Comment il faut se conduire dans l’assemblée

septembre 1922

Comment il faut se conduire dans l’assemblée

Maintenant que l’assemblée grandit, on constate combien il est difficile de se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité. 1 Ti. 3, 15.

Ce sont surtout ceux qui servent dans l’assemblée (les diacres, trad. française) qui doivent répondre à des exigences élevées. Ils doivent être dignes, ne pas tenir un double langage, être éloignés des excès du vin, d’un gain sordide (trad. norv.).

Pense simplement au fait d’être « dignes ». Combien de choses ce petit mot ne renferme-t-il pas ! Ils ne doivent pas tenir un double langage. Cela veut dire qu’on doit pouvoir se fier à ce qu’ils disent. Cela fait d’ailleurs partie de la dignité de ne pas tenir un double langage. Dans les pays méridionaux, où on utilise du vin pour accompagner la nourriture, il pouvait arriver que certains aient tendance à boire beaucoup de vin. Cela ne convient pas pour un serviteur de l’assemblée digne, qui doit pouvoir maîtriser ses penchants dans toutes les directions.

Il ne doit pas rechercher un gain sordide. Comme ils sont nombreux, ceux qui se détruisent eux-mêmes à cause de ce vice qui, dans le monde, n’est pas considéré comme un vice, mais plutôt comme un honneur ! La recherche d’un gain sordide occupe tout leur temps, si bien qu’ils ont à peine la possibilité de méditer la loi du Seigneur. L’Ecclésiastique dit que la sagesse s’acquiert à la faveur du loisir. Comment peut-on devenir sage si on est occupé jour et nuit par son travail terrestre ? On ne lui posera pas des questions à la porte, ni dans le conseil des sages.

Ils doivent conserver le mystère de la foi dans une bonne conscience. Cela signifie ni plus ni moins que, dans tout ce qu’ils font, ils doivent avoir une conviction intérieure que ce qu’ils font est juste devant la face de Dieu. Ce petit verset renferme beaucoup de choses. Si on veut garder une conscience pure dans le ministère, on doit être prêt à supporter le mal. Il faut qu’il s’habitue à considérer l’opprobre de Christ comme un honneur et une marque de considération. Le mal ne peut pas être vaincu par le mal, mais il peut être vaincu par le bien ; car un démon ne peut pas chasser un démon.

Pour un serviteur de l’assemblée, il ne suffit pas que la forme de doctrine soit juste. Jésus pouvait dire des pharisiens qu’il fallait faire ce qu’ils disaient, mais ne pas agir selon leurs œuvres. L’apôtre loue Timothée d’avoir suivi son enseignement, c’est-à-dire qu’il avait suivi la doctrine, il avait marché selon elle. De cette façon, il avait appris à connaître la doctrine qui était de Dieu. 2 Ti. 3, 10. C’est pourquoi il ajoute : ma conduite. Si on suit la doctrine, il en résulte une conduite apostolique dans l’assemblée. Tu as suivi mes résolutions. Quelles nobles motivations Paul n’avait-il pas ! Timothée les avait suivies. On peut comprendre par là avec quel soin l’apôtre suivait les choses de près.

Tu as imité ma foi. Combien la foi de l’apôtre était inébranlable jusqu’à la mort, et combien toutes ses œuvres étaient fermes et solides dans cette foi ! Quelle fermeté il a manifestée dans sa conduite dans l’assemblée. Le bon plaisir de Dieu reposait sur tout.

Tu as imité ma longanimité, mon amour, ma patience.

Qui peut prétendre être pur à cet égard ? Qui peut dire : J’ai imité l’apôtre dans la longanimité, l’amour et la patience ? On attend beaucoup de choses d’un serviteur du Seigneur dans sa conduite dans l’assemblée du Dieu vivant. L’amour est patient, il supporte tout. Si nous aimons l’assemblée de Dieu, nous supportons tout pour son bien-être. L’amour espère tout. On espère qu’il ressortira quelque chose du plus retors et du plus estropié. C’est pour cela qu’on fait preuve de patience et de longanimité. Si on oppose la dureté à la dureté, et qu’on exige l’obéissance parce qu’on est serviteur, on est presque comme un seigneur et un dominateur. Ce n’est pas ainsi qu’on doit se conduire dans la maison de Dieu ; on doit bien plutôt être un modèle pour le troupeau. 1 Pi. 5, 3.

Tu m’as suivi dans mes persécutions et mes souffrances. De quelle vie divine cette conduite ne s’accompagne-t-elle pas ! Comme les assemblées fleuriraient et prospéreraient si cet entendement divin pouvait régner ! Si les serviteurs de l’assemblée se conforment à cette consigne, ils seront tout naturellement considérés et honorés dans l’assemblée. C’est d’abord le serviteur de l’assemblée qui doit entretenir cette bonne relation, de sorte qu’il soit un modèle, et toute l’assemblée suivra d’une façon tout à fait naturelle et simple. Nous voyons dans l’histoire d’Israël que si les rois étaient impies, ils entraînaient le peuple derrière eux ; mais s’ils étaient pieux, ils entraînaient tout le peuple dans la même direction.

Les serviteurs de l’assemblée doivent d’abord être mis à l’épreuve et s’ils sont fidèles, ils peuvent servir dans l’assemblée, s’ils sont irréprochables. On ne peut pas considérer un frère relativement jeune comme un serviteur de l’assemblée dans le sens biblique du terme simplement parce qu’il parle bien et sait utiliser des versets. Il faut d’abord qu’il soit mis à l’épreuve, et il faut qu’il ait fait ses preuves avec fidélité. C’est une erreur de la part des amis d’un certain âge si – sans mise à l’épreuve – ils s’en remettent directement à ce qu’un jeune serviteur du Seigneur inexpérimenté ordonne et conseille de faire. Chacun doit réfléchir et examiner ce qui est dit. Si chacun laisse ainsi la paix et l’amour de Christ régner, cela ira bien, qu’on soit collaborateur de Dieu ou qu’on se trouve être le champ de Dieu.