Un petit aperçu du mystère de la piété
Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, justifié en esprit (trad. norv.), vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire. 1 Ti. 3, 16.
Il y a un mystère qui n’est révélé qu’à ceux qui sont pieux, et c’est pour cela qu’on l’appelle le mystère de la piété. Ce n’est pas seulement un mystère ordinaire ; non, c’est un grand mystère. Quiconque y a part doit le reconnaître. On peut parler de ce mystère avec un maximum d’éloquence et de conviction, mais il n’est pas cru si la personne concernée n’est pas suffisamment pieuse. En quoi consiste donc ce mystère qui est si riche en gloire ?
As-tu profondément réfléchi à ce que cela veut dire que Jésus a été manifesté en chair ? As-tu réfléchi à ce qu’est la chair ? Si tu ne comprends pas ce mystère, tu ne peux pas apprécier l’œuvre de Christ à sa juste valeur. Mais si, diras-tu, je crois qu’il est né de la vierge Marie il y a plus de 1 900 ans. Ce n’est pas un mystère – et encore moins un grand mystère. C’est presque une chose qu’on sait et qui n’a rien à voir avec la foi.
Celui qui est pieux se charge chaque jour de sa croix et il suit Jésus. Pendant son pèlerinage sur ce chemin de la croix, il découvrira dans sa chair une résistance contre les directives de l’Esprit. Il verra que l’Esprit s’oppose à la chair et la chair s’oppose à l’Esprit. Cette chair lui cause beaucoup de peine et beaucoup de chagrin. Mais un jour, il trouve une solide consolation dans le fait que son regard intérieur voit clairement que Christ a aussi été manifesté en chair. Il a eu les mêmes épreuves et les mêmes tentations que nous ; il a reçu du Père la force de vaincre, et nous savons qu’en Jésus-Christ nous devons recevoir plus que la force de vaincre. C’est pourquoi on appelle souffrances de Christ les souffrances qui adviennent dans ma chair par le fait que je suis poussé par l’Esprit. La mort qui agit dans ma chair s’appelle la mort de Christ. N’est-ce pas un mystère ? Consulte tous les théologiens du monde pour savoir s’ils sont au courant de cela. Demande à des gens religieux qui vivent leur vie et se trouvent très bien dans un groupe chrétien ou un autre. Ils ne savent pas le moins du monde ce qu’est Christ manifesté en chair. Mais si tu poses la question à un homme pieux, qui n’a peut-être pas la réputation d’être pieux parmi les gens religieux, mais qui sait malgré tout ce que cela veut dire d’être conduit par l’Esprit, tu trouveras une réponse auprès de lui – quel qu’il soit selon la chair.
Certaines personnes religieuses selon la chair, mais impies selon l’esprit, veulent que Jésus ait été dans une chair semblable à celle d’Adam avant la chute. Ces gens disent aussi que Jésus a porté la croix, et que nous pouvons donc en être dispensés. Une des conséquences que cela entraîne obligatoirement est que Jésus a été obéissant et que nous pouvons en être dispensés. Jésus sera sauvé et nous pouvons en être dispensés.
Place la règle sur leurs propres paroles et trace un trait, et tu verras que cela mène pour finir à la perdition.
Mais l’Écriture dit : Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantisse celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Car assurément, ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il soit un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, du fait qu’il a lui-même souffert en étant tenté (trad. norv.), il peut venir en aide à ceux qui sont tentés. Hé. 2.
Il ressort clairement de ce passage qu’il a été rendu semblable en toutes choses à ses frères et qu’il a ainsi été tenté et qu’il a souffert en étant tenté.
Mais il est dit dans Hé. 4, 15 qu’il a été tenté en toutes choses comme nous, sans commettre de péché. Quiconque veut bien lire ce chapitre 4 en y réfléchissant comprendra que bien que Jésus ait été comme l’un d’entre nous, et qu’il ait été tenté comme nous, il a traversé victorieusement l’épreuve de sorte qu’il n’a pas commis de péché, car il n’y avait point de fraude dans sa bouche.
En Jésus-Christ, le péché a eu son jugement dans la chair elle-même. Ro. 8, 3. Dieu a envoyé son Fils dans une chair semblable à celle du péché et à cause du péché, et il a condamné le péché dans la chair. Maintenant, celui qui veut vivre selon l’Esprit et marcher selon l’Esprit verra que le péché sera condamné dans sa propre chair. C’est pourquoi Jésus nous a précédés et a souffert la mort selon la chair, mais il a été rendu vivant quant à l’esprit. Ceux qui le suivent sur le chemin de la croix sont aussi rendus vivants quant à l’esprit, car le deuxième Adam est devenu un esprit vivifiant. C’est pourquoi il y a autre chose qui fait partie du mystère de la piété :
Note bien qu’il est dit : Manifesté en chair. Il n’est pas dit justifié en chair. Il a été en revanche justifié en esprit. Les hypocrites et les pharisiens voulaient être justes selon la chair devant les hommes pour pouvoir jouir de leurs éloges. Mais quant à Jésus, il est simplement dit de lui qu’il a été manifesté en chair. Nous sommes aussi manifestés et manifestes en chair, mais comme nous ne devons pas être justifiés en chair, nous ne cherchons pas à faire bonne figure selon la chair. En revanche, nous nous efforçons d’être agréables à Dieu, que nous servons dans notre esprit par Jésus-Christ notre Seigneur.
Quand on cherche des chrétiens, on trouve généralement des gens qui se donnent bien du mal pour fabriquer une chair religieuse. Si on met de côté leur chair pour avoir relation avec eux selon l’esprit, on trouve presque toujours qu’ils sont ennemis selon l’esprit. Mais la Parole de Dieu dit : Si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’esprit est vie à cause de la justice. Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. C’est pourquoi ce n’est que misère, pauvreté, nudité et aveuglement de présenter sa chair religieuse comme fondement pour la communion. Quand on est justifié en esprit, cela rend un tout autre son : livre la chair à la mort ! C’est l’Esprit de Dieu qui prend de ce qui est à Jésus et qui nous le communique. L’Esprit ne fabrique pas une chair religieuse, non, il rend vivant notre esprit humain. L’Esprit est ennemi de la chair et si nous nous laissons guider par l’Esprit, le troisième témoin apparaît : le sang. C’est le sang de l’alliance par lequel Dieu a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, notre Seigneur Jésus. Hé. 13, 20. C’est lui qui, dans les jours de sa chair, a présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a été exaucé à cause de sa piété. Hé. 5, 7.
(À suivre)