Échos de la conférence de Pâques 1925 à Horten

octobre 1925

Échos de la conférence de Pâques 1925 à Horten

J. O. S.

Ga. 4, 22-31.

Abraham avait deux fils. L’un avait été engendré selon la chair de la femme esclave, l’autre était un fils de la promesse. Le premier venait de la volonté de l’homme, le second de la volonté de Dieu. Sara et Agar sont des allégories des deux alliances, et il y a là une signification plus profonde, que nous faisons bien de saisir. Agar est le mont Sinaï, la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants ; Sara est la Jérusalem d’en haut.

Après avoir reçu le pardon des péchés, nous passons par un temps dans notre vie où nous nous efforçons du mieux que nous pouvons de servir Dieu. Mais comme nous n’avons pas encore reçu la force de Dieu, nous le faisons par notre propre force, honnêtement et du mieux que nous pouvons. Nous appartenons à la Jérusalem d’en bas et nous sommes nés pour être dans la servitude. Nous arrivons toujours à nos limites. Si nous sommes fidèles dans cette première alliance, nous finissons par comprendre que la loi est sainte, juste et bonne, mais que c’est en moi-même que se trouve le mal, celui qui m’empêche d’observer les commandements, malgré mes efforts et ma bonne volonté. Nous en venons alors au point où nous abandonnons et nous chassons la femme esclave et son fils. La loi est devenue un pédagogue pour nous conduire à Christ. À partir de maintenant, c’est Isaac qui doit vivre et se développer en nous. Ce qui était impossible à la loi se réalise maintenant par la foi.

Mais nous devons bien noter que la loi donnée sur le Sinaï et la loi parfaite de la liberté émanent toutes deux du même Dieu. La différence ne se trouve pas dans la loi, mais en moi-même. Je dois être traité selon l’état dans lequel je me trouve. C’est Isaac qui doit hériter – pas Ismaël ! Plus nous sommes fidèles, mieux nous comprenons celui avec qui nous allons partager l’héritage.

J. O. S.

Ga. 3, 13

Christ est devenu malédiction pour nous. On pourrait se demander si cette malédiction s’est appesantie sur lui en un seul instant, sur la croix, au moment où il était en train de mourir. Non ! Jésus a vécu toute sa vie en étant crucifié à sa propre volonté selon la chair. Sa volonté selon la chair était toujours maudite et clouée à la croix, quand il disait : Non pas ma volonté, mais la tienne ! Cette volonté a été de plus en plus crucifiée ; il s’était chargé de cette volonté qui venait de la race humaine pour sauver celle-ci, et il a livré cette volonté à la mort finale ; car il était venu pour faire la volonté de Dieu et pour briser à jamais toute volonté humaine. Quand nous croyons en lui, la bénédiction d’Abraham nous est accordée, quand nous recevons l’Esprit de Jésus, dans lequel il y a la force d’exécuter la volonté de Dieu. La force humaine avec laquelle nous avons cherché à servir la volonté de Dieu n’en était pas capable. Jésus a dû nous donner de l’Esprit et de la force, pour que nous puissions le suivre sur ses traces. Nous savons où il est allé, et nous en connaissons le chemin. Paul voyait une autre loi dans ses membres. Par l’obéissance, Jésus avait complètement vaincu cette loi, et par son Esprit et sa force, il nous a maintenant donné la possibilité d’engager le combat contre elle. Mais nous sentons bien qu’elle réside dans nos membres, et elle s’oppose à la loi qui est dans notre entendement, et engendre les actions du corps. Mais par l’Esprit et dans l’Esprit, nous avons la force de faire mourir ces actions du corps. Ce n’est pas un péché d’avoir la loi du péché dans ses membres, mais cela devient un péché dès que mon entendement est consentant à l’heure de la tentation, qui vient de mon for intérieur. Quand nous faisons les œuvres de la foi, comme Abraham, la loi du péché dans nos membres est brisée une fois après l’autre, et cela fait de nous en vérité des enfants d’Abraham.

J. O. S.

1 Jn. 5, 1-12

L’apôtre s’oppose ici aux faux prophètes. Nous reconnaissons les faux prophètes au fait qu’ils ont en horreur tout ce qui s’appelle souffrances dans la chair. Nous sommes ressuscités avec Christ, placés sur le fondement de la résurrection, nous sommes nés d’eau et d’Esprit. Nous avons reçu ces deux témoins en nous et sur nous, mais il nous manque encore le troisième témoin, à savoir le sang. Celui-ci résulte de la communion des souffrances de Christ, pour qu’en fin de compte, ce qui est vrai en lui devienne aussi vrai en nous : Il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, l’eau et le sang. Quand Jésus a livré son âme à la mort, il a fait des forts son butin ; les plus forts doivent en effet abandonner sur ce point. Quand le sang jaillit, c’est la mort. Nous sommes sans cesse livrés à cette mort ; c’est là la mort de Christ. Les âmes qui sont dans cette mort-là ne seront pas abandonnées dans le royaume des morts. Celui qui se soustrait à la mort de Christ se soustrait aux souffrances, il se soustrait au fait de se livrer à la mort de Christ ; mais celui qui se soustrait à la mort de Christ se soustrait aussi à la vie de Christ. Mais nous ne sommes pas de ceux qui se retirent, mais de ceux qui croient pour le salut de leur âme. Si quelqu’un veut être un prophète en Esprit et vérité, qu’il nous accompagne sur ce chemin ; sinon il n’est qu’un faux prophète, qui ne connaît rien aux souffrances et à la mort de Christ, ni à la gloire qui s’ensuit.