Jugez vous-mêmes ce qui est juste
C’est l’obéissance de la foi qui est la bonne base pour accéder à la vraie liberté. Personne ne peut continuer à vivre dans une vraie liberté sans vivre dans l’obéissance de la foi.
On peut être affranchi de la malédiction de la loi, en renonçant à tous ses propres efforts pour être sanctifié selon ce que la loi exige. On découvre que le vieil homme avec ses œuvres, y compris les meilleures d’entre elles, a été jugé et condamné à mourir sur la croix. C’est un grand soulagement de le découvrir et de parvenir au repos, après peut-être des années d’efforts et de peine comme esclave de la loi. La loi est devenue le pédagogue qui nous mène à Christ. Le vieil homme n’était pas sur la croix et il s’efforçait à grand-peine de plaire à Dieu. Mais l’exigence sainte de la loi l’a poussé à la croix. Il est dit maintenant que le juste vivra par la foi. La foi en Christ et en son œuvre accomplie pour nous rend possible l’accomplissement de l’œuvre de Dieu en nous. La foi sans les œuvres est morte. Un pécheur doit croire aux œuvres de Jésus pour lui, et celui qui est converti doit croire et laisser les œuvres de Dieu s’accomplir en lui. Il faut faire une différence entre ce qui est fait pour moi et ce qui est fait en moi. Ce qui est fait pour moi, c’est de la grâce, mais ce qui est fait en moi, c’est de la justice. La grâce n’est pas le but final, mais la grâce peut m’enseigner la justice. Ce n’est que lorsque nous accédons à la justice que nous pouvons dire avec l’apôtre Paul : Sa grâce envers moi n’a pas été vaine.
On considère souvent que la vraie liberté, c’est l’œuvre de grâce de Dieu envers l’âme. Mais il n’est dit nulle part que la grâce affranchit ; c’est la vérité qui affranchit. Jésus est venu avec la grâce et la vérité. On ne peut donc pas parler de vraie liberté si ce n’est par la vérité. La grâce peut gracier un malfaiteur, mais elle n’ôte pas le jugement qui pèse sur lui. Il est et il reste un malfaiteur gracié. En revanche, la vérité ôte la vie au malfaiteur, et dans la puissance de la résurrection il devient réellement libre. Celui qui perd sa vie trouve la vie. Cela signifie que celui qui supporte d’entendre à quel point il est haïssable, perd confiance en lui-même et devient entièrement dépendant de Christ. La vérité l’affranchit de « lui-même ». Il faut distinguer la délivrance de la malédiction de la loi, et le fait d’être affranchi de soi-même. Il faut un processus long pour être affranchi du « moi » ; aucune créature, à part Jésus-Christ, n’en a été entièrement et complètement affranchie. Au cours de la sanctification, nous sommes délivrés de plus en plus de nous-mêmes, par les souffrances et la mort de Christ ; mais comme Christ dépasse toute connaissance, notre but, devenir parfaits, est très éloigné, même si nous courons de toutes nos forces en oubliant ce qui est en arrière.
La loi est une lumière en dehors du corps, elle juge le péché en dehors du corps. En revanche, la lumière du royaume des cieux est au-dedans de nous et elle veut juger et condamner le péché dans la chair. C’est de cette manière que s’accomplit la parole qui dit : Car chose impossible à la loi, etc., Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché. La loi de l’Esprit m’a délivré de la loi du péché et de la mort – en Jésus-Christ. Le corps est mort à cause du péché, et l’esprit est vie à cause de la justice. De cette manière, le corps peut être présenté, par la puissance de Dieu, comme un sacrifice vivant, agréable à Dieu. C’est là notre culte spirituel.
Le salut par la vie de Jésus n’est possible que si nous avons été sauvés par sa mort ; car il est mort pour nos péchés, mais il est ressuscité et il vit pour notre justification. Lis Ro. 5, 10.
Si nous vivons selon l’Esprit et que nous marchons selon l’Esprit, nous vivons dans la loi parfaite de la liberté. On peut repenser au temps où on a été affranchi de la malédiction de la loi et croire qu’on se trouve toujours transporté dans cette liberté, sans avoir jamais pris les choses au sérieux en ce qui concerne l’obéissance de la foi. Mais on se trompe alors soi-même. Dès qu’on désobéit à la foi, on est de nouveau sous l’emprise d’un esprit d’esclavage, pour que cela nous inspire de la crainte. La liberté et l’obéissance vont de pair ; car là où est l’Esprit de Dieu, là est la liberté, même si on souffre la mort selon la chair.
Ce n’est pas la connaissance de la liberté qui m’affranchit ; il faut faire l’expérience de la liberté. La liberté en Esprit ne donne jamais libre cours à la chair, celle-ci est et doit demeurer sur la croix. Quand on donne la liberté à la chair, cela finit toujours par du péché et de l’iniquité. Il ne peut pas y avoir à la fois la liberté pour l’esprit et pour la chair, puisque ces deux s’opposent l’un à l’autre. Pour que l’Esprit de Dieu règne dans nos cœurs et que Christ y soit sanctifié comme Seigneur, la chair doit être liée et crucifiée sur le bois de la malédiction ; à l’inverse, si la chair règne, l’Esprit de Dieu se retire et c’est Satan qui prend le pouvoir, avec ses puissances spirituelles. Si on boite d’un côté et de l’autre, on devient tiède et mou, et on finit souvent par devenir ennemi de la croix de Christ et ennemi des instruments de Dieu qui annoncent la parole de la croix. On se trompe soi-même si on prétend dans ces conditions posséder la liberté de Christ.
La prédication incessante relative au péché et à la grâce n’est rien d’autre qu’une manière d’enseigner aux gens à ne pas prendre les choses au sérieux, puisqu’on peut recevoir la grâce jusqu’à soixante-dix fois sept fois par jour. On fait alors du « surplace ». Jésus est le chemin, la vérité et la vie ; mais on n’avance pas sur le chemin, on ne parvient pas à la vérité et on ne parvient pas à la vie, on ne dépasse jamais le stade où on pèche et où on reçoit de la grâce. On vit toute sa vie sur ce programme, sans jamais parvenir à la liberté de Christ, à la vérité et à une véritable vie en Jésus-Christ. Noé était un « prédicateur de la justice » ; mais il faut probablement dire de la plupart des prédicateurs qu’ils ne sont pas des prédicateurs de la justice, mais des « prédicateurs de la grâce ». Mais il faut annoncer la justice, car c’est cela, parler comme la parole de Dieu. Quand les gens se voient alors eux-mêmes dans ce miroir, ils découvrent leurs manquements, ils implorent Dieu, et c’est là seulement qu’ils reçoivent la grâce qui éduque à la justice. Quand la lumière est projetée dans les ténèbres, les jugements de Dieu sont prononcés dans les cœurs, cela provoque des cris et des supplications, une tristesse selon Dieu et une demande de ce qu’il faut faire.
Cela nous donne un autel dont nous pouvons manger et auquel n’ont pas accès ceux qui font le service du tabernacle. Faire le service du tabernacle, c’est passer son temps à s’occuper du péché et de la grâce. On pourrait l’appeler le « service des soixante-dix fois sept ». Le peuple de Dieu dilapide son temps précieux à ne s’occuper que de cela, alors que nous devrions passer le reste de notre vie à vivre selon la volonté de Dieu et non selon nos convoitises humaines. Si c’est cela que nous faisons, nous marchons dans la lumière, nous ressentons les jugements de la lumière dans notre for intérieur, et le sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché, c’est-à-dire du péché qui habite dans la chair. Nous sommes alors en communion les uns avec les autres. Personne ne doit croire que celui qui marche dans la lumière peut en même temps vivre dans le péché, pour que le sang de Jésus le purifie de péchés commis consciemment. C’est dans les ténèbres qu’on fait les œuvres des ténèbres. Mais ceux qui marchent dans la lumière souffrent avec Christ sous les jugements de la lumière, ils se purifient eux-mêmes suivant les injonctions de la lumière, et de cette manière ils vont de lumière en lumière, de force en force. Nous avons ici communion les uns avec les autres ; ce n’est qu’ici qu’on trouve la communion des saints. On ne peut jamais accéder à la communion si on se contente de pécher et de recevoir de la grâce. C’est dans la justice, la vérité et la lumière que nous avons communion. Si un homme m’a fait beaucoup de mal et qu’il me demande pardon, et que je lui pardonne de tout mon cœur, nous ne pouvons cependant pas avoir une communion intime avant qu’il ait prouvé par sa vie qu’il s’est vraiment converti. Mais il y a un tas de prédicateurs qui sont tellement embrouillés dans leur activité et dans leurs ténèbres, qu’ils sont persuadés qu’il y a quelque chose qui cloche si un homme commence à avoir la victoire sur le péché, par la force de Dieu. À leurs yeux, le fait de pécher chaque jour et de recevoir grâce chaque jour pour toutes ses fautes fait partie de la « bonne vieille doctrine ». Pas étonnant dans ces conditions de les voir la pipe à la bouche à tout bout de champ, et de constater que toutes sortes d’injustices prospèrent sans problème sous cette prétendue « couverture de la grâce » ; le soir venu, on jette en effet toute sa méchanceté dans « la mer de la grâce ». Où sont donc passées les œuvres justes des saints, qui sont le fin lin, éclatant et pur, dont doit se revêtir l’Épouse ? On avoue soi-même que tout ce qu’on a fait est exécrable et que la conscience le condamne. Ça doit être un vêtement sale, puisque ce sont des œuvres sales, qui ont besoin d’une lessive tous les soirs.
Celui qui marche dans la lumière ne se lave pas seulement tous les soirs ; chaque œuvre, tout au long de la journée, est lavée à la lumière du jugement, par le sang de Jésus. Un tel homme n’a pas accumulé toute une lessive qu’il faut laver dans la mer de la grâce ; il nettoie ses vêtements dans le sang. Jésus n’est pas en effet venu seulement avec l’eau, mais aussi avec le sang. L’eau est pour l’extérieur, alors que le sang est pour l’intérieur.
Plusieurs seront purifiés, blanchis et épurés ; les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l’intelligence comprendront. Da. 12, 10.
Si ces paroles ont été scellées jusqu’à ce jour, brise maintenant le sceau, et tu les comprendras ! On brise le sceau en se purifiant de toute souillure de la chair et de l’esprit et en achevant sa sanctification dans la crainte de Dieu, c’est-à-dire en vivant le reste de sa vie dans l’obéissance de la foi, selon la volonté de Dieu.