Le feu de Dieu

juillet/août 1926

Le feu de Dieu

Jean-Baptiste dit : Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Mt. 3, 11.

Nous voyons ici que l’eau suffisait pour la repentance. L’eau apporte une purification extérieure. Pour nettoyer une chaîne d’ancre que l’on relève d’un fond marin argileux, on l’asperge d’eau et on la frotte. Jean utilisait aussi l’éponge à récurer sur beaucoup de sadducéens et de pharisiens quand ils venaient pour se faire baptiser par lui, et il leur disait : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?

C’est le salut que la plupart des chrétiens de nos jours ont obtenu. Apollos était lui aussi un homme éloquent et versé dans les Écritures, instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connaisse que le baptême de Jean. Ac. 18, 24 et 25.

La parole désigne ce salut comme n’étant « que » le baptême de Jean. C’est lui, Jésus-Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang ; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang. 1 Jn. 5, 6. Une fois de plus, nous voyons que Jésus n’est pas venu « seulement » avec l’eau.

Reprenons l’image de la chaîne de l’ancre. Bien qu’on l’ait nettoyée avec de l’eau et qu’on l’ait bien frottée, il reste encore de la rouille et toutes sortes d’impuretés. Mais si on allume un gros feu, et qu’on dépose la chaîne sur une solide grille de fer au-dessus de ce feu, la rouille et tout ce que l’eau n’aura pas réussi à éliminer se détacheront. La chaîne sera alors nettoyée au feu.

De la même manière, le feu est nécessaire pour enlever le péché qui est tellement attaché à nous. Mais tous ne supportent pas le feu, beaucoup se laissent purifier seulement par l’eau et se contentent de cette purification. Moïse comprenait aussi ces choses, et inspiré par le Seigneur, il dit : Tout objet qui peut aller au feu, vous le ferez passer par le feu pour le rendre pur. Mais c’est par l’eau de purification que sera purifié tout ce qui ne peut aller au feu ; vous le ferez passer dans l’eau. Nb. 31, 23.

Pierre s’adresse à des personnes qui connaissaient manifestement le baptême d’eau de la repentance, mais qui n’étaient pas encore familiarisées avec le feu : Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. 1 Pi. 4, 12. Le feu nous met à l’épreuve pour voir si notre âme est prête à résister au péché jusqu’au sang, et le Seigneur dit : s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui.

Il est impossible de devenir une personne spirituelle si ce n’est par le feu. C’est pourquoi Paul dit aux Corinthiens : Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Il y avait des disputes et de la jalousie parmi eux. Le feu n’avait pas pu éliminer ces saletés. 1 Co. 3, 1.

On voit beaucoup d’exemples de gens qui sont surpris comme d’une chose étrange quand survient la fournaise. Ils se tordent de douleur, ne supportent presque plus la présence des autres, deviennent grognons et grincheux, à tel point qu’on pourrait croire que le feu les rend encore plus pécheurs. Cela vient du fait qu’ils n’ont pas assez de force pour porter seuls la douleur, ce qu’ils auraient pourtant dû faire. Mais un beau jour, les taches de rouille et les saletés disparaissent sous l’effet de la fournaise, et on retrouve le sourire du soleil, et pour rien au monde, on n’aurait voulu avoir été exempt de ce feu. On ressent cependant la honte de ne pas avoir mieux supporté le feu de la fournaise. Et ce, à juste titre. Car il est écrit : Les pécheurs sont effrayés dans Sion, un tremblement saisit les impies : qui de nous pourra rester auprès d’un feu dévorant ? Qui de nous pourra rester auprès de flammes éternelles ? Celui qui marche dans la justice, et qui parle selon la droiture, qui méprise un gain acquis par extorsion, qui secoue les mains pour ne pas accepter un présent, qui ferme l’oreille pour ne pas entendre des propos sanguinaires, et qui se bande les yeux pour ne pas voir le mal. És. 33, 14 et 15.

Notre Dieu est un feu dévorant. Si on redoute le feu, ça vient du fait qu’on aime le péché et soi-même plus que Dieu. Les anciens prophètes ont exercé leur ministère auprès du feu de Dieu. Élie a ordonné aux prophètes de Baal et au peuple de tuer deux taureaux, d’en placer un sur leur propre autel, et l’autre sur l’autel de l’Éternel. Les prophètes de Baal invoquèrent leur dieu depuis le matin jusqu’à midi, ils sautaient devant l’autel en criant : Baal réponds-nous ! Mais il n’y eut ni voix ni réponse. Élie dit alors à tout le peuple de s’approcher de lui et il rétablit l’autel de l’Éternel qui avait été renversé, il arrangea le bois, coupa le taureau par morceaux, et le plaça sur le bois. Puis il remplit quatre cruches d’eau, les versa sur l’holocauste et le bois. Il le fit trois fois jusqu’à ce que l’eau remplisse aussi le fossé autour de l’autel.

Élie s’avança alors et implora l’Éternel, et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. Tout le peuple tomba sur sa face et dit : C’est l’Éternel qui est Dieu ! C’est l’Éternel qui est Dieu ! 1 R. 18, 24 et versets suivants.

Celui qui est fidèle à Dieu dans la lumière qu’il a sera immanquablement confronté au feu de Dieu. Quand le feu brille à distance, on peut se réjouir et se réchauffer à sa lueur, mais quand on se retrouve dans le feu, il consume le sacrifice et les liens qui le retiennent à l’autel. Dieu se sert souvent de personnes pour nous attacher à l’autel ; mais une fois que le feu tombe, les liens sont consumés en même temps que notre propre impureté. Il est dit que nous devons avoir du sel en nous-mêmes et être en paix avec les autres. On pourrait aussi dire : Aie le feu en toi-même, puisque c’est ton impureté qui doit être consumée, et ne fais pas rejaillir la douleur du feu sur les autres.