Pensées

février 1919

Pensées

La force de Dieu se trouve toujours derrière les forces qui lui font obstacle. Les forces qui résistent à Dieu se trouveront toujours à la surface, toutes affairées qu’elles sont à briller extérieurement. Mais la force de Dieu demeure avec les réalités, comme une force tranquille et invincible, quand à la surface les forces opposées auront fini de faire du bruit. Plus nous sommes capables de nous approcher du silence de Dieu, plus grande sera notre part de force et de repos de Dieu. Si on fait plein d’efforts humains pour avancer, on recule en fait ; mais une oreille tranquille et qui est à l’écoute trouve la solution au milieu des enfants du vacarme. On aspire à parler du haut du pupitre quand on est très agité dans son esprit ; c’est pourquoi il vaut mieux entendre quelques paroles du sage au coin de la rue. Si tu affirmes quelque chose avec force, ne l’ancre pas dans quelque chose qui est en train de tomber. On donne l’impression d’être fort quand on fait preuve de beaucoup d’autorité ; mais c’est dans la faiblesse de la chair qu’on en trouve le plus. Quand elle est mise à nu, son propriétaire implore la grâce et l’amour, plutôt que le jugement. Où peut-on alors trouver le chemin de la paix, s’il faut défendre la chair et lui faire preuve de grâce et d’amour au cœur de sa folie ? Ne serait-ce pas plutôt l’esprit qui apporte le jugement et un feu dévorant qui pourrait guérir les cris d’allégresse de Babel ? Où peut-on trouver la lumière de Dieu dans cette lumière du jour religieuse, où le sentiment d’avoir de la lumière dans les ténèbres ambiantes s’apparente à de l’autorité ? La foi et l’obéissance te donneront de la lumière, mais aussi des ennemis. Elles te montreront un chemin frayé, sur lequel tout et tous auront été pesés et trouvés trop légers, s’ils ne se sont pas approprié la lumière de Dieu et la force de Dieu par la même obéissance et la même foi. Satan s’acharne par le biais de tes ennemis comme de tes amis, mais il n’ose pas monter sur le chemin. As-tu ressenti ses attaques ? Plus Dieu utilise un homme, plus fortes sont les attaques de Satan. Mais elles ne sont basées que sur un sens humain ; c’est pourquoi, quand on reste silencieux et qu’on est attentif au sens de l’Esprit, on reste armé pour les guerres de l’Éternel même après que l’adversaire a épuisé ses dernières forces. Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. Il faut beaucoup de maîtrise de soi pour faire face à son adversaire, quand on a les bonnes réponses, mais que ce n’est pas le bon moment. Cette fidélité est elle aussi récompensée par la mort de sa propre chair, tandis que l’adversaire s’enivre de joie à cause de sa victoire, qui est toutefois aussi trompeuse que l’est la chair dans laquelle réside la joie. Mais le moment venu, les réponses sont au rendez-vous. À cet instant-là, la joie imaginaire disparaît et la force se révèle à nouveau comme force – sans le secours de la chair.

Tout ce qu’on peut provoquer comme joie et jubilation à cause des nombreuses promesses – sans avoir d’abord fait la volonté de Dieu et rempli les conditions pour s’approprier ces promesses – est semblable à la joie qu’on a à voir de belles bulles de savon, dont l’existence provoque une joie qui éclate en même temps que la bulle. Quand quelqu’un essaie d’expliquer ce que sont les bulles de savon, il est accusé de troubler la paix. On ne veut pas entendre la vérité sur la bulle de savon – qu’elle finit par éclater – et pourtant elle éclate au vu et au su de tous. On maintient toutefois la joie et l’espérance que la bulle suivante subsistera éternellement, et l’allégresse se poursuit. Cela aussi est vanité et poursuite du vent. Mais celui qui fait la volonté de Dieu subsiste éternellement.

Des paroles doucereuses et des discours flatteurs peuvent créer une belle communion ; mais c’est triste de constater que les bavardages, la médisance et l’injustice font exploser cette belle bulle de savon. Il faut fabriquer une nouvelle bulle. Pour ça, rien de tel qu’une nouvelle salle et un nouveau cadre. De nouveaux prédicateurs, un nouveau public, une nouvelle bulle. Qu’elle est belle quand elle flotte librement, parée de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Il n’y a pas de limite à l’allégresse. Si seulement la vilaine mouche ne s’était pas posée à sa belle surface ; mais elle est venue, et il n’y a malheureusement plus de bulle, la joie a disparu.

Nous sommes exhortés à nous réjouir sans cesse dans le Seigneur ; mais cette joie dans la bulle de savon dure bien trop peu de temps, hélas. Quand le peuple de Dieu va-t-il donc se réveiller, ne serait-ce qu’un peu, pour apercevoir la vérité ? Celui qui dit la vérité trouble la paix et fait l’effet d’une trompette du jugement. Le sommeil est tellement doux ; on est réjoui et fortifié par ses rêves. On a peur de se réveiller pour se retrouver dans la pure réalité. On considère comme prophètes du Seigneur ceux qui savent prolonger le sommeil et augmenter le nombre de rêves lumineux. Ce sont effectivement les personnes appropriées ; avec elles, la sagesse expire. Leurs pères spirituels étaient assidus au service de Baal. De ce point de vue, il n’y a rien de nouveau sous le soleil ; la seule différence, c’est que des peuples différents ont des dieux différents. Il faut aussi reconnaître la vérité sur ces choses si on veut qu’elle nous libère. Mais si on vit dans ces choses sans avoir la force d’en sortir, c’est parce qu’on n’ose pas entendre la vérité et la reconnaître telle qu’elle est. Pilate a demandé un jour : Qu’est-ce que la vérité ? mais aucune réponse ne lui a été donnée. Pourquoi ? La périphérie de la dispensation de Christ ne s’étendait pas aussi loin que cela à la surface des choses, pour qu’il puisse donner une réponse à de telles questions. Celui qui aime la vérité la trouve. Mais on ne la supporte pas, car elle dévoile notre état, elle rejette le mensonge, et remet toutes choses à leur place, dans sa réalité crue.

Quand le « moi » dans la chair fait rage, on entend parler de la force de l’homme. Une fois que le « moi » a été englobé dans l’esprit, on peut aussi entendre des témoignages de sa puissance énorme ; le « moi » dans l’esprit est juste un peu plus difficile à débusquer pour lui donner son nom, le « moi ». En effet, il se défend avec un tas de passages de l’Écriture. C’est pourquoi, à mort le « moi », qu’il soit dans la chair ou dans l’esprit. Si quelqu’un se glorifie, qu’il se glorifie de sa faiblesse, car c’est d’elle que jaillit la force de Dieu. L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. Le « moi » ne connait pas la crainte ; il se sent pur, triomphant et fort au beau milieu des pires bêtises. Dans cette lumière, qui est ténèbres, le « moi » peut effectuer bien des exploits en se déchaînant dans un champ où il ne s’est pas donné de la peine [pour travailler]. Dans la lumière de l’Esprit, cela est aussi insensé. L’Esprit de crainte tâtonne pour trouver la connaissance, pour que l’Esprit de sagesse puisse trouver une voie digne et frayée. Mais quand il manque l’Esprit de crainte, l’Esprit de sagesse ne se fait pas voir. Recherche la voie en tâtonnant, dans l’Esprit de crainte, avant d’utiliser tes forces ; et si tu veux mener la guerre, tu as doublement raison de le faire. Beaucoup ont considéré leurs forces et ont subi des défaites ; mais Abraham a considéré son corps usé et le fait que Sara n’était plus en état d’avoir des enfants, il s’est fortifié dans la foi et il a vaincu. La guerre ouvre les yeux sur des choses qu’on ne connaissait pas avant.