Où sont les serviteurs fidèles et prudents ?

mars 1921

Où sont les serviteurs fidèles et prudents ?

Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ et des administrateurs des mystères de Dieu. 1 Co. 4, 1.

Qui, de nos jours, peut prétendre être administrateur des mystères de Dieu ? Qui peut dire : Soyez mes imitateurs, comme je le suis de Christ ? S’il existe de tels administrateurs, ils méritent d’être écoutés, car ils sont aptes à être des serviteurs dans l’assemblée du Dieu vivant.

Du reste, ce qu’on demande des administrateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle.

Je suis convaincu que s’il y a une chose qui manque à notre époque, ce sont bien des administrateurs des mystères de Dieu. Pour pouvoir administrer ces mystères, il faut d’abord les posséder soi-même. Dieu ne confie pas ses mystères à n’importe qui. Même les gens ne confient pas leurs secrets à tout un chacun. Pour être en mesure d’administrer ces mystères de Dieu, il faut en posséder soi-même une grande quantité, pour être en mesure de distribuer ces mystères à bon escient, à celui qui en a besoin et au temps propice.

Jésus dit : C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera occupé de la sorte. En vérité, je vous le dis, il l’établira sur tout ce qu’il possède. Mt. 24, 44-47.

Jésus évoque ici les derniers temps. Nous avons toutes les raisons de penser que nous sommes arrivés à ces derniers temps. Mais qu’en est-il de l’administration des mystères de Christ ? Pratiquement tous les prédicateurs s’adressent aux pécheurs, car ils n’ont rien à donner aux enfants de Dieu. Ils ne savent même pas qu’il existe quelque chose qui s’appelle les mystères de Christ, si ce n’est qu’ils ont lu des passages où il en est question. Tout cela se trouve dans un état bien affligeant. On peut fort bien être prêtre, pasteur, prédicateur, ou porter n’importe quel autre titre, et se trouver dans une assemblée de morts. Pr. 21, 16. Mais la position qu’on aura occupée ne servira pas à grand-chose lorsque Christ sera manifesté, si l’on n’a pas été un fidèle administrateur des mystères de Dieu. Même si, sans l’avoir été, on peut être sauvé, on ne recevra pas de salaire pour l’œuvre qu’on aura accomplie. Elle n’aura été qu’un gagne-pain, et on aura donc déjà eu son salaire ici-bas, exactement comme un cordonnier ou un forgeron qui perçoivent un salaire pour leur travail.

Nous ne voulons pas reprocher à quelqu’un de ne pas posséder les mystères de Dieu sans lui montrer comment faire pour les trouver. Lis 1 Ti. 3, 16 :

Et il faut avouer que le mystère de la piété est grand : celui qui a été manifesté en chair, justifié en Esprit, est apparu aux anges, etc. Ce mystère est appelé le mystère de la piété. C’est donc possible d’avoir part aux mystères de Christ par la piété. Ce mystère concerne en tout premier lieu : Christ manifesté en chair. Ce n’est que par la piété que la vie de Christ peut être manifestée en chair. Nous avons certainement tous vu des personnes religieuses, de quelque dénomination qu’elles soient, qui par leur conduite, leur habillement, et tout leur comportement, peut-être la pipe à la bouche, sont tellement proches du monde que Christ est très loin d’être manifesté en chair à travers elles. Mais nous avons aussi vu de temps en temps une personne, une parmi des milliers, en qui la stature de Christ a été manifestée plus nettement que ce n’est généralement le cas. C’est à ce genre de personnes qu’il faut s’adresser si l’on veut s’entretenir de choses spirituelles profondes. Mais il faut veiller à ne pas se tromper, car au prix d’années d’hypocrisie, certains ont réussi à porter un masque qui peut facilement induire en erreur. Une personne [de vraie piété] rayonne de la connaissance de Christ. Ce qu’elle possède, elle l’a acquis par l’obéissance et la fidélité. Un jour, elle a trouvé sa consolation dans le fait que Jésus a dû lui aussi renoncer à lui-même et s’abaisser. Elle a alors rencontré son Sauveur fidèle comme son égal dans l’abaissement, l’obéissance et le renoncement à soi-même. Que c’est grand ! C’est cela, Christ manifesté en chair. Où le prédicateur prestigieux place-t-il Jésus ? À des milliers de kilomètres au-dessus des nuages. Celui qui est humble et pauvre, quant à lui, l’a à sa droite, manifesté en chair. Car il se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui le condamnent. Ps. 109, 31.

Ni les écoles de théologie, ni l’éloquence, ne peuvent donc communiquer à une âme la connaissance des mystères de Christ. Seule la piété en est capable.

Il faut donc que les administrateurs des mystères de Christ soient des hommes pieux. Il est d’ailleurs tout à fait évident que Dieu ne charge personne d’autre que ceux-là de donner à ses gens la nourriture au temps convenable. C’est le peuple de Dieu, qui a besoin de nourriture. Les pécheurs, eux, ont besoin de pardon. Nombreux sont ceux qui prêchent aux pécheurs, mais combien donnent de la nourriture ??

Pour ce qui me concerne, quand le temps est venu où j’avais besoin de nourriture, on ne m’a donné que des coups et des blessures. Personne ne m’a donné de la nourriture spirituelle. J’étais jeune et affamé, et j’ai cherché à droite et à gauche pour voir si je pourrais trouver au moins une personne qui pourrait me comprendre, mais je n’ai trouvé personne. Les prédicateurs étaient les plus acharnés à me chasser. Mais loué soit Dieu, il ne m’a pas délaissé ! Il m’a conduit à travers le feu et l’eau, pour que je me purifie. Ensuite, l’Esprit de Dieu a commencé à éclairer mon être intérieur, et en l’espace de deux mois environ, j’étais devenu comme un étranger pour les enfants de ma mère. Il n’y avait plus de place pour moi ni dans le cœur des prédicateurs, ni dans leurs assemblées. Mais il m’est arrivé la même chose qu’à l’aveugle-né : dans la rue, j’ai rencontré Jésus. Là, en dehors de tout parti religieux, je l’ai rencontré quotidiennement. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit écrit : Sortons donc hors du camp pour aller à lui. Il est bien vrai qu’il ne nous laisse pas orphelins, même si nous ne pouvons donner à aucun homme en chair l’honneur d’être notre père spirituel.

Si tu veux apprendre de l’Esprit, dispose ton âme aux épreuves, écoute et obéis. Deviens calme dans ton esprit. Laisse la gloire ou l’opprobre siffler à tes oreilles comme si cela ne te concernait pas. Charge-toi chaque jour de ta croix, et si tu as reconnu une vérité, défends-la l’épée à la main. Ne fais pas acception de personnes, et ne place pas ta confiance dans les pasteurs et les prédicateurs. La plupart d’entre eux se laissent embaucher pour une somme d’argent. Le salut de ton âme a plus de valeur que les affaires qu’ils font en s’occupant des âmes.

Heureux celui qui, lorsque Jésus-Christ reviendra, sera trouvé en train de donner de la nourriture au temps convenable aux disciples du Seigneur. Nous avons besoin de nourriture, et non de longs sermons. Nous avons besoin de brebis qui soient en mesure d’allaiter ; nous avons besoin de prédicateurs qui puissent transmettre au peuple de Dieu des valeurs spirituelles. Mettons un terme à toutes ces « histoires de tous les jours ». Qu’est-ce que cela peut faire au peuple de Dieu de savoir comment le prédicateur se gave « jour après jour » de l’ignorance des gens ? S’ils avaient reçu un peu de lumière de Dieu, ils placeraient de tels personnages importants au dernier banc, en leur demandant de se convertir de tout leur orgueil. Et à la grande surprise des foules, cela se produira un jour ; beaucoup de ceux qui auront été les premiers deviendront les derniers.

Le temps est venu où le jugement doit commencer par la maison de Dieu, car il est écrit : Jugez ceux du dedans ; pour ceux du dehors, Dieu les jugera.

Si tu es sauvé du péché, tu es à la merci de toutes sortes de hasards, si tu n’as pas toi-même une oreille pour entendre. Le prédicateur ne sait en effet lui-même rien du salut par la vie de Christ, Ro. 5, 10 ; comment pourrait-on alors attendre de lui qu’il donne aux autres ce qu’il n’a pas lui-même ?

Si tu fais des tournées pour prêcher et que tu fais l’éloge de toutes les belles salles neuves dans lesquelles tu entres, que tu glorifies tous ceux qui t’invitent, et que tu te gaves de ta propre glorification parce que les foules ont confiance en toi, dans leur foi aveugle en l’autorité, sache que c’est la valeur de la nourriture que tu donnes aux agneaux qui décidera de ta véritable grandeur au jour du Seigneur. Dès maintenant, beaucoup de gens commencent à y voir clair sur ce qui est de la nourriture et ce qui n’est que des histoires. Ils ne sont pas dupes quand tu te vantes et quand tu fais rire l’assemblée pour jouir de l’effet de tes paroles, à la satisfaction de la chair. Loué soit Dieu ! le char du salut avance et de plus en plus de personnes rejoignent le groupe de ceux qui se purifient dans ces temps de la fin. Pour de telles personnes, les plaisanteries éculées du prédicateur ne sont que des brindilles qui brûlent. Elles connaissent des choses qui ont plus de poids, qui sont meilleures et qui pèsent lourd dans la balance.

Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit à l’Église.