Il faut consoler les affligés de Sion

mai/juin 1921

Il faut consoler les affligés de Sion

Dieu dit à propos du Messie : Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai. Et le Messie répond : C’est en vain que j’ai travaillé, c’est pour le vide et le néant que j’ai consumé ma force ; mais mon droit est auprès de l’Éternel, et ma récompense auprès de mon Dieu. És. 49, 3-4.

On peut se demander à qui le Fils a donné raison, quand il marchait ici-bas. Qui l’a compris ? Qui a foulé au pressoir avec lui ? Qui l’a consolé quand il rencontrait de l’opposition de tous côtés ? Il devait avoir l’impression que tout son travail était en vain et que c’était pour le vide et le néant qu’il avait consumé sa force.

Si nous voulons suivre le Maître et ne pas parler pour plaire aux hommes, mais pour les mener au salut, ne ferons-nous pas nous aussi le même type d’expérience ? Si, certainement ! On peut travailler en vain. On rejette les vérités les plus évidentes, car on n’y prend pas goût. On consume sa force pour le vide et le néant. Sion dit : L’Éternel m’abandonne, le Seigneur m’oublie ! Mais le Messie avait-il vraiment travaillé en vain ? Non, car son droit était auprès du Seigneur. Ainsi parle l’Éternel : Au temps de la grâce je t’exaucerai, et au jour du salut je te secourrai ; je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, pour relever le pays, et pour distribuer les héritages désolés. Verset 8.

Combien n’y a-t-il pas d’héritages désolés sur les voies intérieures ! Le Messie se les est appropriés quand en apparence il consumait sa force pour le vide et le néant. Maintenant, il distribue ces héritages à ses élus, qui suivent l’Agneau partout où il va. Aucun animal sauvage ne peut atteindre ces héritages, car ce pays se trouve au-delà du voile. Tous ceux qui commettent des abominations et qui profèrent des mensonges doivent se tenir à l’extérieur. Ils ne parviennent même pas au voile – et encore moins à l’héritage des saints dans la lumière – à l’intérieur. Qui y parvient ? Qui est appelé ? Dis aux captifs : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez [à la lumière, autre trad.] ! Ils paîtront sur les chemins, et ils trouveront des pâturages sur tous les coteaux. Verset 9.

C’est à celui qui se sent vraiment captif qu’est adressé l’appel : Sors ! Et à celui qui est vraiment appesanti par les ténèbres qu’il est dit : Parais à la lumière ! Eux sont appelés à paître sur les chemins. On trouve de la nourriture pendant que l’on marche. Bien que ce chemin soit étroit et que peu nombreux sont ceux qui le trouvent, nous voyons que le Messie nous y a précédés et nous a laissé de la nourriture en abondance le long du chemin. Il y a beaucoup de coteaux qui n’ont presque jamais été visités par des hommes, mais qui fournissent de la nourriture en abondance pour tous ceux qui y parviennent. Le Messie a laissé des réserves de nourriture sur cette route nouvelle et vivante.

Ils n’auront pas faim et ils n’auront pas soif ; le mirage et le soleil ne les feront point souffrir ; car celui qui a pitié d’eux sera leur guide, et il les conduira vers des sources d’eaux. Je changerai toutes mes montagnes en chemins, et mes routes seront frayées. Versets 10 et 11.

Isaac savait creuser des puits et trouver des sources d’eaux ; mais les Philistins et les bergers de Guérar lui ont volé ses puits. Ge. 26, 18. Ici, à l’intérieur, il n’y a pas de bergers de Guérar, ni de Philistins ; ils ont tous été mis à mort au cours de la conquête de ce pays magnifique de Canaan. Ici, on peut garder ses puits pour soi-même ; on peut boire l’eau de son propre puits. C’est le Seigneur lui-même qui veut nous conduire à ces magnifiques sources d’eaux. Le mirage et le soleil ne nous brûleront plus. Sur la route qui menait à ce pays, le soleil de justice a consumé toute la paille, le bois et le chaume. C’est de l’or, de l’argent et des pierres précieuses qui miroitent dans ses rayons glorieux. Les pieds qui avaient été blessés et brûlés par le sable chaud ont été guéris. Les grandes montagnes, les grosses difficultés, sont devenues des chemins. Le Messie nous a précédés et a frayé la voie.

On peut s’étonner de ce qu’il nous a préparé un pays aussi glorieux et que personne ne voulait l’accompagner, quand il a conquis ce pays béni pendant les jours de sa chair. Mais ce sont les Écritures qui s’accomplissent, puisqu’elles disent qu’un seul viendra à Sion d’une ville, et un autre d’un peuple. Il n’y a que quelques personnes à chaque époque qui entrent dans ce pays. Ils sont des milliers à en parler, mais très peu à l’atteindre.

Le Seigneur exauce maintenant les prières, car les voici, ils viennent de loin, les uns du septentrion et de l’occident, les autres du pays de Sinim. Verset 12.

Cieux, réjouissez-vous ! Terre, sois dans l’allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l’Éternel console son peuple, il a pitié de ses malheureux.

Cette terre et ces montagnes – derrière le voile – ont été laissées à l’abandon depuis des temps immémoriaux. Maintenant, on vient du septentrion et de l’occident, et du pays de Sinim. Il y a maintenant des personnes qui ont aimé la croix et qui l’aiment. Il y a maintenant des personnes qui considèrent l’opprobre de Christ comme la plus grande des richesses. Toutes ces personnes, de toutes les familles, de toutes les époques, viennent pour prendre possession de ce pays béni. Elles seront glorifiées avec le Messie, car elles ont souffert avec lui. Toute opposition est écrasée ; les puissances et les dominations ont été vaincues sur la croix. La croix interdit à la mondanité et à la méchanceté d’accéder à ce pays. Seuls la croix et l’amour pour la vérité y donnent accès.

Tes fils accourent ; ceux qui t’avaient détruite et ravagée sortiront du milieu de toi. Porte tes yeux alentour, et regarde : Tous ils s’assemblent, ils viennent vers toi. Je suis vivant ! dit l’Éternel, tu les revêtiras tous comme une parure, tu t’en ceindras comme une fiancée. Versets 17 et 18.

Le Messie est maintenant récompensé pour la peine qu’il s’est donnée dans son travail. Tous ceux qui auront amassé [des trésors] avec lui sur les voies intérieures recevront aussi leur salaire et leur joie avec – et dans – leur bien-aimé Sauveur. Ce sont des membres de son corps. Ils sont chair de sa chair et os de ses os ; car ils forment l’Épouse.

Dans tes places ravagées et désertes, dans ton pays ruiné, tes habitants seront désormais à l’étroit ; et ceux qui te dévoraient s’éloigneront. Ils répéteront à tes oreilles, ces fils dont tu fus privée : L’espace est trop étroit pour moi ; fais-moi de la place, pour que je puisse m’établir. Versets 19 et 20.

Certains diront : hé, tu te trompes lourdement ; tout cela concerne le rassemblement du peuple juif dans son pays – le pays d’Israël, qui a maintenant été délivré du joug des Turcs.

C’est vrai ; c’est un pays que l’on peut voir et toucher, que nos pieds peuvent fouler, un pays dont on peut fixer les frontières. Mais de même que ce pays existe, il y a aussi son équivalent, un « pays de Canaan céleste ». Il y a une Jérusalem d’en bas, mais il y a aussi une Jérusalem d’en haut. Nous parlons de la Jérusalem et du pays de Canaan d’en haut, car c’est là notre mère et notre pays. À partir de là, que ceux qui s’intéressent au pays qui se trouve entre la mer Morte et la Méditerranée en parlent comme ils trouvent bon de le faire.

Tout comme le pays d’Israël a été laissé à l’abandon, notre Canaan céleste est aussi resté à l’abandon et a été inhabité. Mais il va maintenant être peuplé. Ce sont tous ceux qui ont cherché ce qui est en haut qui vont l’habiter. Ce pays était stérile quand Jésus de Nazareth y a pénétré. Mais maintenant, l’espace va devenir trop étroit. Il va falloir étendre les frontières. Ses destructeurs se seront éloignés. Ceux qui avaient du dégoût pour le Messie dans son abaissement seront loin. Cf. verset 7. Ceux qui avaient méprisé le chemin qui mène à ce pays magnifique ne le verront pas. Le chemin passait par l’abaissement, c’est pourquoi on ne l’a pas supporté et c’est pour cela qu’on n’a aucune estime pour lui. Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux leur appartient. Ceux qui sont riches, puissants et rassasiés trébuchent sur ce chemin ; ils n’arrivent jamais au but.

Et tu diras en ton cœur : Qui me les a engendrés ? Car j’étais sans enfants, j’étais stérile. J’étais exilée, répudiée : qui les a élevés ? J’étais restée seule : ceux-ci, où étaient-ils ? Verset 21.

Eh bien, c’est la récompense du Seigneur. À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, et il se chargera de leurs iniquités. C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, et qu’il a intercédé pour les coupables. És. 53, 11-12.

Tout homme qui se livre lui-même à la mort sur ces voies intérieures recevra en Christ sa part avec les grands et partagera le butin avec les puissants. C’est à Lui que nous appartenons ; mais en lui, nous nous appartenons les uns aux autres, dans les relations de pères et d’enfants dans lesquelles Dieu nous a placés.

Il est bon de chercher son droit auprès de l’Éternel. Si on est à l’étroit et qu’on se donne beaucoup de peine, si on sème avec larmes, si nous suscitons le dégoût et le rejet du peuple, si nous n’avons pas d’enfants, si nous travaillons apparemment en vain, sachons que le Messie a dû nous précéder sur ce chemin. Vois l’énorme récompense qu’il a eue pour son travail fidèle. Que cela soit une consolation pour toi, quand tout semble être sans espoir. Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices ; ils se prosterneront devant toi la face contre terre, et ils lécheront la poussière de tes pieds, et tu sauras que je suis l’Éternel, et que ceux qui espèrent en moi ne seront point confus. Verset 23.

L’Ecclésiastique dit d’Ésaïe : Sous une puissante inspiration, il vit les temps à venir, et consola les affligés dans Sion. Ecclésiastique 48, 24.

Reste silencieux, tourne-toi vers l’intérieur, confie-toi au Seigneur et attends de lui ta récompense. Fais ton œuvre devant sa face, et la bénédiction ne pourra pas faire défaut. Prends garde de ne pas sonner de la trompette à propos de toutes tes œuvres. C’est Dieu qui doit être honoré pour ce qu’il produit en nous ; à partir de là, c’est donc l’affaire de Dieu de nous honorer ou non, car seul celui que Dieu honore est trouvé digne. Ne sois pas aveuglé par les dons, car la vie n’est pas dans les dons, mais dans celui qui donne. Sache qu’une vie parfaite est pleine à ras bord de grâce et de dons. Recherchons donc plus de ce qui est parfait, emparons-nous du royaume de Dieu avec violence !

La sagesse pousse celui qui est intelligent à se taire ; mais la folie est comme une femme bruyante. Beaucoup de bruit, peu d’effets. Tout a été créé par la parole de Dieu ; sans elle, il n’y aurait pas le moindre infime bout de tout ce qui existe. La Parole vient à nous dans le silence et nous transforme de l’état d’homme pécheur et naturel, pour devenir un homme de Dieu. Quel grand travail – mais qui se fait de manière tellement silencieuse ! Apprenons à nous taire. Sois avare de paroles, car la plupart du temps ce sont des ordures. Parle quand l’Esprit t’y pousse, et mets un terme à ton discours quand l’Esprit arrête d’agir. Cela fera disparaître toute sécheresse. Les hommes n’ont pas besoin de tout ce que nous savons, mais ils vivent de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Tais-toi avec tous les principes doctrinaux, quand ce n’est pas l’Esprit de Dieu qui te pousse ; mais quand nous ressentons l’onction de l’Esprit et qu’il nous pousse, prenons de ce que nous avons, que ce soit des choses nouvelles ou anciennes.