Le baptême de feu

avril 1924

Le baptême du feu

Il y a quelques années, on entendait dire : le feu est tombé à Skien, il est tombé à Porsgrund, etc. Que voulait-on dire par là ? Rien de plus que le fait qu’un réveil s’était déclenché à Skien et à Porsgrund. Mais pouvait-on pour autant dire que le feu était tombé ? Non ! Jean-Baptiste dit : Moi, je vous baptise d’eau, mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de délier la courroie de ses sandales. Lui, il vous baptisera d’Esprit Saint et de feu. Lu. 3, 16.

Certains croient et affirment que le feu n’est destiné qu’à juger les impies, et qu’il ne s’applique pas aux croyants.

Mais il faut alors évidemment demander : Que signifie être croyant ? On dit de quelqu’un qui a reçu le pardon de ses péchés qu’il est croyant ; il a été purifié dans le sang de Jésus. Cela se produit habituellement de manière instantanée. Mais la personne en question doit maintenant commencer à marcher dans la pureté reçue par le pardon des péchés, et c’est là qu’elle se rend compte qu’elle n’y arrive pas. Elle adhère à tel ou tel parti religieux et en défend la cause, devenant ainsi prisonnière du diable et faisant les œuvres de la chair ! Bien plus, elle porte encore en elle un grand reste de méchanceté et une quantité de mauvaises habitudes dont il faudrait se débarrasser. Elle a besoin de la force de Dieu pour vivre cette vie. Elle demande donc [cette force] dans ses prières, et elle reçoit l’Esprit de Dieu. Il est dit alors que la justice prescrite par la loi doit être accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. C’est l’Esprit de Dieu qui commence à nous pousser, et cela est un feu pour la chair. Nous sommes alors d’abord baptisés d’Esprit puis, par l’obéissance à l’Esprit, de feu.

L’Éternel, ton Dieu, est un feu dévorant, un Dieu jaloux. De. 4, 24. Si nous avons ses commandements et que nous les gardons, le Père et le Fils viendront à nous et habiteront en nous. Or le Père est un Dieu jaloux, un feu dévorant, qui agit comme un feu sur notre chair. Celui qui n’est pas seulement baptisé de l’Esprit, mais qui obéit à cet Esprit, peut le confirmer en disant oui et amen, car il a expérimenté l’action de ce feu. Quand il s’est dirigé vers Jérusalem pour y souffrir et y mourir, Jésus s’est laissé guider par l’Esprit pour entrer dans le feu. Pierre voulait épargner au Maître ce feu, mais Jésus lui dit : Arrière de moi, Satan, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais des hommes. C’est aussi la raison pour laquelle on n’entend jamais prêcher sur ce baptême de feu. On ne supporte pas le feu du Seigneur, car on n’a pas mis à part le sacrifice au fond de son cœur. Tout sacrifice doit être salé de feu. Celui qui offre son corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, aura très vite à faire avec le feu. Il reste en chacun d’entre nous suffisamment de choses qui font partie du corps du péché et qui peuvent servir de combustible à ce feu. Ro. 6, 6. La différence entre nous et l’impie est que nous acceptons volontiers le feu, qui nous mène ainsi à la vie, alors que l’impie subit contre son gré un feu qui mène à la mort.

Tout objet qui peut aller au feu, vous le ferez passer par le feu. Tout ce qui ne peut pas aller au feu ; vous le ferez passer dans l’eau. Nb. 31, 23.

De nos jours, n’y a-t-il pas beaucoup de croyants qui en savent long sur la purification par l’eau, mais qui ne connaissent pas, ni ne désirent connaître, la purification par le feu ?

Les corps des animaux dont le sang a été offert pour les péchés dans le sanctuaire, par le souverain sacrificateur, sont brûlés hors du camp. Hé. 13, 11. C’est hors du camp qu’on brûle le corps ! Sortons donc hors du camp pour aller à Lui, et nous ne douterons jamais du fait que le feu est destiné au croyant ; en effet, c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu, c’est-à-dire par nous. Là, hors du camp, nous avons un autel dont les desservants du tabernacle n’ont pas le droit de tirer leur nourriture. La plupart des chrétiens se trouvent dans le camp, cela explique aussi pourquoi ils ne connaissent rien du feu qui consume le sacrifice hors du camp.

Si nous faisons maintenant un tour dans les camps des chrétiens, pour voir où ils en sont, il est fort probable que nous trouverons beaucoup de choses qui ne supportent pas le feu, bien qu’elles méritent d’être consumées. Les prédicateurs soumettent souvent leurs auditeurs à une loi que ni le Saint-Esprit ni les apôtres n’ont imposée aux disciples : le fait d’exiger la dîme. Dans quel passage le Nouveau Testament parle-t-il de la dîme ? Cette règle fait-elle aussi partie de la « pleine vérité », de la « doctrine biblique », du « plein Évangile », etc. ou d’une autre de ces expressions toutes faites dont on aime se gargariser ? Les apôtres n’ont pas imposé aux frères des assemblées issues de peuples païens d’autres règles que celles qu’ils jugeaient absolument nécessaires, à savoir de s’abstenir de l’impudicité, des animaux étranglés et du sang. Ils n’ont rien dit de la dîme ! En fait, le Nouveau Testament n’exige pas la dîme, il exige tout, la vie entière ! Ce que tu as ne t’appartient pas, tu n’en es que le gérant ; en effet, nous ne nous appartenons même pas, comment pourrions-nous alors posséder quelque chose ? Ceux donc qui imposent la dîme à leurs auditeurs les soumettent en fait au sacerdoce lévitique ; or notre sacerdoce ne découle pas d’Aaron mais de Melchisédek. Si donc, dans des assemblées dont les dirigeants se nomment « pasteurs », « apôtres » ou « prédicateurs » par exemple, on accroche des boîtes munies de l’inscription « Dîme du Seigneur », ou qu’on collecte cette dîme de quelque autre façon que ce soit, c’est en fait une escroquerie envers les frères. On se place sur un pied d’égalité avec les prêtres lévites, alors que le sacerdoce lévitique a été aboli il y a plus de 1900 ans. Tout cela est-il biblique ? Cf. Hé. 7, 5 et versets suivants.

Pourtant, si on veut s’en prendre à la racine du mal, il faut regarder l’intérieur des cœurs. On y trouve beaucoup de cupidité et toutes sortes d’autres maux, que le feu serait prêt à consumer, si seulement on le supportait. Jésus n’avait pas de lieu où poser sa tête ; personne ne lui versait de dîme. Mais si tu examines ceux qui perçoivent la dîme, tu verras qu’ils ont souvent des coussins bien douillets pour poser leur tête ! Bien plus, tu verras bien d’autres choses qui prouvent que leur cœur est aussi loin du feu que l’Est est éloigné de l’Ouest.

Et pourtant, chacun crie plus fort que son voisin : Nous avons la pleine vérité ! Ici nous sommes bibliques ! Ici nous avons le plein Évangile ! Autrement dit : Christ est ici ! L’Écriture nous met en garde de ne pas suivre de telles voix. Lu. 17, 23.

Malheur à celui qui éloigne son épée du sang ; car il y a ici beaucoup de chair !