les autres choses nous seront données par-dessus. Il n’y a pas de partis, de division ou d’esprit partisan en lui, car ces choses séparent le peuple de Dieu et viennent du diable. C’est pourquoi nous devons toujours rester purs de ces choses. Si d’autres veulent enrôler ou exclure des personnes de leur parti, c’est leur affaire. L’Écriture ne nous donne aucune autorité pour former des partis ; Christ est également élevé au-dessus de ce genre d’autorité. L’Assemblée que Christ veut se former est vivante, c’est l’Assemblée d’un Dieu vivant, dont il est la tête et nous les membres. Mais l’assemblée que forment les hommes, c’est de la comédie. On établit des apôtres, des bergers et des docteurs, qui n’ont peut-être jamais eu ce genre de position dans le corps de Christ. Leur ignorance de la connaissance de Dieu en est la preuve. C’est de la comédie, on joue à l’assemblée. C’est bien propre aux enfants, qui jouent, les petites filles avec des poupées et les garçons avec des chevaux de bois. Mais l’Assemblée de Dieu n’est pas un jeu. C’est une réalité vivante.