Un mot aux évangélistes et aux docteurs autoproclamés

septembre 1923

Un mot aux évangélistes et aux docteurs autoproclamés

La foi en Dieu des Romains était renommée dans le monde entier. Ro. 1, 8. L’apôtre ne leur a certainement pas écrit autre chose que ce qu’ils pouvaient comprendre, et pourtant l’épître aux Romains est une énigme pour les chrétiens de notre époque. Cela prouve que les chrétiens de Rome étaient à un stade de développement plus avancé dans leur vie chrétienne que les chrétiens de nos jours.

Ils connaissaient le péché dans la chair, puisque l’apôtre les exhorte à ce que le péché ne règne pas dans leur corps mortel, et qu’ils n’obéissent pas à ses convoitises. Ro. 6, 12. Ils avaient reçu de la force pour s’opposer au péché, sinon une telle exhortation n’aurait pas eu de sens.

Le péché n’est pas ôté de la chair par le fait que nous avons été libérés du péché et que nous sommes entrés au service de la justice. Le péché dans la chair peut aussi être appelé la convoitise dans la chair, c’est pourquoi il est dit que chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. C’est pour cela que nous devons nous considérer comme morts à la convoitise ou au péché, et comme vivants pour Dieu.

Lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés agissaient. Ro. 7, 5. Cela nous indique que nous ne sommes plus dans la chair ; c’est pourquoi il est dit : Vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Ro. 8, 9.

C’est parce qu’ils sont passés de la chair à l’Esprit que beaucoup d’enfants de Dieu croient avoir perdu le péché dans la chair ou avoir été transposés du chapitre 7 au chapitre 8 de l’épître aux Romains. Cependant, le péché reste toujours aussi présent dans la chair. C’est pour cela que nous devons nous considérer comme morts à lui.

Au cours de la sanctification, qui a lieu une fois que nous avons été baptisés de l’Esprit, Dieu nous conduit à nos ennemis, et nous prenons ceux-ci comme une bouchée de pain.

Le pays de Canaan était rempli d’ennemis quand Israël a franchi le Jourdain. De la même manière, notre chair est remplie d’ennemis après que nous sommes morts à la loi par la loi. Il n’y a toujours rien de bon dans notre chair. Mais une route nouvelle et vivante a été frayée au travers du voile, qui est sa chair ; la même route traverse donc forcément aussi notre chair. Nous rencontrons une multitude d’ennemis le long de cette route, et nous pouvons tous les vaincre par la puissance d’un Esprit éternel. Il y a assez de sacrifices et il y a assez de pain. Christ nous a précédés sur ce chemin et Dieu a condamné le péché dans sa chair, pour que la justice de la loi soit accomplie en nous, si nous marchons selon l’Esprit et non selon la chair. Car l’affection de la chair, c’est la mort, mais l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix.

Nous avons des preuves en abondance de ce que le péché habite en nous après que nous avons été baptisés du Saint-Esprit. Il y a eu en effet beaucoup de personnes qui ont failli, parce qu’elles ont cédé à la convoitise dans la chair. On a laissé le péché dans la chair régner, et on est tombé dans des péchés manifestes. La seule chose qui puisse nous sauver et nous garder, c’est de rester sur la croix. Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Cette crucifixion est une position de foi, qui cesse au moment même où on laisse les passions régner.

Toute division, toute lutte et toute querelle vient de ce qu’on laisse régner les passions dans les membres. Ja. 4, 1. Tous les péchés manifestes, qui s’appellent les œuvres de la chair, Ga. 5, 19, viennent de ce qu’on cède à la convoitise dans la chair.

Je suis sûr que beaucoup d’âmes sont tombées dans le péché justement parce qu’elles croyaient que le péché avait été ôté de leur chair. Elles ont cessé de veiller et de prier ; mais la convoitise, elle, était pleinement éveillée, et on est tombé. Qu’il n’y ait pas un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car elles seront jugées plus sévèrement (elles portent une responsabilité plus grande, trad. norv.). Quelle responsabilité portent ceux qui prodiguent des enseignements faux qui amènent les gens à s’endormir, comme le fait que le péché serait ôté de la chair par le baptême de l’Esprit !

Je trouve que l’école de la vie nous oblige à exhorter sévèrement à ne pas laisser régner le péché dans la chair, pour que nous obéissions à ses convoitises.

Aaron et ses fils devaient porter la faute des transgressions contre leur ministère de sacrificateur et contre les interventions étrangères. Nous avons aussi besoin à notre époque d’hommes qui peuvent tenir en bride ces enseignants religieux autoproclamés, pour qu’ils soient remis à la place qui est la leur.

Quand Ozias est devenu puissant, son cœur s’éleva pour le perdre, et il pécha contre l’Éternel, son Dieu, en entrant dans le temple de l’Éternel pour brûler des parfums sur l’autel des parfums.

Mais le sacrificateur Azaria entra après lui, avec quatre-vingts sacrificateurs de l’Éternel, des hommes courageux. Ils s’opposèrent au roi Ozias et lui dirent : Tu n’as pas le droit, Ozias, d’offrir des parfums à l’Éternel ! Ce droit appartient aux sacrificateurs, fils d’Aaron, qui ont été consacrés pour les offrir. Sors du sanctuaire, car tu commets un péché ! Et cela ne tournera pas à ton honneur devant l’Éternel Dieu.

La colère s’est alors emparée d’Ozias, et la lèpre a éclaté sur son front, etc. 2 Chr. 26, 16 et versets suivants.

Ozias n’était pas seulement devenu puissant, il était devenu tyrannique. Pour lui, les fils d’Aaron étaient tellement insignifiants. C’est souvent ce qui se passe avec l’évangéliste, quand le Seigneur le rend grand par les réveils. Les bergers, les docteurs, les prophètes deviennent tellement petits [à ses yeux] qu’ils n’existent même plus. L’évangéliste se targue d’accomplir toutes les tâches. Comme Ozias, il outrepasse ses limites ; il s’immisce dans les affaires des autres, il prétend enseigner et ne devient qu’un faux docteur, puisque Dieu ne lui a jamais confié d’autre tâche que celle d’évangéliste. Toute l’assemblée fait faillite ; les défaillances se multiplient, la lèpre éclate sur tous les fronts – et pourtant, on dort paisiblement en attendant le prochain réveil, où on pourra à nouveau briller en étant au centre de toutes les attentions. Vanité des vanités ! Tout n’est que vanité ! Seule demeure la parole de Dieu, qui dit : Dieu a établi dans l’assemblée des apôtres, puis des prophètes, puis des docteurs, etc. Ils ont été établis pour le perfectionnement des saints, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi. Dieu a établi différents serviteurs dans l’assemblée, et ceux-ci ne demandent pas poliment à qui que ce soit s’ils peuvent exercer leur ministère. Les prophètes de l’ancien testament n’ont pas été traités gentiment par les gens religieux de leur époque, et je crois que tout homme qui se tient devant la face de Dieu et qui veut exercer son sacerdoce pour lui fera la même expérience dans notre temps prétendument éclairé du nouveau testament, où on dit que les ténèbres sont lumière et que la lumière est ténèbres.