Le livre de Ruth

juin 1919

Le livre de Ruth


Rapporté à la vie intérieure

Les juges d’Israël

Verset 1

Du temps des juges, il y eut une famine dans le pays. Un homme de Bethlehem de Juda partit, avec sa femme et ses deux fils, pour faire un séjour dans le pays de Moab.

Sur les voies intérieures, nous remarquerons que les juges jugent toujours à Juda. La lumière est le jugement, et les lumières sont les juges. Il n’y aura jamais de famine à Juda aussi longtemps que les juges y règneront. Mais si l’on veut suivre ses propres voies, la famine se manifestera rapidement.

Ici, l’homme a pris sa femme et ses deux fils, et il a quitté Bethlehem (la maison du pain) pour aller vivre dans le pays de Moab en tant qu’étranger. Il voulait échapper au jugement des juges. Enfin, ils n’allaient plus pouvoir le juger.

Il en va de même pour chacun qui se soustrait à la lumière. Il lui manquera de tout, même dans la maison du pain. Il veut partir très loin, car la chair redoute le fait d’obéir. Il arrive dans le pays de Moab (les Moabites descendent de Moab, le fils de Lot, né d’une relation incestueuse avec sa fille aînée).

Pourtant, quitter le pays des juges et aller dans le pays de Moab est une chose répréhensible, car l’homme Elimélec mourut dans ce pays étranger, et peu de temps après, ses fils, Machlon et Kiljon, moururent aussi tous les deux.

L’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix.

Elle s’est préparée

Verset 6

Puis elle se leva, elle et ses belles-filles, afin de quitter le pays de Moab, car elle apprit au pays de Moab que l’Éternel avait visité son peuple et lui avait donné du pain.

Quand les tribulations s’abattent sur Moab, où l’on vit comme étranger, quand le châtiment du Seigneur s’abat sur l’âme comme un déluge, on a soudain le mal du pays, comme ce fut le cas du fils prodigue.

La détresse a poussé Naomi à rentrer chez elle. Les tribulations l’ont contrainte à le faire, et les rumeurs à propos de pain l’ont attirée.

Combien l’amour de Dieu envers nous les hommes est infiniment grand ! Bien qu’on ait cherché à échapper aux juges, et qu’on se soit réfugié dans un pays étranger parce qu’on est vexé, Dieu vient nous chercher parmi les Moabites. Il nous fait passer par toutes sortes de tribulations, pour que nous nous préparions à retourner à Juda, car il ne souhaite pas que nous restions là-bas à Moab, comme des étrangers, puisque nous sommes son peuple.

Jésus est le pain de vie

C’est par les tribulations que Dieu ouvre nos oreilles et nous fait entendre des rumeurs de réveils. On a alors envie de revenir à la maison du pain céleste. Jésus est le pain de vie qui est venu du ciel pour apporter la vie au monde. Des nouvelles à son sujet se répandent dans toute la Judée. Ces nouvelles parviennent aux oreilles d’une pauvre Naomi qui travaille dur, et qui est affligée. Jésus peut rassasier une pauvre âme, car ses greniers ne sont jamais vides. Aucune famine ne peut toucher le pays béni.

Elle languit de rentrer. Les juges lui semblent à présent plus justes que lorsqu’elle était partie. Tout semble différent.

Naomi gagne des âmes

Une fois que Naomi avait souffert dans la chair, et qu’elle en avait fini avec le péché, Dieu pouvait se servir d’elle comme un instrument pour faire sortir d’autres âmes du pays de Moab (le monde).

Elle réussit à convaincre ses belles-filles, qui ne connaissaient pas le pays de l’Éternel, de se joindre à elle. Elle a dépeint son pays comme un pays magnifique, un pays où coulent le lait et le miel. Un pays dans lequel les habitants étaient soumis à des lois sévères mais bonnes, avec des juges qui faisaient régner la justice. Un pays où régnaient la paix et l’ordre, et au milieu duquel se trouvait la grande maison du pain, Bethlehem. Un pays magnifique, le pays de la promesse.

Elle s’en va

Verset 7

Elle sortit du lieu qu’elle habitait, accompagnée de ses deux belles-filles, et elle se mit en route pour retourner dans le pays de Juda.

Le monde parle comme Pharaon : pourquoi faudrait-il se séparer ? On peut aussi faire des sacrifices en Égypte, on a aussi besoin de telles personnes en Égypte.

Naomi était animée d’un autre esprit ; elle s’est levée et elle est sortie du lieu qu’elle habitait.

C’est un jour béni quand on prend cette résolution ! Abraham a connu un tel jour quand il a quitté son pays et son peuple pour aller vers un pays que l’Éternel allait lui montrer. Ce jour est aussi venu pour Moïse quand il a refusé d’être appelé fils de la fille de Pharaon, et ce jour est aussi venu pour nous.

Ceux qui sont dans le monde marchent selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, selon le prince de ce monde, et leur travail consiste à vivre selon les convoitises, dont la fin est la corruption. Ils vivent dans le pays qu’ils ont hérité de leurs pères. 1 Pi. 1, 18. Leur pays est un entendement corrompu, affecté par le péché. Chacun peut quitter ce pays et se mettre en route pour le Canaan céleste. On ne peut pas offrir des sacrifices agréables à l’Éternel quand on est en Égypte, Ex. 8, 25, même si beaucoup essaient de le faire. Mais tout cela n’est alors que formes et traditions : on institue toutes sortes de prêtres selon ses propres désirs, des prêtres qui présentent le monde à leurs assemblées d’une telle manière que les vrais enfants de Dieu se retrouvent sur un plan d’égalité avec ceux qui ne sont pas nés de nouveau.

Fuis de tout cœur le monde et son sacerdoce. Mets-toi en route vers le pays de Juda, car tu ne peux pas servir le dieu de ce monde et Jéhovah dans un même lieu.

Elles se mirent en route pour retourner dans le pays de Juda

« Retourner à Dieu », c’est le cri le plus profond de l’âme. C’est ainsi que parle l’Esprit à toute âme. Mais d’autres voix prennent généralement le dessus. Naomi fait sortir du monde avec elle deux autres âmes, et à trois, elles se mettent en route en direction du pays de Juda.

Des épreuves sur la route

À peine a-t-on commencé sur la route que les épreuves surviennent. Naomi en avait quant à elle complètement fini avec le pays de Moab, et elle voulait retourner à Juda coûte que coûte. Les choses étaient différentes pour ses deux belles-filles. Toutes les deux n’avaient pas encore été éprouvées à l’école de l’Esprit. Mais Naomi, qui connaissait bien l’enjeu, et qui savait que ses belles-filles risquaient de regretter leur choix un peu plus loin sur la route, voulait s’assurer qu’elles soient bien au clair de ce qu’elles étaient en train de faire. C’est pourquoi elle leur a dit :

Verset 8

Allez, retournez chacune à la maison de sa mère !

Leur entendement est mis à l’épreuve une première fois. Étaient-elles vraiment disposées à la suivre, et à quitter le monde ? Elles doivent prendre conscience de ce qu’elles viennent de quitter, qu’elles ne reverront plus jamais la maison de leur mère, mais qu’elles peuvent encore faire demi-tour.

On allait enfin savoir où était leur trésor, si leur cœur était encore attaché au monde, ou si elles en avaient vraiment fini avec le monde, et qu’elles recherchaient vraiment une nouvelle patrie. Naomi les met vraiment à l’épreuve quand elle évoque le souvenir qui leur est le plus cher : la maison de leur mère. Voulez-vous vraiment quitter la maison de votre mère ? Calculez bien les dépenses ! On verra alors si l’amour pour Juda est plus fort que l’amour pour Moab. Elles sont mises à l’épreuve comme le fut la femme de Lot en son temps. Le moment était venu de résister ou de céder !

Beaucoup commencent sur le chemin, mais après quelque temps, quand ils réalisent ce que ça va leur coûter, ils s’en retournent au monde. Naomi le savait bien. C’est pourquoi elle leur permet de choisir d’elles-mêmes, le plus tôt possible.

Pendant les réveils, beaucoup se réveillent et se mettent en route pour le pays de Juda, mais la plupart emportent avec eux le monde dans leur cœur. Quand ils ont avancé suffisamment sur le chemin, et que le monde et ses plaisirs semblent leur échapper, ils s’aigrissent et se mettent à murmurer comme le peuple d’Israël dans le désert, en disant : Qui nous donnera de la viande à manger, car c’était bien en Égypte ! Nb. 11, 18. Ils voulaient bien être sauvés, mais n’avaient rien à sacrifier pour ce salut.