L’épître aux Éphésiens, chap. 3

novembre 1919

L’épître aux Éphésiens

Chapitre 3
L’intelligence que l’apôtre a des mystères de Christ
Paul captif

À cause de cela, moi Paul, prisonnier de Christ pour vous païens… V. 1.

Rempli d’admiration pour ce que Dieu a fait pour les païens, Paul fléchit les genoux et remercie Dieu du plus profond de son âme pour ce qu’Il a fait pour ces pauvres gens, qui avaient vécu dans l’obscurité et l’ignorance pendant des générations. Il vient de leur dépeindre comment ils ont eu accès aux mêmes droits que les Juifs, par le fait qu’ils ont été greffés dans le corps.

Celui qui est monté en haut, qui a fait des dons aux hommes et emmené des captifs, avait aussi fait de Paul son captif et l’avait établi comme apôtre des païens. Paul se sentait captif pour les païens. Il était lié dans l’Esprit aux vérités qui les concernaient tout particulièrement. L’Esprit de Dieu liait sa vision et le conduisait à des révélations qui rendaient l’œuvre de Christ pour les païens tellement manifeste, que leur foi créait une pleine intelligence de choses qui avaient été cachées aux époques précédentes.

Si l’œuvre d’un berger ou d’un maître t’a été confiée, et que tu aimes les brebis et les agneaux que Dieu t’a donnés pour que tu en prennes soin, tu seras toi aussi lié dans l’Esprit comme captif de Jésus-Christ, à cause d’eux. Ta liberté de manœuvre est limitée à cause d’eux, de même qu’une bonne mère est limitée, comme captive pour ses enfants.

Si un homme prêche la Parole et engendre des enfants en Christ, et qu’ensuite il les abandonne, comme s’ils ne le concernaient pas, il est tout aussi dur et insensible qu’une mère qui abandonnerait son nourrisson.

C’est l’amour de Jésus-Christ qui nous presse de prendre l’attitude de captif de Jésus-Christ, à cause des agneaux. Quelle attitude bénie ! Heureux sont les enfants que des instruments de Dieu aussi consciencieux engendrent par la foi !

J’ai vu beaucoup d’exemples où l’évangile a été prêché de sorte que des pécheurs ont été sauvés. Les yeux des jeunes ont brillé de joie. Mais ce qui est triste, c’est que la plupart du temps, le prédicateur s’en va et abandonne ses enfants, avec autant d’insensibilité que l’autruche abandonne ses œufs dans le sable chaud du désert.

Il ne faut absolument pas qu’il en soit ainsi parmi nous. Nous devons prendre soin des agneaux jusqu’à ce qu’ils deviennent des brebis, et nous devons ensuite continuer à les paître. Prions Dieu de nous donner l’entendement qui fait de nous des captifs de Jésus-Christ à cause d’eux ! Le fait de prêcher la Parole aux pécheurs n’est pour ainsi dire que le côté du travail le plus honorable. L’œuvre laborieuse et moins visible se fait quand on éduque, quand on prend sans cesse soin du troupeau.

Ainsi, l’œuvre d’une mère attire peut-être peu l’attention, mais ce qu’elle plante dans le cœur des enfants, pendant toute leur enfance et toute leur jeunesse, reste planté comme des clous en eux et forme le fondement de leur vie.

La dispensation de la grâce

Si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m’a été donnée pour vous. V. 2.

Qui a déjà entendu parler d’une dispensation de la grâce ? Nous avons souvent entendu parler de la grâce, mais nous n’avons jamais entendu quelqu’un citer le fait qu’il peut être confié à un homme toute une dispensation de cette grâce. Et pourtant, c’est le cas.

Quand Paul, par sa prédication, peignait Christ comme crucifié aux yeux de son auditoire, il agissait selon une dispensation de la grâce. Quand il dirigeait leurs yeux intérieurs vers le mystère « Christ manifesté en chair », il le faisait en pleine connaissance de cause, dans la dispensation de la grâce qui lui avait été donnée. Quand il réprimandait et exhortait, quand il chassait le méchant du milieu d’eux, quand il consolait ceux qui étaient abattus, quand il humiliait ceux qui étaient enflés d’orgueil, il agissait toujours dans la mesure de la dispensation de la grâce qui lui avait été confiée.

Si Paul avait consacré son cœur pour être captif de Jésus-Christ à cause des Éphésiens, les liens par lesquels il se maintenait lié lui donnaient un pouvoir tel qu’il pouvait lier et délier, consoler et réprimander sans rien ménager, là où c’était approprié, et ils devaient tous mettre leur main sur leur bouche, car ils comprenaient que c’était l’amour de Christ qui le pressait.

Paul connaissait sa dispensation, et il était pleinement conscient de son ministère et de sa responsabilité. Mais il dit : Si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m’a été donnée pour vous.

Si les païens avaient entendu et connu ce que Paul connaissait, pour ce qui est de sa dispensation, ils l’auraient reçu en pleine intelligence et confiance. Les mystères en Christ auraient alors pu être exposés plus clairement. L’esprit de Satan, sous la forme de Coré, de Balaam et de Caïn, se serait tenu à bonne distance. Les cœurs des pères auraient été attachés à ceux des enfants, et les cœurs des enfants à ceux des pères. Une bonne relation entre les apôtres et le reste de l’assemblée aurait aussi été profitable pour l’Assemblée, en tout premier lieu. Car c’était à cause d’elle qu’ils travaillaient jour et nuit. C’était à cause d’elle que les apôtres supportaient des souffrances indicibles dans leur chair, pour que la Parole de Dieu puisse s’accomplir en eux, et qu’ils soient ainsi en mesure de donner aux autres la consolation qui les avait eux-mêmes consolés dans toutes leurs tribulations.

Josué, fils de Nun, un jeune homme, a servi Moïse depuis sa jeunesse, et il ne sortait pas du milieu de la tente. Ex. 33, 11. Il comprenait que l’Éternel parlait à Moïse face à face, et il avait l’intelligence de se tenir là où il pouvait apprendre quelque chose.

Quand Moïse est devenu vieux, l’Éternel lui a dit : Prends Josué, fils de Nun, homme en qui réside l’esprit ; et tu poseras ta main sur lui. Tu le placeras devant le sacrificateur Éléazar et devant toute l’assemblée, et tu lui donneras des ordres sous leurs yeux. Tu le rendras participant de ta dignité, afin que toute l’assemblée des enfants d’Israël l’écoute. Nb. 27, 18-20.

Dieu avait suivi attentivement ce Josué, fils de Nun. Il a vu comment il s’était fidèlement attaché à Moïse, et combien il était zélé pour lui. Il avait vu à quel point son entendement était humble et docile, quand il s’agissait de sa propre formation en esprit, et à quel point il était obéissant à la dispensation qui avait été confiée à Moïse.

Quand le temps fut révolu pour Moïse, le jeune Josué, fils de Nun, était là, prêt à occuper sa position.

Dieu l’a honoré aux yeux de tous, pour qu’ils croient en lui et qu’ils lui obéissent, comme ils avaient suivi Moïse.

Josué, fils de Nun, est un exemple lumineux pour l’Assemblée. Il a su apprécier la dispensation de Moïse ; c’est pourquoi il a lui aussi été établi comme dispensateur.

C’est de la même manière que Paul souhaitait que les Éphésiens comprennent la dispensation de la grâce qui lui avait été donnée pour eux.

Combien de personnes éviteraient d’être partiellement détruites si seulement elles comprenaient leur place dans le corps, et la dispensation de grâce dont elles ont fait l’objet !

Précédemment, Paul avait parlé en peu de mots du mystère qui concerne l’anéantissement de l’inimitié dans la chair de Christ ; nous pouvons dire à juste titre que c’était « en peu de mots », car même avec un grand nombre de livres, on ne pourrait pas décrire de manière satisfaisante cette œuvre formidable – même si ces livres étaient écrits par des hommes bien formés à l’école de l’Esprit.

Jésus-Christ est le « Chemin ». C’est sur ce chemin que se trouvent les frères. Chacun doit faire l’objet d’un traitement particulier ; il n’y a pas deux traitements identiques. Il exhortait chacun d’entre eux avec larmes. Tout cela dans la mesure de la dispensation de la grâce. Il ne se montrait pas trop envahissant et ne causait de tort à personne. Son ministère pour eux et avec eux était toujours dans la grâce. S’il était tranchant et qu’il utilisait le couteau de la circoncision, ils comprenaient que leur cher vieux Paul le faisait dans son grand amour pour eux, pour les faire entrer plus profondément dans la vie.

Il est impossible de servir chacun seulement à partir de la chaire. Un berger connaît chacune de ses brebis par son nom, il doit savoir en profondeur quel est leur état. C’est pourquoi il doit parler avec elles et passer du temps avec elles.

Mais celui qui cherche son propre honneur et qui recherche un gain n’est pas capable d’agir ainsi. De telles personnes ont besoin de monter en chaire, de réunir de grandes assemblées qui puissent leur donner de grandes collectes. Même si ce n’est pas toujours le cas, c’est fréquent. Nous avons bien sûr de nombreux exemples qui montrent que Dieu a utilisé des hommes prêchant du haut de leur chaire, pour apporter une grande bénédiction et mener à la conversion des milliers de personnes. Mais c’est le cœur et l’entendement qui comptent. Celui qui recherche ce qui est grand l’atteint rarement, car il néglige ce qui est petit et insignifiant. Le berger doit descendre parmi ses brebis, même si l’évangéliste peut se contenter de se tenir en chaire. Paul avait l’Esprit de révélation dans la connaissance de Dieu. Il entourait les Éphésiens de tous côtés, par sa connaissance et sa sagesse. Quand ils cherchaient à atteindre quelque chose sans tenir compte des lois de l’Esprit, il était une houlette pour eux. Il était un ami et un conducteur remarquable, mais celui qui cherchait à s’opposer à lui allait au-devant de la mort et de la ruine. Ils n’avaient rien en dehors de ce qu’ils avaient reçu à travers lui, et il connaissait toutes leurs limites extrêmes. Il les avait engendrés en Jésus-Christ, il les aimait, et Dieu l’avait chargé de les protéger. La guerre contre l’amour, c’est une guerre contre Dieu. Qui pourrait la mener sans être écrasé ?

Les révélations provoquent des souffrances

C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en peu de mots. V. 3.

Les révélations sont le résultat du travail de confrontation de la lumière dans le corps. La lumière est accompagnée d’une aide fidèle, qui s’appelle « le jugement ». Ces deux, ensemble, accomplissent des miracles, quand ils pénètrent dans le cœur d’un homme.

Tiens-toi tranquille et observe ce que Dieu éclaire dans ton for intérieur, et tu trouveras le seigneur « jugement » présent à ton côté. Si tu veux avoir des révélations, ne ferme pas les yeux sur ce que le « jugement » te montre, mais reste tranquille, serre les dents – tiens bon – observe attentivement et longuement. Tourne-toi ensuite vers le seigneur « jugement » en acquiesçant profondément, et donne-lui raison dans ton cœur. À ce moment-là, le jugement te quittera et un autre seigneur, « la justice », viendra habiter éternellement dans ton cœur. Ensuite, tu pourras annoncer ce que la lumière a éclairé, ce que le jugement a condamné et ce que la justice a scellé.

Ce que sont les révélations

Paul avait été circoncis le huitième jour. Maintenant, la lumière de Dieu éclairait ses actions comme persécuteur de l’Assemblée de Dieu ; le jugement l’a condamné, de telle sorte que sa circoncision est devenue incirconcision pour lui. À ses propres yeux, il est descendu jusqu’au niveau des païens ; c’était un niveau où il était depuis longtemps aux yeux de Dieu. À partir de ce moment-là, il ne s’est plus glorifié de sa circoncision.

Il était de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d’Hébreux. Il était pharisien, irréprochable d’après la loi.

Quand la lumière de Dieu l’a frappé sur le chemin, qu’il est devenu aveugle et qu’il tâtonnait pour trouver quelqu’un qui puisse le prendre par la main et le conduire, il a compris que sa généalogie selon la chair ne lui était d’aucune utilité. Il est devenu aussi misérable à ses propres yeux que les païens étaient méprisables à ses yeux auparavant.

Dieu a donné à Paul beaucoup de grandes révélations, mais il lui a en même temps montré tout ce qu’il devait souffrir à cause de son nom.

Ne t’imagine jamais que l’Esprit de révélation dans la connaissance de Dieu puisse donner de la satisfaction à la chair et t’apporter beaucoup d’honneur à la manière des hommes.

Intelligence

En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ. V. 4.

L’intelligence est le précurseur de la connaissance, tout comme la connaissance est un précurseur de la sagesse. L’intelligence exploite toutes les données de la connaissance et de la sagesse pour continuer à sonder et à chercher. L’intelligence est la première à souhaiter la bienvenue à la révélation. Suivant la loi de Dieu, cette révélation s’ajoute à la connaissance de Dieu obtenue précédemment par révélation.

Et l’intelligence poursuit son exploration – toujours plus profondément dans la connaissance de Dieu.

Les Éphésiens pouvaient apercevoir par l’intelligence ce qui était dévoilé comme connaissance de Dieu pour l’apôtre ; pour cela, il les exhorte à fixer leur regard dans la bonne direction. C’est pourquoi il appelle ce qu’ils voyaient en Esprit l’intelligence qu’il avait du mystère de Christ.

Les mystères de Christ jadis et maintenant

Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. V. 5.

Il était impossible pour les anciens prophètes de comprendre les mystères de Christ comme ils étaient révélés maintenant à Paul par l’Esprit. Certes, l’Esprit de Christ qui était en eux attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies (1 Pi. 1, 11), mais il était impossible à l’Esprit seul, sans le sang, d’apporter à l’homme une compréhension de cette œuvre aussi profonde qu’il pouvait maintenant le faire pour l’apôtre, qui souffrait lui-même et qui était purifié dans le sang, au fur et à mesure que les révélations sur le mystère progressaient.

À l’époque à laquelle vivaient les anciens prophètes, l’Esprit n’avait pas encore frayé de voie au travers de la chair. Au lieu de rendre témoignage du sang et avec le sang, l’Esprit devait rendre témoignage du péché dans la chair, qui était la raison pour laquelle on n’observait pas la loi, puisqu’il avait la puissance de rendre la chair incapable de faire le bien.

Les anciens prophètes ont compris que Christ devait souffrir et mourir pour pouvoir s’en prendre au péché dans la chair.

Maintenant que l’Esprit avait été envoyé, Paul avait l’avantage de pouvoir marcher avec Christ sur la route nouvelle et vivante au travers du voile, qui est sa chair.