La foi
Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. Hé. 11, 1.
La foi est la main qui s’empare de valeurs éternelles, des valeurs qui sont tout aussi visibles par les yeux de la foi que le sont les valeurs naturelles pour les yeux naturels. La foi triomphe du monde et des choses de ce monde. La foi s’empare de l’intelligence de Dieu et ne se fie pas à l’intelligence humaine. La foi rend visibles des choses invisibles. Par la foi, on peut supporter les moqueries et le mépris de ceux qui jugent comme de simples hommes. La foi ne trouve pas de repos dans ce qui est créé ; elle ne repose qu’en celui qui est le chef et le consommateur de la foi, Jésus-Christ. La foi porte au-delà de la mort et du tombeau, comme il est écrit : C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin (derrière la mort), reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Hé. 11, 13. C’est par la foi qu’Abraham partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage – et il est parti sans savoir où il allait. Bien qu’il ait obtenu le pays par la foi, il s’y est établi comme dans une terre étrangère. La foi céleste mène à une patrie céleste, et celui qui possède cette foi devient obligatoirement un étranger sur la terre. La foi délie tous les liens terrestres, mais noue d’autant plus fort les liens éternels. La foi n’a rien derrière elle qu’elle chérit au point de se retourner pour le contempler, comme l’a fait la femme de Lot. La foi n’est satisfaite que par le Créateur lui-même. Voilà la preuve que nous sommes enfants de Dieu. La foi quitte l’Égypte (le monde) et Pharaon (Satan) sans craindre sa colère. La foi aime mieux être maltraitée avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché. La foi considère l’opprobre de Christ comme la plus grande richesse. La foi ne triomphe pas seulement du monde, elle triomphe aussi des convoitises dans le corps et du corps lui-même, qui devient un sacrifice pour l’obéissance de la foi. La foi est arrimée à l’ancre de l’espérance, qui a été jetée au-delà du voile – au-delà de la chair, de l’intelligence, de nos sens humains. La foi ne trouve rien qui l’alimente dans l’homme, mais dans le Saint-Esprit. La foi entend ce que l’Esprit dit à l’Église ; la foi a des yeux oints, elle s’empare de l’or éprouvé au feu. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ; mais par la foi, nous sondons dans l’Esprit même les choses les plus profondes en Dieu. Dieu ouvre son propre cœur à la foi, il ouvre même ses mystères. Il faut croire la parole de Dieu, chacune de ses paroles ; ce n’est qu’alors qu’elle devient vivante et efficace et qu’elle agit en nous. Il vaut mieux laisser de côté ce qu’on ne croit pas ou qu’on ne comprend pas, jusqu’à ce que nous puissions le saisir par la foi ; car nous allons de foi en foi.
Voilà la Parole de la foi que nous annonçons.