Ce qu’accomplit la loi de l’Esprit de vie

avril 1921

Ce qu’accomplit la loi de l’Esprit de vie

En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Ro. 8, 2.

Il est question ici de trois lois : 1) la loi de l’esprit de vie, 2) la loi du péché et 3) la loi de la mort. La loi de l’Esprit de vie est la plus forte, car elle peut affranchir de la loi du péché et de la mort.

La loi du péché pousse l’impie à pécher. Les passions dans le corps font valoir leurs exigences, et l’entendement obéit à la convoitise. La convoitise conçoit et engendre le péché. Dès qu’un homme a péché, le jugement se manifeste ; si on ne se conforme pas au jugement de Dieu, mais qu’on le repousse, on finit par avoir une conscience morte pour ce qui est de ce péché. Le péché est consommé et on devient la proie de la loi de la mort. On est mort dans ses transgressions et ses péchés.

L’homme impie commet ses péchés comme si c’était un acte banal de la vie quotidienne – il n’a pas d’états d’âme dans sa conscience. Ce n’est que s’il fait un pas de plus dans le péché que la conscience s’éveille à nouveau. S’il ne reçoit pas le châtiment pour ce péché-là non plus, il pénètre plus profondément dans la mort. Il progresse toujours dans l’impiété. Il faut bien noter que l’entendement (la volonté) participe toujours à l’impiété et l’approuve ; c’est cela qui amène la condamnation.

Le corps qui péchait selon la loi du péché et de la mort est appelé « le corps de la chair ». Col. 2, 11.

On s’en dépouille par la circoncision de Christ et on est enseveli avec lui dans le baptême. Ce corps de la chair est aussi appelé incirconcision. La circoncision dans l’ancien Israël consistait à enlever le prépuce ; pour l’Israël de la nouvelle alliance, il est question de la circoncision du cœur.

La loi de l’Esprit de vie a un effet de persuasion sur notre entendement. Si on l’écoute et qu’on lui obéit, on est conduit à Christ, le serviteur de la circoncision. Il veut circoncire notre cœur et nous délivrer du corps de la chair (le corps qui se mettait à disposition du péché comme son instrument). La loi du péché cesse d’agir, car on sert la loi de Dieu avec son entendement. Ro. 7, 25. Une conséquence est qu’il n’y a plus de condamnation de l’entendement, car il est en Jésus-Christ. Ainsi s’accomplit ce qui est écrit : Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Ro. 8, 1.

Mais on se trompe lourdement si on en conclut que la loi du péché dans les membres a été ôtée, comme beaucoup de gens l’enseignent, à ma connaissance. Le péché est toujours tapi à la porte (dans les membres) ; mais j’ai reçu de la force pour dominer sur lui. C’est justement à cause de cela qu’il n’y a pas de condamnation. À l’instant même où nous relâchons le péché, la condamnation se fait de nouveau valoir. C’est pourquoi il est dit : si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, etc. Hé. 10, 26.

Par la loi de l’Esprit de vie, nous devons maintenir crucifiée la chair avec ses passions et ses désirs. Tout comme nous avons triomphé la première fois de la loi du péché et de la mort par cette loi, nous devons continuer à neutraliser les convoitises dans la chair par cette même loi. C’est-à-dire fuir la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. 2 Pi. 1, 4.

La loi de l’Esprit de vie se fait incisive et repousse de plus en plus les convoitises dans les membres. Il en va pour nous comme il en allait pour Israël, quand ils sont entrés dans le pays : ils ont été conduits vers leurs ennemis. La loi de l’Esprit de vie nous conduit à la corruption dans notre propre chair ; nous la condamnons et nous sommes de plus en plus intimement liés à la loi de l’Esprit de vie. De cette manière, ce qui était vrai en Jésus-Christ devient aussi vrai en nous : le péché a été condamné dans la chair, avant d’être commis. Voir Ro. 8, 3. Il n’y a pas de condamnation [pour nous] dans ce processus ; bien au contraire, c’est un grand honneur que l’on choisisse de souffrir dans la chair, plutôt que de pécher. De cette manière, la loi de l’Esprit de vie pénètre de plus en plus profondément dans le corps. On va de lumière en lumière, de force en force, de gloire en gloire. Mais il faut de la fidélité dans toute cette lumière et dans tout ce jugement. C’est de cette manière que le chemin à travers le voile, sa chair, est frayé, et toute la plénitude de la divinité prend de plus en plus habitation dans notre corps. Comme c’est beau ! Comme c’est glorieux ! Comme c’est béni ! Nous, pauvres humains, nous sommes l’objet d’un travail tellement profond et d’un amour tellement vaste ! Puissions-nous en retour avoir un entendement humble et être fidèles à cette loi de l’Esprit de vie, pour que nous soyons en son jour un sujet de gloire pour Christ !