Une sainte haine

avril 1922

Une sainte haine

Peut-on haïr dans le Saint-Esprit ? Oui, aussi fort que la mort elle-même. La haine ne se porte pas sur la personne, mais sur le péché et sur les enseignements qui mènent au péché, ainsi que sur notre vie propre.

L’enseignement de Christ ne peut pas être fondé sur des sentiments. C’est un sentiment béni d’avoir le pardon des péchés. C’est un sentiment magnifique de recevoir le Saint-Esprit comme conducteur et guide. Mais les sentiments sont moins agréables quand l’Esprit nous conduit contre nos ennemis, contre notre vie propre, vers la croix, vers des actes d’obéissance. On se réjouit aussi longtemps que Dieu donne, et aussi quand on parle de toutes les promesses de Dieu ; mais dès que Dieu attend de nous la moindre chose, on fait grise mine et on perd courage, et si quelqu’un témoigne de l’obéissance de la foi, on le met à la porte en l’accusant d’être un « esclave de la loi ». On a donc de la haine pour les œuvres justes de la foi, pour la mort à notre propre vie et pour toute doctrine qui mène à la piété. Cela n’est pas une sainte haine, et de ce fait nombreux sont ceux qui faillissent, et malgré cela on est très étonné quand ils faillissent.

La sainte haine se porte sur le péché et sur la vie propre. Elle se porte sur la fausse doctrine, sur l’inimitié contre la croix, sur les actions du corps, et on hait même la tunique souillée par la chair.

S’il y avait plus de cette haine efficace parmi les croyants, le nom de Dieu serait moins blasphémé par les incroyants. Mais quand les évangélistes chassent les docteurs hors de l’assemblée et se targuent d’être « hommes à tout faire », le résultat est ce que nous voyons de nos jours. On ne se moque pas de Dieu.

Il fut un temps où on sonnait de la trompette pour annoncer que le feu brûlait à Skien, puis qu’il était tombé à Sarpsborg, que des personnes avaient été baptisées de feu ici, ou là.

Celui que le feu de Dieu touche vraiment ne le fait pas annoncer à grands coups de trompette. Il souffre en silence, honteux de lui-même – il n’a pas envie que d’autres se mêlent des affaires intérieures de son cœur. Il se hait lui-même, d’une haine sainte et divine, il est attristé sur lui-même. Sonner de la trompette pour dire qu’on a été baptisé de feu, ce serait comme danser à un enterrement. Mais le fait est qu’on ne sait pas ce qu’est le baptême du feu, on pense plus ou moins que c’est un degré supplémentaire dans la gloire et la jouissance. L’Écriture dit que si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifiés avec lui. Si nous souffrons comme Jésus, quand nous sommes tentés, il peut être question de vaincre. Mais les gens préfèrent habituellement pécher, plutôt que de souffrir.

Il s’avère que le péché est tapi à notre porte et que ses désirs se portent sur nous. Que c’est stupide alors de s’imaginer que le péché a été ôté de la chair, et d’en convaincre aussi les autres ! Non ! il n’est pas ôté, et la doctrine qui prétend qu’il a été ôté vient de Satan et mène les gens à la corruption. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. 1 Jn. 1, 8. Qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous aurez une responsabilité plus lourde. Nous ne combattons pas contre ceux qui tombent, car il faut laisser la possibilité aux déchus de se relever ; nous voulons plutôt prier pour eux et les aimer. Mais nous voulons adresser des paroles sévères à l’égard des dirigeants qui prétendent être debout, et qui veulent enseigner le peuple de Dieu, former des assemblées, tout en mettant en garde contre le chemin de la croix et la parole de la croix.

Je sais que dans ma chair n’habite rien de bon, que l’on soit baptisé de l’Esprit ou non. Bien au contraire, la loi du péché habite dans mes membres, et si nous ne sommes pas vigilants, elle peut nous mener à toutes sortes de péchés. Ro. 7, 23. Ja. 1, 14. Ja. 4, 1.

Je voudrais recommander que l’on lise un peu plus de ce qui est écrit à propos du péché dans la chair, sans fermer les yeux aux vérités qui concernent ces choses très sérieuses.

En fin de compte, peut-être est-ce le plus grand amour de dire la vérité de telle manière qu’on se fait des ennemis.