L’humilité
Une compassion ou un amour condescendants sont une abomination pour Dieu, bien que les hommes en disent du bien ; en effet, celui qui les manifeste garde sa dignité.
Mais la compassion qui découle de l’amour pour Dieu, et qu’on exerce sous la forme d’un serviteur, est agréable à Ses yeux. Où trouve-t-on la pureté intérieure, qui fait qu’on ne recherche rien pour soi dans ce qu’on fait ? Où trouve-t-on quelqu’un qui préfère être en honneur auprès des petites gens ? Et où trouve-t-on quelqu’un qui est mort au désir de plaire aux autres selon la chair ?
Certaines personnes se comparent socialement et spirituellement aux autres, pour mesurer leur propre grandeur. Ce n’est que sur les sentiers de l’humilité qu’on trouve la pauvreté en esprit et une opinion modeste de soi-même. Mais si on estime soi-même qu’on est humble, la conscience qu’on a ainsi de sa propre vertu amène l’âme à se sentir grande du fait de son humilité.
On peut avoir l’impression d’être petit à ses propres yeux ; mais dès qu’on a le sentiment qu’on l’est aux yeux des autres, la nature humaine, blessée, proteste d’être traitée de cette manière. A-t-on alors vraiment été petit à ses propres yeux, quand on ne supporte pas ce genre de mise à l’épreuve ?
L’humilité pure et profonde amène l’âme à ne rien trouver en elle-même à quoi elle puisse rattacher le moindre honneur.