Le prix du combat

septembre 1928

Le prix du combat

Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course (le prix du combat, trad. norv.). Col. 2, 18.

On ne peut guère assister à une réunion, parler à une personne, ou faire un travail quelconque, sans soit gagner, soit perdre un prix du combat. Dans la lumière de Dieu, il y a toujours bien assez de ténèbres contre lesquelles combattre. La chair garde de mauvaises habitudes et des traits influencés par le monde longtemps après que l’on a saisi la foi en Christ. On a plus d’égards pour une personne instruite, éduquée ou riche que pour d’autres âmes pauvres. Beaucoup de chrétiens perdent ici le prix du combat. Ce péché fait des ravages dans toutes les assemblées et entraîne le jugement et la mort. On est aussi éloigné du prix du combat que l’Orient est éloigné de l’Occident. Si on s’essayait à le gagner, cela serait considéré comme non chrétien et comme un manque d’amour, et on serait mis à la porte. Dans les cercles plus restreints, on se choisit un frère ou une sœur qui a un esprit humain fort et une bonne prestance charnelle, et on s’adonne au culte des anges avec cette personne. Cela signifie qu’on l’admire et qu’on la soigne de toutes sortes de manières, par préférence à toute autre personne. On a l’impression que certains ne peuvent pas vivre sans avoir un tel « ange », et que d’autres ne se sentent bien que lorsqu’on leur voue un culte de cette manière. Tout cela est charnel et le demeure, même si cela peut avoir un halo de religiosité maternelle ou paternelle. On prend la chair pour appui, le cœur se détourne du Seigneur, et on prend un « ange » pour tête au lieu de Christ. On a perdu le prix du combat.

Il n’y a pas non plus de foi éprouvée sans prix du combat. 1 Pi. 1, 7. Dieu envoie les épreuves pour éprouver notre foi et notre fidélité. Si nous voulons devenir des serviteurs aptes dans l’assemblée, nous devons remporter le prix. Dieu a donné assez de lumière et de force pour pouvoir le remporter. Mais si le cœur et l’entendement ont un penchant pour les avantages charnels, on ne remportera jamais le prix du combat. C’est pourquoi Jésus insiste fortement en disant : Ce que je dis, je le dis à tous : Veillez !

On perd le prix du combat quand on se pavane dans la bonne réputation qu’on a auprès des autres. Jésus n’avait pas d’aspect qui attire les regards. On comprend très clairement par cela qu’il y a des gens qui sont attirés par les personnes réputées, et c’est avec elles qu’ils s’adonnent au culte des anges. Dans le monde, on peut toucher du doigt l’acception de personnes. Il arrive que les vendeurs reçoivent l’ordre de leur chef d’abandonner les clients qu’ils sont en train de servir pour donner priorité à des personnes réputées. On fait des courbettes devant ces dernières, on leur présente les meilleures marchandises du magasin, et curieusement, on les leur vend à meilleur prix qu’aux gens qui ne sont pas connus. C’est pourquoi le conseil est donné de manière opportune de se mettre sur son trente et un si on veut faire des courses et avoir le prix le plus bas possible. Oh ! combien de ces messieurs les marchands, qui trompent tant de gens sur la marchandise, sont ainsi eux-mêmes trompés ! Tout cela, on l’a hérité de ses ancêtres et on en reste affecté pendant des années après avoir été sauvé des situations les plus abominables. Certains sont tellement affectés par l’acception de personnes qu’ils sont choqués par une expression pas assez savante ou soignée, même si le discours est spirituel de part en part. Pour satisfaire ces personnes qui font la fine bouche de manière charnelle, il faut au moins avoir fait des études de pasteur.

Cela doit devenir une habitude pour nous de remporter le prix du combat. Cela inclut aussi le fait de s’en remettre à la direction de Dieu pour toutes les choses dont on aimerait en tant qu’homme qu’elles soient réglées de la bonne manière. Engage le combat contre l’agitation charnelle dans ton propre corps ! Repose-toi en Dieu en toutes choses ! Dieu donne de multiples occasions de remporter le prix du combat et d’être victorieux, mais la plupart du temps on courbe l’échine sous le joug de l’esclavage, et on devient la queue au lieu d’être la tête. On est alors inapte au service du Seigneur. Tout au long de l’année, la crainte des hommes ravit le prix du combat à des âmes qui par ailleurs sont pieuses. Une langue médisante porte le lourd fardeau de tous les prix qu’elle a dérobés. Un gourmand avale le prix du combat et se laisse emporter par son ventre. Aucun de ceux-là ne marche sur la route nouvelle et vivante au travers de la chair. Souviens-toi que nous devons traverser la chair, traverser les convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. C’est là que le chemin a été tracé, et c’est aussi là que les prix du combat sont préparés et nous attendent.

Essaie de remporter le prix du combat, chère âme ! Même si cela peut être un peu difficile au début, cela finit par devenir une habitude. On est disposé à le remporter. C’est là une habitude tellement bonne, qui donne de la joie au cœur et de la moelle aux os, et qui produit beaucoup de bons fruits. Ne cherche pas à t’en sortir avec tout et tous par le moyen d’une paix charnelle, mais affermis ton visage et sépare ce qui est noble de ce qui est vil. On pourra alors dire de toi ce que Dieu a dit de Jérémie : Je t’ai établi comme celui qui met mon peuple à l’épreuve. Jé. 6, 27.