L’Assemblée de Christ et le peuple du Seigneur

octobre 1921

L’Assemblée de Christ et le peuple du Seigneur

Mon peuple, sois attentif ! Ma nation (mon assemblée, autre trad.), prête-moi l’oreille ! Car la loi sortira de moi, et j’établirai ma loi pour être la lumière des peuples. És. 51, 4.

Le peuple du Seigneur doit être attentif, mais l’Assemblée doit lui prêter l’oreille. Note bien la différence. La loi sortira de lui, pour être donnée à son peuple ; mais dans l’Assemblée, il veut établir sa loi pour être la lumière des peuples. L’Assemblée est son corps, une partie de lui-même ; mais le peuple du Seigneur, qui vit par la loi qui sort de lui, n’appartient pas au corps en tant que corps, mais en tant que propriété. Tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés. Ro. 11, 27.

À l’Assemblée, il n’a pas seulement été donné une alliance pour ôter le péché qui est en dehors du corps, une alliance pour la purification de la chair ; il lui a été donné une alliance pour ôter même le péché dans la chair – une alliance pour ôter le corps du péché, c’est-à-dire la racine du péché, et en être sauvé. Ro. 6, 6. Le peuple du Seigneur est sauvé de la souillure et de l’impureté de la chair ; mais l’Assemblée est même sauvée de la souillure et de l’impureté de l’esprit. Le peuple du Seigneur est sauvé par la mort de Jésus ; l’Assemblée est sauvée par sa vie. Ro. 5, 10. Le peuple du Seigneur a reçu le pardon de ses péchés ; l’Assemblée a été baptisée dans un seul Esprit, pour former un seul corps. Le peuple du Seigneur a été sauvé de l’Égypte et du Pharaon ; l’Assemblée est sauvée du désert et de l’esclavage. Elle a traversé le Jourdain et est entrée dans le pays.

Le peuple du Seigneur regarde à Jésus sur la croix, comme Israël regardait au serpent d’airain ; l’Assemblée est crucifiée avec lui. L’Assemblée est conduite et dirigée par ce qu’elle entend, alors que le peuple de Dieu est dirigé par une loi qui vient de l’extérieur. L’Assemblée a la loi au-dedans d’elle-même, elle est chair de sa chair et os de ses os. Elle est l’Épouse. Ép. 5, 30.

C’est la relation personnelle que nous avons avec Christ qui fait que nous faisons partie soit du peuple du Seigneur, soit de l’Assemblée. Un seul et même homme peut être le père de l’un, le frère d’un autre, l’ami d’un troisième, le maître d’un quatrième, etc. Il en est de même de Christ. Est-il ton Époux ou ton ami ? Est-il ton maître, et es-tu son esclave obéissant ? Ou bien es-tu son affranchi, et sa loi est-elle ton plaisir ?

Il est difficile de parler et d’écrire clairement à ce sujet, c’est pourquoi il y a des centaines de manières de déformer ce qui est écrit à ce propos ; mais il n’en est pas moins vrai qu’il y a une différence – la question est seulement de savoir si on est soi-même en mesure de faire la différence.

L’Assemblée a un chemin devant elle, une route nouvelle et vivante au travers du voile, qui est sa chair. Le peuple du Seigneur a Jésus devant lui, comme victime expiatoire pour le péché. L’Assemblée a le corps lavé d’une eau pure et continue à se purifier sur les voies intérieures – à l’intérieur du corps – du péché dans la chair que nous avons hérité de nos pères. Le peuple du Seigneur sert dans le tabernacle, et est purifié des fruits du péché qui habite dans la chair, sans pour autant arriver à anéantir le corps du péché.

Une chose est de s’imaginer qu’on fait partie de l’Épouse ; c’en est une tout autre d’en faire réellement partie. L’Épouse suit l’Agneau partout où il va, à travers le feu et l’eau, à travers les souffrances et les tribulations. Le baptême de l’Esprit procure une vraie jouissance ; mais combien y a-t-il de personnes qui supportent le baptême du feu ? L’Esprit accorde la grâce de supporter le feu. Le baptême du feu est le baptême de la justice, alors qu’on peut dire que le baptême de l’Esprit est le baptême de la grâce. C’est pourquoi le baptême de l’Esprit peut venir en un instant, alors que le feu agit comme un processus. Le feu mène à la communion des souffrances, et consume le corps du péché, le péché dont on a hérité et qui habite dans la chair.

C’est dans le corps que l’Épouse se prépare. C’est pourquoi elle est cachée, et on ne peut pas la montrer du doigt en disant : la voici ou la voilà. Cela dépend de l’obéissance personnelle et de sacrifices cachés. On ne peut pas faire de l’Épouse une assemblée visible, de sorte qu’on puisse dire : la voici ! Ceux qui suivent l’Agneau partout où il va se trouvent parfois un peu partout. Même si on cherche à les rassembler sous la bonne règle de doctrine, il s’avère que là aussi, il y a toutes sortes de gens. Très peu nombreux sont ceux qui suivent leur Époux. Il sera révélé au jour du Seigneur que beaucoup de gens se trompent eux-mêmes en pensant avoir la bonne doctrine et être dans la bonne assemblée. Ce jour-là, ce qui sera demandé, ce sera la vie ; comment toi et moi avons-nous vécu ? Car c’est la vie qui est la lumière des hommes, pas des enseignements doctrinaux qu’on a reçus d’autres personnes. La règle de doctrine est bonne en tant qu’indication, mais la vie qui remplit le « moule » a bien plus de valeur que le moule lui-même. Ce jour-là, c’est la vie dans le moule qui sera demandée, pas le moule ou la règle de doctrine.

Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. 1 Pi. 1, 10-11.

Note bien qu’il est question de « ce salut ». Il ne s’agit pas ici du pardon des péchés, car on pouvait déjà l’obtenir dans l’ancienne alliance. Mais il est question d’un salut pour lequel la grâce est nécessaire, un salut qui n’avait pas encore été révélé. La grâce règne par la justice. Ro. 5, 21. Christ n’avait pas encore frayé la route au travers de sa chair, c’est pourquoi il ne pouvait pas encore envoyer à d’autres la grâce de marcher sur un chemin qu’il n’avait pas parcouru lui-même. Mais dès que Jésus est arrivé au bout de ce chemin, le Père a envoyé le Saint-Esprit qu’il nous avait promis. Nous avons alors reçu la grâce et la force de suivre l’Agneau sur les voies intérieures, nous avons reçu la grâce de supporter la communion avec lui dans ses souffrances, et nous avons reçu la grâce de supporter la communion avec lui par la mort dans le corps de sa chair. Col. 1, 22. Tout cela pour que nous puissions paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche.

C’est le salut de l’Assemblée par sa vie, après qu’une mort a eu lieu à l’égard des transgressions commises sous la première alliance. Jésus est le médiateur et le souverain sacrificateur de cette nouvelle alliance. Derrière ce voile se trouve l’héritage ; l’héritage des saints dans la lumière. Derrière le voile se trouve l’Épouse ; c’est pourquoi elle est cachée. Si on veut la trouver, on ne voit qu’un voile.