L’épître aux Éphésiens, chap. 1

avril 1919

L’épître aux Éphésiens

Chapitre 1
Bénis dans les lieux célestes

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! V. 3.

Nous sommes bénis dans les lieux célestes ; il n’est pas dit : sur la terre. Il y a une différence fondamentale entre le fait d’être béni sur la terre et celui d’être béni dans le ciel. Dans l’ancienne alliance, Israël avait des promesses terrestres, mais nous en avons des célestes. Nous sommes bénis en Christ et avec lui. Il n’y a pas de bénédiction en dehors de lui. Les bénédictions terrestres proviennent de lui, mais les bénédictions célestes sont en lui. La gloire terrestre est une gloire par le corps, alors que les gloires célestes sont une gloire dans le corps.

La gloire qui vient par lui est destinée à ceux qui sont terrestres, mais la gloire qui est en lui est pour les êtres célestes. La gloire terrestre n’a pas part à la gloire qui est en lui, mais elle a part à la gloire dont il rayonne. Ceux qui participent à la gloire qui est en lui possèdent déjà la gloire dont il rayonne. La gloire céleste est donc propriétaire de la gloire terrestre, alors que la gloire terrestre n’a pas part à la gloire qui est en lui – elle est comme la lune, qui brille grâce au soleil, sans pour autant posséder la lumière du soleil.

Élus avant la fondation du monde

En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui. V. 4.

Il a connu d’avance ceux qui sont nés de lui, et ils sont prédestinés à être semblables à l’image de son Fils. Ro. 8, 29.

Il y avait une aspiration en Jésus dès avant la fondation du monde. Il existait éternellement, avant la terre, avant que Dieu crée la terre, les campagnes, ou même le premier atome du monde. Lorsqu’il fixa les nuages en haut, et que les sources de l’abîme jaillirent avec force, lorsqu’il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, lorsqu’il posa les fondements de la terre, il était un artiste à l’œuvre auprès de lui, et faisait tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre, et trouvant son bonheur parmi les fils de l’homme. Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, et heureux ceux qui observent mes voies ! Pr. 8.

De même qu’Ève était chair de la chair d’Adam, et os de ses os, de même l’Assemblée de Christ est chair et os de Christ. Quand Dieu a formé la femme de la côte qu’il lui avait prise, Adam a dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! Ge. 2, 23.

Adam aspirait à trouver son semblable. Il n’a trouvé aucun animal qu’il puisse appeler « femme »19. Elle était déjà en Adam quand il était seul, puisqu’elle était dans ses os et dans sa chair. Mais elle a été ensuite mise à part pour être femme. De même, nous étions en Christ avant la fondation du monde, mais nous devons être mis à part pour devenir une femme pour lui. Parmi tout ce qui a été créé par lui et pour lui, rien ne peut autant satisfaire Christ que son épouse, celle dont il peut dire : voici celle qui est os de mes os et chair de ma chair. Il l’a vue en esprit et l’a connue avant que le monde existe. C’est à elle qu’il dit : Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, et heureux ceux qui observent mes voies ! Il dit cela pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant sa face. L’épouse et l’époux doivent avoir la même formation. C’est le Saint-Esprit qui les enseigne et les éduque.

Le bon plaisir de sa volonté

Nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon (libre, autre trad.) plaisir de sa volonté. V. 5.

De même qu’un jeune homme, dans son amour, se choisit une femme selon le bon plaisir de sa volonté, Dieu nous a aussi prédestinés par Jésus-Christ à être adoptés, selon le bon plaisir de sa volonté.

Puisque Dieu nous a élus selon le bon plaisir de sa volonté, notre obéissance et notre croissance ont lieu également selon ce même bon plaisir. C’est pourquoi, heureux celui qui plonge ses regards dans la loi parfaite de la liberté et qui persévère ! L’élection a lieu dans la liberté, et celui qui est élu reçoit son élection en toute liberté. C’est dans la même liberté qu’on affermit sa vocation et son élection. Le bon plaisir de la volonté de Dieu met un terme aux desseins obscurcis de la stupidité. Les difficultés sont résolues là où le bon plaisir de sa volonté est manifesté. La lumière de Dieu brille clairement ; sa volonté dans ce bon plaisir est manifestée, pour notre sanctification, et nous sommes nourris et pouvons croître dans ce bon plaisir de sa volonté, pour parvenir à la maturité en Christ.

La loi n’a pas été donnée selon le bon plaisir de sa volonté, mais elle était une conséquence nécessaire des transgressions. La loi sert de pédagogue pour amener à Christ ; mais en lui, nous vivons dans la liberté. Cela ne change rien au fait que les uns et les autres parviennent à des résultats différents dans cette liberté en Christ. Plus on fait d’efforts pour apprendre à connaître son bon plaisir, plus on entre en possession de son Esprit de conseil et de force, plus on a de sagesse et plus grande est la liberté dont on jouit.

Nous sommes formés à sa louange

À la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé. V. 6

Ceux qu’il se forme ne doivent pas se contenter d’annoncer ses louanges ; ils doivent être, vivre et se mouvoir de manière à louer sa gloire. Leur gloire doit exprimer à quel point celui qui les a formés est encore plus glorieux. Note bien que nous devons louer « la gloire de sa grâce ». Nul ne peut voir Dieu et vivre. La gloire de sa grâce est comme la puissance rayonnante et vivifiante du soleil de justice, qui agit sur nous en son Fils Jésus-Christ. Notre misère est mise à nu au moment même où la gloire de sa grâce est révélée. La différence entre nous et lui devient criante, de sorte que la gloire de sa grâce devient extrêmement glorieuse du fait même de ma misère. Car si par mon mensonge, la vérité de Dieu éclate davantage pour sa gloire, pourquoi suis-je moi-même encore jugé comme pécheur ? Ro. 3, 7. Mon mensonge fait briller la vérité de Dieu encore plus clairement, et mon péché rend sa grâce encore plus riche. Elle est tellement abondante qu’elle m’enseigne à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse – malgré toutes mes tendances naturelles, qui me poussent dans la direction opposée. Dans de telles conditions, ne devenons-nous pas un sujet de louange pour la gloire de sa grâce ?

Le pardon des péchés

En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d’intelligence. V. 7 et 8.

Le sang a un effet double. Il nous affranchit du péché, dont nous étions esclaves, et il nous affranchit de nous-mêmes, pour que nous vivions la vie de Christ. Nous savons ce que signifie le fait de recevoir le pardon des péchés, mais nous n’avons peut-être pas beaucoup réfléchi au fait que nous l’avons reçu selon la richesse de sa grâce, par toute espèce de sagesse et d’intelligence. Nous nous contentons peut-être de jouir des effets du pardon des péchés, sans examiner avec attention les raisons qui font qu’un Dieu juste peut et veut vraiment nous pardonner.

Jésus a marché selon l’Esprit, et s’est sacrifié par la puissance d’un Esprit éternel. Il avait une devise dans toutes les tentations : « Non ! » De cette manière, lui le juste, il a souffert pour les injustes. Jésus a vaincu le péché dans la chair, qui est la source et la racine de tout péché, et de ce fait il a obtenu le pouvoir sur la source du péché, sur le péché et sur ses conséquences. C’est par ce pouvoir qu’il peut pardonner ou non, selon son bon plaisir. Car lui seul a foulé au pressoir et a remporté la victoire sur ce qui empêchait la loi d’accomplir quoi que ce soit.

La clé des mystères de Christ, c’est Christ manifesté en chair. Ce mystère de la piété ouvre les portes fermées. Avant l’invention du moteur, on n’a pas pu voler, ni naviguer sous l’eau. C’est le moteur qui a rendu possibles des choses qu’on n’imaginait même pas avant.

Il en est de même en Christ. Il faut faire une découverte spirituelle pour pouvoir se porter plus loin vers ce qui est en avant.

La rédemption par son sang implique que le sang ait vraiment coulé. Mais celui dont le sang a coulé a obtenu des résultats d’un tout autre ordre que celui qui reçoit la rédemption par le sang. Il a fallu à Dieu une source abondante de grâce, et au Fils une sagesse et intelligence immenses, pour résister au péché jusqu’au sang, selon le bon plaisir de leurs volontés réciproques. Cette fidélité et cette persévérance ne peuvent être récompensées que par le fait qu’un grand nombre d’enfants servent à la louange de sa gloire.

Il y a deux catégories de personnes qui servent ainsi à la louange de sa gloire :

  • 1. Ceux qui sont sauvés par son sang.
  • 2. Ceux qui sont sauvés par son sang et dans son sang.
  • Les premiers sont terrestres, alors que les seconds sont célestes. Mais les uns comme les autres servent à la louange de sa gloire, avec néanmoins toute la différence qui existe entre la gloire terrestre et la gloire céleste.

    Pour ce qui concerne la gloire céleste, nous servons à la louange de sa gloire dans la mesure où nous souffrons avec lui, de même que la richesse de sa grâce, ainsi que la sagesse et l’intelligence, deviennent notre possession personnelle et célèbrent sa gloire dans la mesure où nous nous emparons avec violence de son bon plaisir et que nous sommes formés selon sa volonté. Par le sang par lequel nous avons été réconciliés par la mort de son Fils, la grâce nous pousse à entrer dans le sang, dans lequel nous sommes réconciliés par sa vie. Car c’est la vie qui est le but. C’est pourquoi l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix.