Le chemin de la sagesse

octobre 1927

Le chemin de la sagesse

On ne peut pas acquérir la sagesse sans être pauvre en esprit. Il faut sentir qu’on en a besoin. C’est celui qui voit ses erreurs et qui se laisse corriger qui est pauvre en esprit. Il recherche quelque chose qu’il ne possède pas encore. Il n’est pas satisfait de lui-même. Il a en lui un désir ardent de trouver la vraie satisfaction – la vérité, Dieu lui-même. Une telle âme est pauvre en esprit, et le royaume des Cieux lui appartient. Elle cherche Dieu, et Dieu la cherche. Nous aussi, nous devons être à la recherche, parmi les hommes, de ceux qui sont pauvres en esprit, car ce sont des perles rares.

La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse. Pr. 9, 10. Quand on craint l’Éternel, cela indique qu’on est en relation avec lui. L’Éternel s’approche de nous avec la verge de la correction, car sa pureté ne peut pas s’unir avec toutes nos impuretés. C’est pourquoi il nous apporte le châtiment. Celui qui est pauvre en esprit se laisse corriger, car il ne peut rien faire d’autre que de se laisser convaincre par ce qui est meilleur que ce qu’il possède. Il écoute l’instruction, et devient sage. Pr. 8, 33. Par la verge de la correction, la connaissance de Dieu se fraye un chemin jusqu’à son être intérieur, et parce qu’il reconnaît ce qui lui est ainsi révélé, cette connaissance devient partie intégrante de cet homme. Il devient sage. On peut acquérir la science par la lecture, mais c’est par la correction qu’on parvient à la sagesse. On peut être un homme de science sans être un homme sage. Mais pour l’homme de science encore plus que pour tout autre, la parole suivante s’applique : Si quelqu’un croit savoir quelque chose, il n’a pas encore connu comme il faut connaître. La science du monde et l’impiété peuvent très bien s’unir dans la même personne. Et comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes. Ro. 1, 28. La science siège dans la tête, mais la sagesse siège dans le cœur. La science et la sagesse peuvent toutes deux se trouver chez l’homme de science, à condition qu’il donne à la sagesse la place qui lui convient, une place supérieure à celle de la science. Il connaîtra alors Dieu, et c’est cela la sagesse.

Personne ne peut recevoir de la sagesse du jour au lendemain. Dieu envoie d’abord sa connaissance. Si on est fidèle envers celle-ci, on devient sage. La connaissance, ce sont les rayons que la lumière projette, ce n’est pas la lumière elle-même. Mais la sagesse, c’est la lumière elle-même. Paul a considéré comme une perte toutes les choses qui étaient un gain, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ. Ph. 3, 7. La connaissance qui procure un gain n’est donc pas la connaissance de Christ, et pourtant toute la science du monde a pour objet de donner une connaissance qui procure un gain. Il faut mettre cela de côté si l’on veut posséder la connaissance de Dieu. Le royaume de Jésus-Christ n’est pas de ce monde. Nous avons besoin d’une connaissance qui ne soit pas de ce monde si nous voulons être utiles dans le monde à venir. C’est pourquoi il est dit que la sagesse est en face de l’homme intelligent. Pr. 17, 24. En effet, il sait que la sagesse portera la couronne et le sceptre pour toute l’éternité. Mais dans le même verset, il est dit que les yeux de l’insensé sont à l’extrémité de la terre. Cela signifie que s’il est en Amérique, son esprit et ses pensées sont en Norvège, et s’il est en Norvège, il se trouve à un tout autre endroit du monde par son esprit et ses pensées. Il n’est donc pas présent là où il se trouve physiquement ; ses yeux sont à l’extrémité de la terre. Cela le rend agité et lui enlève toute paix. La vraie paix et le vrai repos consistent à être content et satisfait, dans son esprit et ses pensées, là où on est, dans les circonstances présentes, puisqu’on sait et qu’on croit que c’est exactement ainsi que Dieu a voulu les choses. La connaissance de Dieu porte en elle la correction, jusqu’à ce qu’on trouve dans la sagesse le repos parfait, ce repos dans lequel entrent ceux qui ont cru. Hé. 4, 3.

Le chemin de la sagesse est révélé, par la connaissance de Dieu, à tous ceux qui restent pauvres en esprit – avec fidélité. Dès qu’on croit savoir quelque chose, on n’a pas encore connu comme il faut connaître. La sagesse ne peut donc pas être employée comme un diamant, qui donne un éclat extérieur à celui qui la possède. Elle donne de l’honneur, mais d’une manière divine. L’esprit de sagesse n’habite que dans des cœurs purs, c’est pourquoi tous ceux qui désirent avoir la sagesse doivent se purifier. Si on agit en opposition à ses lois, elle se retire et elle abandonne l’homme à sa propre déchéance. Il faut suivre les lois de Dieu pour recevoir de la sagesse, et il faut vivre dans ces lois pour la garder. Lorsqu’une personne en est arrivée au point d’avoir reçu de la sagesse de la part de Dieu, c’est qu’elle a été assidue à l’école du châtiment. Parle avec elle de ces choses, et elle te donnera des réponses intelligentes.

La connaissance qui procure un gain peut aussi être de nature religieuse. Cette connaissance-là doit elle aussi être considérée comme une perte, car elle est loin d’être la connaissance de Dieu, et elle ne peut absolument pas mener à la sagesse de Dieu. On peut de cette manière faire des études pour devenir pasteur ou prêtre, mais on ne peut devenir un sacrificateur de Dieu qu’en étant conduit dans son admirable lumière. Cette admirable lumière anéantit toute la lumière humaine qu’on a reçue à l’école biblique ou au séminaire. C’est pourquoi tout homme qui vit et qui marche dans cette admirable lumière est un sacrificateur – sans être passé par l’école biblique. C’est donc dans la lumière admirable de Dieu qu’il faut rechercher les hommes sages, dans cette lumière qui anéantit toute autre lumière. Mais comme elle anéantit toute autre lumière, il est naturel que ceux qui ont consacré des années et de grosses sommes d’argent à acquérir leur propre lumière deviennent les pires adversaires des vrais sacrificateurs, ceux qui marchent dans la lumière admirable de Dieu. C’est justement là un signe distinctif, et on peut tirer les mêmes conclusions de la vie de Jésus, et de celle des apôtres qui ont vécu après lui et des prophètes qui ont vécu avant lui. Ceux qui croyaient savoir quelque chose s’irritaient et étaient remplis de jalousie envers cette lumière divine et admirable.

C’est pourquoi il est dit que ceux qui veulent vivre pieusement dans ce monde seront persécutés. Tout dépend de la vie qu’on vit, et non de ce qu’on apprend par ses études, car la vie est la lumière des hommes.