In memoriam : Aksel Smith

janvier 1919

AKSEL SMITH

Mon et notre frère et collaborateur bien-aimé s’est endormi dans la foi en son cher Sauveur Jésus-Christ, le samedi 18 janvier, à l’âge de 38 ans.

Ce que je ressens et ce que beaucoup ressentent avec moi à l’occasion du décès de notre cher frère fidèle ne peut pas et ne doit pas être décrit ici. Nous voulons seulement dire quelques mots de la fin de sa vie, pour que nous puissions imiter sa foi. Je suis allé le voir à Drøbak trois fois après Noël, mais il devenait de plus en plus faible. Nous avons cru qu’il retournerait auprès de Dieu le jour de ses 38 ans, le 16 janvier. Des hommes et des femmes, jeunes et vieux, qu’il avait pu conduire à Christ par la grâce et la force de Dieu, priaient et pleuraient à genoux dans les différentes pièces de la maison. Nous avons prié pour que nous puissions le garder, mais il a plu à Dieu de le reprendre à Lui.

Les amis étaient rassemblés autour de son lit le 16 au matin. Ses yeux étaient à moitié fermés et un peu vitreux à cause de son insomnie constante ; les traits de son visage étaient marqués et sa voix était faible. Dans cette atmosphère pesante, marquée par le chagrin, il demande à une sœur de jouer au piano le cantique « Autour de Jérusalem se trouvent de hautes montagnes ». Une femme inconvertie est à ce moment à genoux auprès de son lit et recherche le salut en Jésus-Christ, et les amis pleurent. Puis il les désigne l’un après l’autre et leur donne à chacun une exhortation chaleureuse et directe, de sorte que nous étions tous remplis d’étonnement en voyant à quel point il connaissait profondément chacun en particulier, et combien ses pensées étaient claires si près de la mort. Lorsque sa femme lui a demandé : Que veux-tu que je fasse dorénavant ?, il a dit : Prends ta croix. Une sœur a demandé : Comment puis-je vous remercier de la meilleure manière pour ce que vous avez été pour moi ? Il a répondu : En faisant le bien partout où c’est nécessaire.

À l’un il a dit : Ne t’éloigne jamais du temple du Seigneur. À un autre : Prie sans cesse. À un troisième : Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, prends soin des agneaux. On a même amené des petits garçons et des petites filles à son chevet. Il avait une parole d’exhortation et de consolation pour chacun, et tous repartaient en pleurant.

Le médecin est arrivé vers midi le même jour. Nous étions à nouveau tout un groupe rassemblé à son chevet. Aksel a demandé : « Combien de temps est-ce que cela peut durer, quelques heures ? » Le médecin a dit qu’il y avait peu d’espoir, mais il ne pouvait pas dire quand ce serait. Aksel a montré sa poitrine et a dit : Ici à l’intérieur, j’ai la vie éternelle ; je crois en Jésus-Christ. Puis il a demandé à une sœur de jouer : Comme des ruisseaux dans le midi, je retourne à la maison. Le médecin a pleuré avec nous tous. Jésus est ici, et les anges m’entourent, a dit Aksel. Lorsque je lui ai demandé s’il avait quelque chose à communiquer aux amis par le moyen de Skjulte Skatte, il a dit : « Oui, recevez les enseignements qui appartiennent à la piété, ils tiennent bon. » Est-ce que je peux saluer les amis de ta part dans le journal ? « Oui ».

Pour des raisons de service, j’ai dû quitter Drøbak le 17 dans l’après-midi. Nous avions alors un tout petit espoir que Dieu épargnerait encore une fois sa vie, mais il ne devait pas en être ainsi.

Aujourd’hui, le 20 janvier, j’ai reçu de la sœur Kjærnet la lettre suivante :

« Notre frère bien-aimé Aksel devait quand même partir d’ici pour être auprès de Christ. Il est entré dans la vie éternelle victorieux et triomphant, ce matin le 18 janvier à 5 h. Son esprit était clair et alerte jusqu’à son dernier souffle. Il a été jusqu’à la fin tout aussi sensible et agréable qu’il a été toute sa vie. Il n’a pas pensé un seul instant à lui-même, mais a vécu pour nous autres.

Par moments, il était bien éveillé et plaisantait. Cette nuit, plusieurs des jeunes étaient aussi présents. Il a demandé à la petite Ingrid de chanter : « L’enfant est dans les bras du Père, porté par lui toujours ». Ensuite, il m’a demandé de jouer : « Autour de Jérusalem se trouvent de hautes montagnes ».

Nous étions tous à son chevet quand il s’est endormi. Helga (sa femme) a été fidèlement à son côté tout le temps. La dernière chose cohérente que je l’ai entendu dire était : « Jésus dit : je suis le pain vivant ; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. » Ensuite il a chuchoté faiblement : « Toi, suis-moi ! »

Toute la maison était remplie d’une paix et d’une gloire merveilleuses. Au beau milieu de notre grande tristesse, nous avons fait l’expérience d’une force puissante. Dieu a beaucoup béni Helga ; malgré tout, elle a dû louer et remercier Dieu. Un instant elle s’est sentie perdue et seule, mais elle est tombée dans les bras de l’assemblée. Elle a été courageuse, elle a prié pour l’assemblée et pour chacun en particulier. Nous avons prié ensemble et avons chanté le n°30 des « Voies du Seigneur », ainsi que « Sion, belle cité ! ». Nous sommes restés ensemble jusqu’à 9 h environ.

Que Dieu vous fortifie et vous donne beaucoup de force ! Que Dieu nous aide à continuer à avancer avec force et courage, et qu’il nous donne de la force et de l’énergie pour agir.

Environ 5 minutes avant qu’il s’endorme, Aksel a appelé Helga et l’a entourée de son bras, en dernier signe d’amour. Il a distribué des fleurs à tous ceux qui étaient présents et nous reconnaissait tous. »

C’est ainsi que s’est achevée la vie de mon frère bien-aimé. À Drøbak, où il a habité les 4–5 dernières années de sa vie, tout un groupe de jeunes est en deuil. Cependant, nous ne pleurons pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Il est parti vers son Père et notre Père. Nous le reverrons. Il nous a souvent parlé des agneaux à Drøbak et nous a mis à cœur d’en prendre soin, car je les aime, disait-il. Ce qu’il a enseigné, ce qu’il a écrit et ce pour quoi il a combattu se trouve dans les volumes reliés de Skjulte Skatte, de 1912 jusqu’à présent. C’est grâce à son travail tenace que nous avons pu éditer ce petit journal. Bien qu’il ait eu pendant toutes ces années un corps faible, il a cependant reçu la grâce de Dieu pour laisser de profondes empreintes derrière lui. On pourrait écrire beaucoup de choses sur sa vie et son travail, mais nous nous contenterons d’écrire ces quelques lignes, nécessaires pour décrire le départ de ce fidèle serviteur du Seigneur, afin que chacun puisse imiter sa foi. Béni soit son souvenir et bénis soient les fruits de son travail ! Ils dureront, comme il le témoignait si souvent. Une des dernières fois qu’il a témoigné aux amis, il les a exhortés à s’appliquer à l’obéissance de la foi.

Salutations cordiales à tous les amis. Votre frère,