Les forts doivent porter

octobre 1924

Les forts doivent porter

Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas chercher ce qui nous plaît. Ro. 15, 1.

Cette parole est très souvent transgressée ! Habituellement, celui qui est fort se fait plutôt un point d’honneur à être fort. Oh ! si seulement son amour pouvait être assez grand pour porter avec sa force les faiblesses de ceux qui sont faibles ! Qui n’a jamais péché sur ce point ? On a ainsi contribué à pousser jusqu’à l’abîme du désespoir des âmes pour lesquelles Christ est mort ! Avec de la connaissance et de la force, on a tellement vite fait de repousser une âme, de la mettre à l’arrière-plan, pour mieux se mettre en valeur soi-même. Ce ne sont pas les sentiments qui étaient en Christ. Il n’éteint pas le lumignon qui fume et ne brise pas le roseau cassé, mais il prend soin avec droiture et justice de celui qui est humble et pauvre en esprit. Pour pouvoir porter les faibles avec la force qu’on a, il faut une grande part de l’Esprit de sagesse, de conseil et de force, de même que de l’Esprit d’intelligence. Le vrai christianisme a pour but de nous rendre capables de porter des fardeaux. C’est ainsi qu’on devient une colonne dans le temple de Dieu. Notre force ne doit pas se mesurer au nombre de personnes que nous sommes capables de chasser, mais au nombre de celles que nous sommes en mesure de porter. Pas seulement les bons, mais aussi ceux qui ont un caractère difficile. Il est facile de servir ceux qui sont bons et beaucoup moins facile de servir ceux qui sont récalcitrants, mais si on veut être le serviteur de tous, il faut l’être aussi à l’égard de ces derniers. C’est celui qui est vraiment capable de servir tous qui est le plus grand. Si nous voulons avoir part les uns aux autres, nous devons laisser les autres nous servir et aussi les servir. Porter les faiblesses signifie être plein de grâce et de miséricorde. Par l’effet de cette grâce, les faiblesses disparaissent petit à petit et l’âme qu’on porte devient forte, et pour finir, elle est elle-même en mesure de porter les faiblesses des autres. Ne t’érige donc pas en juge des faiblesses de ton frère, mais présente-les au juge. C’est ainsi qu’on porte, qu’on supporte et qu’on est patient.

Que le Dieu de la patience et de la consolation vous donne d’avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus-Christ. Ro. 15, 5.