L’épître aux Éphésiens Éphésiens
En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. V. 13 et 14.
L’Évangile par lequel nous sommes sauvés consiste en la parole de la vérité. Au commencement, la Parole était avec Dieu, mais elle a été faite chair et a habité parmi nous. La Parole est encore maintenant avec Dieu ; les impies n’y ont aucune part. Et la parole de Dieu est annoncée ; de cette manière, l’Esprit de vérité amène dans nos cœurs la Parole qui est avec Dieu. Si nous obéissons à cette parole qui nous est donnée, elle devient aussi chair en nous – et sa parole demeure en nous. La Parole est accompagnée du sceau de l’Esprit, car la Parole et l’Esprit ne peuvent pas être séparés. Si nous laissons la parole de la foi susciter en nous l’obéissance de la foi, sa force créatrice influencera toute notre vie, et mettra celle-ci en ordre, selon les plans de Dieu. La Parole reste seule jusqu’au moment où elle peut se joindre à la foi dans nos cœurs. C’est de cette manière que notre cœur se fiance avec l’époux de notre âme. Nous devenons chair de sa chair et os de ses os. Dès que la Parole se joint à la foi dans notre cœur, le sang de Christ nous purifie du péché qui habite dans notre corps et dont nous avons hérité de nos pères. La Parole est plantée dans nos cœurs par le Saint-Esprit, et cet Esprit ne nous quitte plus, aussi longtemps que la parole de la vérité demeure en nous. Ces deux ne peuvent être séparés – c’est là le sceau. La Parole est accompagnée de toutes les promesses et de tout l’héritage dans la lumière. Puisque nous sommes maintenant liés à la Parole par la foi, nous devenons des cohéritiers de la Parole, dans la mesure où nous avons reçu sa parole et que nous l’avons laissée agir en nous. Dieu ne nous laisse pas orphelins, puisque l’Esprit de vérité demeure avec nous éternellement. Mais l’Esprit de vérité est lui-même en relation avec la Parole ; il prend de ce qui est à Lui et nous l’annonce. Puisque donc toutes choses ont été faites par la Parole, et que rien n’a été fait sans elle, nous aussi, nous sommes formés pour être de nouvelles créatures par cette même Parole, qui est Jésus-Christ. Nous obtenons la nature de Dieu. 2 Pi. 1, 4. En tant que tels, nous servons à la louange de sa gloire.
C’est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi au Seigneur Jésus et de votre charité pour tous les saints, je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance. V. 15-17.
Qu’est-ce donc que cet esprit de sagesse et de révélation qui manquait aux Éphésiens, malgré leur foi, malgré leur charité pour tous les saints, et malgré le fait qu’ils avaient été scellés du Saint-Esprit ?
Quand l’amour de Dieu, qui est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit, a pu produire assez d’amour en retour pour Dieu pour que nous commencions à demander quelle est sa volonté et où sont ses voies, alors nous commençons à apercevoir les premiers commandements de la sagesse. Car nous savons que nous aimons Dieu quand nous gardons ses commandements.
L’Esprit de Dieu apporte à notre cœur une joie indescriptible. Cette joie devrait être notre force pour vaincre les difficultés. Mais en fait, on commet souvent l’erreur grossière de se réjouir dans la joie, à cause de la joie. Or c’est toujours dans le Seigneur qu’il faut se réjouir, et non dans la joie. [Quand on commet cette erreur,] on perd la joie, car celle-ci avait sa source dans le Seigneur, et non en elle-même. L’Esprit fait référence au Seigneur, car il prend de ce qui est à lui, et nous le communique. Si nous ne lui donnons pas la possibilité de nous communiquer ce qui fait partie de sa connaissance et de sa sagesse, il finira par s’éteindre, car il ne parle pas de lui-même.
L’Esprit doit pouvoir nous communiquer la connaissance du Seigneur, si nous voulons que des fleuves d’eau vive coulent de notre sein. L’obéissance envers la foi donne de la connaissance de Dieu. L’obéissance de la foi nous rapproche de Dieu, par le sang de Christ. L’obéissance purifie, et ceux qui ont le cœur pur verront Dieu. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. Jn. 14, 21.
Nous voyons ici clairement qui reçoit les révélations de l’Esprit, et qui est aimé. Quand on fait preuve de mauvaise volonté envers les commandements de Dieu, on s’éloigne, mais quand on est bien disposé et qu’on est obéissant, on s’approche. Il faut être tout près pour pouvoir entendre. L’âme qui écoute est vraiment digne d’être aimée. Elle peut nourrir beaucoup d’autres personnes, en plus d’elle-même. Que celui qui a une oreille pour entendre entende ce que l’Esprit dit à l’Église ! Quand tu écoutes, l’Esprit se réjouit, Jésus se réjouit, le Père se réjouit, et les saints se réjouissent. Tu es comme une table toujours dressée, où chaque cœur en particulier peut se rassasier de la bonté de Dieu et de la vérité. À celui qui a, il sera donné encore plus, car plus tu nourris de personnes, plus tu as de besoins, et Dieu veut toujours pourvoir à tous nos besoins selon sa richesse, avec gloire.
Nous vivons ici dans la loi parfaite de la liberté, auprès d’une source qui coule sans cesse.
Heureux l’homme qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Ps. 1, 2. On ne peut pas le faire sans organiser sa vie en conséquence. De telles personnes ont nécessairement des révélations. Dieu ne peut pas leur cacher ce qu’elles recherchent. Ces arbres magnifiques et florissants, qui donnent du fruit en leur saison, trouvent la réussite dans tout ce qu’ils entreprennent. Quand on médite la loi de Dieu, on trouve à la fois ce qui est juste et ce qui est injuste. Mais le privilège de ce qui est juste sur ce qui est injuste est souligné tellement fortement dans la loi de l’Éternel qu’on est forcé d’aimer la justice et de haïr l’iniquité, comme l’a fait notre bien-aimé Seigneur Jésus-Christ, de sorte qu’il a été oint d’une huile de joie au-dessus de ses égaux. Cette huile de joie est aussi répandue sur notre tête quand tout ce que nous faisons réussit. De cette manière, l’amour pour Dieu augmente, et nous devenons plus exacts quant à l’obéissance à ses commandements. L’amour du Père et du Fils augmente encore plus, et ils viennent nous apporter de nouveaux trésors, tirés des endroits les plus cachés, sous les couvertures les plus opaques.
Si par l’Esprit nous nous purifions dans le sang, et si nous appelons la sagesse et élevons la voix vers l’intelligence, nous pourrons bientôt manger de ses fruits. Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, et l’homme qui possède l’intelligence ! Car le gain qu’elle procure est préférable à celui de l’argent, et le profit qu’on en tire vaut mieux que l’or.
Elle est plus précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tous les objets de prix.
Dans sa droite est une longue vie ; dans sa gauche, la richesse et la gloire.
Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paisibles. Pr. 3.
Quitte la foule et va à lui en dehors du camp ; tu y entendras la voix de celui qui parle du haut du ciel.
Engage ton pied dans ses entraves, et ton cou dans son collier.
Courbe ton épaule pour la porter, et ne t’irrite pas de ses liens. Viens à elle de toute ton âme, et garde ses voies de toutes tes forces. Suis ses traces et cherche-la, et elle se fera connaître à toi, et, quand tu l’auras saisie, ne la quitte pas !
Car à la fin tu trouveras son repos, et elle se changera pour toi en sujet de joie.
Ses entraves deviendront pour toi une protection puissante, et son collier un vêtement de gloire. Car sur sa tête est un ornement d’or, et ses bandeaux sont un tissu d’hyacinthe. Tu t’en revêtiras comme d’une robe de gloire, et tu la mettras sur ta tête comme une couronne de joie. Ecclésiastique 6.
La sagesse n’est pas à la mode de nos jours. Même parmi les chrétiens, on la connaît peu. Si je pouvais amener ne serait-ce que quelques-uns à y réfléchir, à l’aimer, ce serait un grand gain.
Une classe d’élèves dissipés peut avoir un très bon maître ; mais s’ils ne veulent rien apprendre, le maître ne leur sert à rien. De même, on peut avoir reçu l’Esprit de Dieu, le meilleur enseignant de justice qui soit, sans pour autant l’écouter et lui obéir. L’Esprit du Seigneur ne harcèle pas les hommes à l’infini ; il se retire et se révèle plutôt à ceux qui en sont plus dignes.
Il y a dans la sagesse un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, prompt, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes, ferme, sûr, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre à travers tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Sagesse 7.
Que la sagesse est bénie ! Christ est la sagesse de Dieu, sa puissance créatrice et qui maîtrise tout. Celui qui trouve des conseils dans son conseil et qui cherche la lumière dans sa lumière régnera bientôt sur ses ennemis.
T’es-tu tourné de tout ton cœur vers l’Esprit, pour sonder ce qui est en lui ? Si tu ne l’as pas encore fait, commence maintenant ! Tu recevras plus que tu ne l’aurais jamais imaginé, et plus que tu n’aurais su demander dans tes prières. Tu recevras une mesure serrée, secouée et qui déborde. Quel lot magnifique pour un enfant des hommes !
Le baptême de l’Esprit et le contenu de l’Esprit sont deux choses complètement différentes. Son contenu augmente ta valeur humaine, de sorte que tu passes de l’état de celui qui en vaut un à l’état de celui qui en vaut plus que dix mille, comme c’était le cas pour David parmi les enfants d’Israël.
Tu pénètres dans l’intention de l’Esprit quand tu obéis et que tu crois. L’Esprit lui-même est comme un mineur, car il sonde les profondeurs qui sont en Dieu. Si tu commences à méditer dans le Saint-Esprit, il te conduira dans les mystères de Christ et te dira des choses que tu n’as jamais entendues, ni du haut d’une chaire, ni de la part de quelque prédicateur que ce soit.
Du fait de l’intelligence que donne l’Esprit, tu deviendras un étranger pour les enfants de ta mère. Ils parleront de toi et te craindront, comme quelqu’un qui dérange ce qui est établi, bien que tu saches quant à toi que tu cherches leur véritable intérêt. Tout cela vient du fait que tu es devenu possesseur de la vie créatrice, qui met toutes choses à la bonne place.
On entre en collision avec les traditions, et avec les personnalités qui sont ce qu’elles sont plutôt à cause de leurs dons naturels qu’en raison de la sagesse et de la force qui renverse les fortifications et qui met tout en ordre à sa propre manière.
De grands souverains, à la tête de grands royaumes, sont tombés les uns après les autres, parce qu’ils n’ont pas voulu posséder la connaissance de Dieu. Des peuples ont connu les pires tribulations, parce qu’ils se sont confiés plus aux personnes qui apportaient la science qu’en Dieu, qui donne à un homme pauvre assez de sagesse pour sauver toute une ville.
La science étudie les choses visibles, et sonde la matière de manière humaine. La sagesse, qui a créé ce que la science étudie, connaît à la fois les choses et ceux qui les étudient. C’est pourquoi Dieu, par sa sagesse, peut confondre les sages de ce monde dans leur folie.
Si tu t’empares de la sagesse, tu seras bientôt un produit de son traitement. Ta vie et tout ton être seront comme la loi de Dieu, dont la seule présence lie les profanes et leur impose la servitude qui leur est destinée. La chair se sent jugée au contact de la sagesse, et toutes ses ruses n’échappent pas au regard perçant de la sagesse. C’est pourquoi ils appellent la sagesse de l’esclavage, et la folie de la liberté, car dans la folie, la chair peut régner sans se voir imposer la camisole de force de la sagesse.
Joseph fut vendu comme esclave en Égypte ; on serra ses pieds dans des liens, on le mit aux fers. Ps. 105, 18.
La sagesse de Dieu a fait passer Joseph par un traitement qui l’a rendu capable de répondre à la grande vocation qu’il avait reçue. Il y a bien eu des gens qui ont serré ses pieds dans des liens et qui l’ont mis aux fers, mais tout cela a eu lieu pour qu’il ait été éprouvé dans ces choses, lorsque viendrait le temps où il aurait lui-même à mettre d’autres personnes aux fers et à les serrer dans des liens.
Ils ont tourmenté Joseph jusqu’au temps où la parole de Dieu est intervenue, quand la parole de l’Éternel a prouvé qu’il était innocent.
Alors le roi fit ôter ses liens, le dominateur des peuples le délivra.
Il l’établit seigneur sur sa maison, et gouverneur de tous ses biens, afin qu’il puisse à son gré enchaîner ses princes, et qu’il enseigne la sagesse à ses anciens.
Pharaon avait des princes sous ses ordres, mais il avait du mal à les contrôler, car il manquait à ses anciens la sagesse qui aurait donné de bons conseils à Pharaon, pour imposer ses vues aux princes qui étaient ses subordonnés. Mais maintenant, il avait trouvé en Joseph un homme capable d’enchaîner à son gré les princes de Pharaon, et qui avait assez d’intelligence pour enseigner la sagesse à ses anciens.
La sagesse agit exactement de la même manière dans la nouvelle alliance. L’apôtre Paul dit : Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. 2 Co. 10, 4.
De nos jours, la plupart des assemblées religieuses sont dirigées par des personnes peu spirituelles. Celles-ci se sentent donc obligées de protéger leur dignité par des forteresses et des raisonnements « élevés ». Si quelqu’un vient alors renverser ces forteresses et ces raisonnements, par la sagesse de Dieu et la force de Dieu, on le prie de quitter l’assemblée. C’est leur seule issue de secours. C’est pourquoi Jésus nous a dit : Vous serez exclus des synagogues.
Mais Paul renversait les raisonnements et toute hauteur qui s’élevait contre la connaissance de Dieu, et il amenait toute pensée captive à l’obéissance de Christ. V. 5.
Par la sagesse, il exerçait le même pouvoir que Joseph à l’encontre des princes du Pharaon. Mais tous les chefs de synagogue et tous les anciens de l’assemblée ne voulaient pas mettre leur cou dans ce collier. Alors, ils chassaient la sagesse et ceux qui l’annonçaient – ils étaient chassés hors du camp. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp. Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. Portons son opprobre ! Hé. 13, 13. Jésus a souffert hors de la porte, et pourtant il était la sagesse de Dieu et le Seigneur de gloire. Soit la sagesse doit régner, soit elle doit être rejetée. Toi aussi, si tu es un enfant de la sagesse, tu seras soit accepté, soit rejeté. Si tu es accepté, tu transformeras ceux qui t’acceptent, selon la sagesse que tu possèdes toi-même. Mais si tu es rejeté, la folie continuera à l’intérieur des forteresses et des raisonnements, jusqu’au jour où tout sera mis à nu et à découvert devant la face de Christ.