Témoignage de la conférence du Jour de prière 1928
J. O. S. Dieu est présent partout où il prend la parole. Et Dieu ne peut pas parler aux hommes sans employer des paroles qui soient comprises. Mais la Parole est Christ, et c’est par elle que toutes choses ont été créées. Jean témoigne : « Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il était avant moi. » Tout le désir de Jésus se portait vers les fils de l’homme. Dieu voulait satisfaire ce désir, puisque toutes choses ont été créées par lui et pour lui. Nous pouvons tirer instruction de tout ce que nous voyons dans la nature. « En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » Jésus-Christ rayonnait de lumière. Les hommes reçoivent leur lumière de Christ tout comme la terre reçoit sa lumière du soleil. La lumière brille dans les ténèbres, c’est-à-dire dans le cœur et l’entendement obscurcis de l’homme, mais les ténèbres ne la reçoivent pas. Jean est venu pour rendre témoignage à la lumière, mais il n’était pas lui-même la lumière ; il montrait la lumière et disait : Voici l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde ! La vraie lumière était sur le point de venir au monde ; car Jésus portait la lumière en lui-même. Et voici le témoignage de Jean : Je ne suis pas le Christ. Qu’es-tu donc ? Es-tu Élie ? Non ! Qui es-tu donc ? Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur ! Je baptise d’eau pour le pardon des péchés. C’est aussi cette voix qui nous a interpellés quand nos péchés nous ont été pardonnés. Jean était le plus grand parmi les hommes nés d’une femme, mais le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Jean était un homme à qui Dieu avait fait grâce, mais en dehors du royaume des cieux, puisque le plus petit dans ce royaume est plus grand que lui. Jésus a porté le royaume dans un vase de terre, et nous faisons de même ; car le royaume de Dieu est arrivé au-dedans de nous. Jésus s’est sacrifié par la puissance d’un esprit éternel. La chair a été clouée à la croix. Le royaume est venu en Jésus-Christ – en dedans du voile. « Il vous baptisera d’Esprit Saint et de feu. » Après être remonté au ciel, il a envoyé l’Esprit, qui a apporté le royaume des cieux. Il faut faire une différence entre le baptême de Jean et le royaume des cieux. Ac. 19, 1 et versets suivants. La plupart des chrétiens de nos jours ne connaissent que le baptême de Jean. Apollos était versé dans les Écritures ; il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connût que le baptême de Jean. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu. Ac. 18, 24-28. Après cela, il était en mesure de réfuter vivement les Juifs en public, démontrant par les Écritures que Jésus est le Christ. Les chrétiens de notre époque ont eux aussi besoin qu’on leur expose plus exactement la voie de Dieu. Ils ne connaissent Christ que comme victime expiatoire pour les péchés. On ne parle presque exclusivement que de pécher et de recevoir grâce, c’est-à-dire le pardon. On ignore quasiment tout de Christ en tant que force pour vaincre le péché. Le royaume des cieux est accompagné de l’Esprit de Dieu et de la destruction de la chair. Cela a un coût, il faut souffrir ; du coup on choisit de plutôt demeurer dans le baptême de Jean, car on ne veut pas souffrir. Mais efforce-toi d’entrer dans le royaume ! Empare-toi de ce royaume avec violence ! Accepte les souffrances, que le témoignage du sang puisse se manifester dans ta vie ! Renonce à ta propre vie !
Moïse a quitté la richesse de l’Égypte. Il aimait mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché. Hé. 11, 25. Le royaume des cieux porte en son sein les trois témoins : l’Esprit, l’eau et le sang. Certes, le baptême de Jean se rapporte au témoignage du sang, mais il ne le porte pas en lui-même. Le royaume des cieux, en revanche, le porte en lui-même, et ce royaume est au-dedans de nous. Jésus a dit beaucoup de paraboles sur le royaume des cieux. Il le compare à la bonne semence, qui est semée dans le champ, puis l’ennemi vient semer des mauvaises herbes, qui ont poussé en même temps que le bon grain, jusqu’au moment de la moisson. C’est ce qu’a expérimenté Jésus, qui a dû vivre avec un Judas, et il l’a supporté et l’a appelé ami. Dans sa fidélité infinie, il l’a même caché, de sorte que les disciples ne savaient pas qui le trahirait. Le royaume des cieux ressemble aussi à un grain de sénevé, qui est plus petit que les autres semences, mais qui finit par devenir très grand. Les racines rongent le corps du péché, et avec le temps, cela devient un arbre dans lequel les oiseaux du ciel font leurs nids. Jésus devait parler du royaume des cieux en paraboles, car personne ne connaissait encore ce royaume. Ils ne connaissaient que le pardon des péchés. Le royaume des cieux ressemble aussi à un levain qu’une femme a caché dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit toute levée. Le levain a été caché dans la farine, et il a fait lever toute la pâte. C’est ainsi que le royaume de Dieu se répand et se développe. La volonté de Dieu est elle-même le royaume des cieux, et elle exige notre vie dans ce monde. Beaucoup chercheront à entrer dans le royaume des cieux mais ne le pourront pas. Ils cherchent à avancer, mais la chair et leur volonté propre s’érigent comme un mur devant eux. Le prix est trop élevé, et on retombe dans le baptême de Jean, le pardon des péchés. Le royaume des cieux exige tout de notre part, que la chair soit crucifiée avec ses passions et ses désirs.
Jean a rendu témoignage à la lumière, mais il n’était pas la lumière. Être éclairé, c’est autre chose que d’être soi-même la lumière. Nous devons briller par nous-mêmes, comme les étoiles fixes, et ne pas nous contenter d’être une planète froide comme la Lune. Mais personne ne peut commencer à briller de lui-même en s’en tenant uniquement au baptême de Jean. Jésus avait en lui la lumière et la vie. Renonce donc à ta propre volonté et instaure la volonté de Dieu à la place ; tu t’empares alors du royaume des cieux.