La conférence du Jour de prière à Horten

novembre/décembre 1924

La conférence du Jour de prière8 à Horten

En raison de difficultés financières, plusieurs amis étaient absents cette fois-ci ; mais il y a eu malgré tout autant de personnes présentes que les dernières fois. Il y avait de nouveaux visages. Le fr. Ditlefsen a fait le long trajet depuis Mehamn dans le Finnmark, et il est arrivé à temps après 5 journées de voyage. Un frère et une sœur sont aussi venus du Danemark. Pour le reste, il y avait des amis de Hallingdal, Hønefoss, Drammen, Kristiania, Drøbak, Sarpsborg, Kristiansand, Brevik et Sandefjord. Il est aussi venu des amis de Porsgrund et Fredrikstad. Ils n’avaient jamais été à une conférence jusque-là, ils avaient simplement eu quelques échos et ils voulaient examiner la chose d’un peu plus près à titre personnel. Je peux réjouir les amis en leur disant qu’ils sont rentrés à la maison avec des impressions bien différentes de celles qui leur avaient été inculquées par nos adversaires, qui, la plupart du temps, ne savent pas de quoi ils parlent. Nous avons travaillé comme d’habitude inlassablement avec des études bibliques et des réunions d’échange jusque tard dans la nuit. Les amis étaient répartis en groupes et méditaient les lois du Seigneur. C’est seulement l’amour pour Dieu, sa parole et les frères qui peut produire une conférence aussi magnifique. Ce que la sœur Madsen de Copenhague a dit est vrai : « Il faut avoir expérimenté soi-même une telle conférence pour en avoir une impression exacte. »

Quant aux témoignages, ils ont été aussi bénis, pour moi et pour pratiquement tout le monde, qu’ils aient été donnés par des jeunes ou des moins jeunes. Nous ne donnerons donc pas le témoignage d’une seule personne, cette fois-ci, mais nous ne donnerons qu’un

Court résumé des principaux sujets qui ont été abordés à la conférence.

Le ministère dans l’assemblée : Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance. 1 Co. 12, 1.

Nous non plus, nous ne devons pas être dans l’ignorance au sujet des dons spirituels. Les dons sont différents, mais l’Esprit est le même. L’Esprit est le même, qu’on annonce la parole de Dieu, qu’on serve aux tables, qu’on coupe du bois, qu’on lave le sol, qu’on s’entretienne de la parole de Dieu, qu’on joue ou qu’on chante, ou qu’on s’occupe de l’hébergement. Les dons sont différents, mais l’Esprit est le même. Chacun doit croître en celui qui est la tête avec le don que Dieu lui a donné. Ceux qui ne sont pas serviteurs de la Parole, mais qui aident matériellement et spirituellement, ont tous la possibilité de devenir des anciens dans l’assemblée. Car il y a des anciens qui n’ont pas le ministère de la parole, et on doit avoir de la considération pour eux et les honorer, mais surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l’enseignement. Tout le corps, qui est l’assemblée, croît en celui qui est la tête, en étant solidement assemblé par des jointures et des liens. Au cours de cette croissance, on n’a pas besoin d’orateurs seulement, beaucoup d’autres choses sont nécessaires. Col. 2, 19. Ép. 4, 15-16. Une activité a été confiée à chacune de ses parties. Si un membre souffre, tous les membres souffrent. L’activité confiée au membre malade cesse et cela se sent.

On peut s’acquitter de son ministère de plusieurs manières. Au début, on apprécie que le bien qu’on fait soit vu. Ce genre de ministère est légaliste, et on se fatigue tôt ou tard, car la loi produit la colère pendant qu’on exécute la tâche qu’on est en train de faire. En revanche, celui qui exerce son ministère selon les lois de la liberté est heureux dans son activité. Ja. 1, 25.

De cette manière, on peut discerner tout de suite si une personne exerce son ministère de façon légaliste ou selon les lois de la liberté. Celui qui sert d’une façon légaliste estime toujours que c’est lui qui en fait le plus, sans que personne ne l’aide. En revanche, celui qui travaille selon les lois de la liberté est toujours joyeux. Il n’a pas d’exigence envers les autres, il fait son œuvre devant la face de Dieu et c’est aussi de lui qu’il attend sa récompense. Qu’on lui fasse des louanges ou non au sujet de ce qu’il fait n’a aucune importance pour lui.

Il faut considérer que c’est une injustice dans l’assemblée de désigner certains serviteurs de la parole en tant qu’anciens. Car de cette façon, on déprécie les anciens qui n’ont pas le ministère de la parole. Peut-être que beaucoup de ces derniers sont plus près de la tête, Christ, que plusieurs de ceux qui prêchent. Car le fait de parler est un don spirituel, mais ce n’est pas la vie elle-même ; or c’est la vie qui demeure lorsque les dons cessent. Car, qu’il s’agisse des dons de prophétie, ils cesseront, qu’il s’agisse de langues, elles cesseront, ou qu’il s’agisse de connaissance, elle cessera. Mais l’amour ne périt jamais. 1 Co. 13, 8. On se laisse souvent tromper par de grands dons, par la notoriété dont on jouit dans le monde, le savoir qu’on a et le rang qu’on occupe ; mais il arrive souvent que les personnes qui ont le service le moins considéré aient plus d’amour que celui qui prêche. Lorsque les dons spirituels disparaissent, ce sont ceux qui ont le plus d’amour qui sont les plus grands, car l’amour ne périt jamais.

Mais il se trouve que la plupart de ceux qui sont dans les assemblées sont charnels, si bien que ceux qui présentent bien selon la chair sont souvent grands à leurs yeux, et, dans ces conditions, des gens qui devraient s’asseoir loin derrière peuvent être dirigeants, jusqu’à ce qu’ils finissent par être dévoilés et qu’ils tombent. On aperçoit à peine les petits, qui sont moins doués, même s’ils brillent comme de petits soleils par leur amour.

Il faut être vigilant à cet égard si on ne veut pas faire partie de la multitude qui fait acception de personne, et juge sous l’inspiration de pensées mauvaises.

Il y a diversité de ministères, mais le même Seigneur. 1 Co. 12, 5.

Le ministère qu’on a va nécessairement dans la direction où on a son don. Mais il faut pourtant faire une différence entre le ministère et les dons. On peut avoir un don spirituel, mais ne pas l’utiliser, si bien qu’il en ressort un ministère peu développé ou pas de ministère du tout. Un autre peut servir d’une manière telle qu’il dépasse les limites de son don et qu’il empiète sur le ministère d’un autre. Pour tout ministère, il faut offrir son corps, c’est pourquoi il est dit : Il y a diversité de ministère, mais le même Seigneur. Donc, qu’on serve à la cuisine ou sur l’estrade, le Seigneur est le même. Le Seigneur a un corps, contrairement à l’Esprit. Il faut comprendre cela de la bonne manière. Il en ressort que les ministères qui servent à l’utilité commune sont tout aussi nécessaires, et que le Seigneur est là partout.

On estime que c’est une tâche vulgaire de mettre du bois dans le poêle ; mais si par un jour d’hiver froid on se rassemble pour une réunion et que personne n’a mis du bois dans le poêle, Satan multiplie les accusations, les esprits s’agitent, peut-être sans paroles, et Satan déploie une telle activité – pendant qu’on a froid – que celui qui doit annoncer la Parole selon laquelle nous devons nous servir les uns les autres et nous réchauffer les uns les autres arrive à peine à remuer les lèvres. Il en ressort que celui qui met du bois dans le poêle fait une grande œuvre, il ferme la bouche à tous ces esprits de Satan accusateurs, et fait en sorte que celui qui annonce la Parole puisse parler librement et ouvertement de ce qui lui est donné. Dans une machine à vapeur, il y a de gros pistons et beaucoup de grandes roues, mais il y a aussi de petites roues de graissage peu visibles qui, si elles ne fonctionnent pas, ont pour résultat que les roulements chauffent, le métal fond et toute la machine s’arrête, de même que le bateau. Il en va exactement de même dans l’assemblée. C’est pourquoi il faut veiller avec soin à ce que les œuvres les plus insignifiantes soient faites, et qu’on reconnaisse la valeur de ceux qui les accomplissent.

Ce n’était pas le service de Marthe qui était à blâmer, mais ce qui était répréhensible, c’est qu’elle ne l’exerçait pas sans murmures. Elle aurait dû faire tout ce qu’elle faisait sans murmures ni doute. De toute façon, elle aurait su plus tard de quoi Marie et Jésus parlaient, et elle aurait ainsi reçu la même chose que Marie, et, en plus, elle aurait pu les servir, chose que Marie n’avait pas faite. Mais Marthe se faisait du souci pour beaucoup de choses et ce sont ces soucis que Jésus voulait supprimer. Il n’y avait en revanche rien à redire à son service, qui méritait toutes les louanges.

Celui qui fait du café dans la cuisine peut apporter un message sans paroles par sa douceur et sa conduite discrète. Les impies peuvent aussi faire la cuisine et laver, mais cela s’accompagne la plupart du temps de mots désagréables et de beaucoup de bruit. Ce qu’une œuvre a de divin, c’est par conséquent qu’elle soit faite comme pour Dieu avec simplicité de cœur, de sorte qu’on est heureux dans son activité. Ce bonheur en plein travail contamine l’entourage d’une manière bénie ; car on comprend qu’on a affaire à une personne qui ne fait pas son œuvre selon la loi de Moïse, qui produit la colère, mais selon la loi parfaite de la liberté. Sans avoir le ministère de la Parole, de telles personnes peuvent être malgré tout parmi les anciens et doivent être considérées et honorées en tant que tels. Chacun peut s’assurer qu’elles font vraiment partie des anciens en parlant avec elles ; mais celui qui veut examiner ce qu’il en est doit lui-même être capable de juger la chose.