Les murs de Jérusalem
Il y en a beaucoup qui trouvent que les personnes qui suivent le chemin de la croix et qui ont une vie intérieure sont très dures. Et c’est vrai. Elles sont très dures. Cette dureté se trouve dans F Esprit, et n’est rien d’autre qu’une fermeté inébranlable dans la vérité, comme Dieu nous l’a appris.
Quand un homme religieux, qui vit selon la chair, rencontre un homme qui vit vraiment selon l’Esprit, il fait tout de suite connaissance avec ce mur qui sert de protection contre tout son être charnel. Le mur est dur. Il ne cède pas ; on ne considère rien de ce qui est à l’extérieur comme si c’était aussi bien que ce qui est à l’intérieur du mur. La chair reste la chair, quelle que soit sa «piété» apparente ; elle ne devient pas esprit par le seul fait qu’on se glorifie à haute voix de sa liberté, de son amour et de ses vertus spirituelles. Celui qui vit la vie cachée avec Christ en Dieu ne laisse pénétrer personne qui vit encore selon la chair dans son sanctuaire, dans sa communion. Bien au contraire : parce qu’il est sincère, il fait savoir aux autres où ils se trouvent, à savoir dans la chair, pour qu’ils parviennent si possible à la liberté de l’esprit. Mais la plupart du temps, on est scandalisé quand on entend de telles choses. On s’écrie alors que la personne en question juge les autres, qu’elle est dure et qu’elle manque d’amour, bien qu’on ne puisse pas faire preuve d’un amour plus grand que de leur dire où ils en sont. Les attaques viennent alors, avec toutes les armes de jugement dont dispose la chair, contre ces murs de Jérusalem. Mais ils restent debout.
Il n’y a qu’un seul chemin pour entrer dans cette communion de F Esprit, sainte et pure, dans la lumière ; il n’y a qu’un seul chemin pour entrer dans la ville : au travers du trou de l’aiguille.
Celui qui veut avoir part à la vie de l’Esprit, qui veut entrer dans la ville, doit être séparé de la chair. Il doit être brisé pour pouvoir passer par la porte. Le trou de l’aiguille est trop étroit pour la chair. Personne ne peut entrer, si ce n’est par cette porte-là.
Dans le monde religieux, on voit que les croyants peuvent passer des méthodistes aux baptistes, puis à une église «libre», sans pour autant changer d’entendement en quoi que ce soit ; il suffit de changer quelques opinions. Mais on ne peut pas de cette manière-là «passer à» ou «rallier» ceux qui marchent selon la vie intérieure de F Esprit. On ne peut entrer dans cette communion qu’en étant séparé de la chair. Le fait de tomber d’accord sur la doctrine qui concerne la vie intérieure ne sert à rien, pas plus le fait de vouloir faire cause commune. Ce n’est pas pour cela que nous travaillons. Si c’était là notre but, nous aussi nous pourrions remplir de grandes salles, faire des collectes abondantes, et nous en glorifier. Nous travaillons pour éveiller les consciences à comprendre que la chair est misérable jusque dans ses manifestations religieuses les plus raffinées, et pour amener les âmes à la vraie liberté.
Nous avons vu bien assez d’exemples — et cela a été riche en enseignements — de gens qui ont voulu se joindre à nous, alors qu’ils étaient encore dans la chair. Parce qu’ils semblaient être d’accord avec le chemin de la croix et la marche avec Dieu dans la vie intérieure, on leur a accordé un passage par-dessus le mur et on les a laissé entrer dans la ville — dans la communion. Mais quelle misère on fait ainsi entrer dans la ville ! Si on fait bon accueil à des personnes qui sont d’accord avec la doctrine, mais qui ne sont pas brisées dans leur vie et dont l’esprit n’est pas vraiment entré dans la ville, c’est comme si on laissait entrer l’enfer dans le ciel. La chair ne deviendra jamais esprit. L’affection de la chair s’oppose toujours à Dieu et renie toujours sa nature, où qu’elle la trouve. Cela produit des voleurs et des brigands.
Construis donc une haute muraille ! Sois ferme dans ton esprit ! Satan t’incite sûrement à nouer des liens avec ceux qui vivent encore selon la chair. Il veut t’expliquer que tu es dur et que tu manques d’amour. Si tu cèdes à ces insinuations, tu seras tout de suite souillé, et tu perdras la clarté et la pureté de ton esprit.
Pas de liaisons par-dessus la muraille ! Pas de liaisons avec la chair, sous quelque forme qu’elle se présente ! Est-ce que c’est dur ? Oui, c’est dur ! C’est la croix, sous sa forme la plus pure !
Construis des murs élevés et des tours fortes ! Place des sentinelles jour et nuit ! Ne laisse personne pénétrer dans le sanctuaire ! Ferme tous les accès ! Qu’il n’y ait aucun accès, si ce n’est au travers du trou de l’aiguille !
Les jeunes qui viennent d’entrer dans la ville ont souvent des défaites sur ce point. Ils n’ont pas encore appris quelles sont les ruses de Satan dans ce domaine, et ils sont souvent souillés dans leur esprit par les liens qu’ils entretiennent avec des personnes charnelles, jusqu’à ce qu’ils apprennent à s’affermir assez pour tenir de tels éléments à distance.
Mais que faut-il donc faire avec ceux qui sont à l’extérieur de ces murs spirituels ? Ton père et ta mère, ton frère et ta sœur peuvent s’y trouver, et ils sont peut-être même croyants. Remercie Dieu parce qu’il est bon envers eux et qu’il les a menés jusqu’au point où ils sont ; mais toi, reste ferme à l’intérieur, et annonce-leur la vie intérieure de la ville, le royaume de Dieu, et montre-leur le chemin au travers du trou de l’aiguille, ou en d’autre termes au travers de la mort, pour venir à la vie. Tu dois considérer ceux qui ne sont pas encore arrivés à l’intérieur comme ton champ de travail.
Si tu restes ferme et que tu agis de la sorte, tu auras vite fait d’être expulsé des assemblées charnelles, dont les murs sont des commandements et des règles ; ils croiront même rendre service à Dieu en t’expulsant. Ils ont été engendrés selon la chair, et l’Écriture dit qu’ils persécutent celui qui a été engendré selon l’Esprit. Ga. 4, 29. Ils vivent dans la Jérusalem du temps présent. Mais toi, tu vis dans la Jérusalem de F Esprit, une ville libre avec les murs de l’Esprit — c’est elle qui est notre mère, v. 26. Et tu es enfant de la femme libre — un enfant de Jérusalem, un enfant de la ville qui a les murs solides de l’Esprit et des tours fortifiées, et dans laquelle règnent le calme et la paix, où on est édifié avec les autres pour former une maison spirituelle pour Dieu, où on possède les trésors et toutes les choses glorieuses, où le droit et la justice brillent comme une lumière, où les lois pures de Dieu sont tenues en haute estime. De Sion sortira la loi !
Ceux qui sont à l’extérieur ont bien des promesses, mais le fils de l’esclave n’héritera pas avec le fils de la femme libre, v. 30. Chasse l’esclave et son fils (même verset) ! Ils n’ont pas d’héritage commun avec nous.
C’est pour cela qu’il y a de l’inimitié. La rage et la haine peuvent être tellement fortes qu’on a du mal à en trouver l’équivalent dans le monde. Aucune haine ne peut être aussi fanatique que la haine religieuse. Cette haine vient de la jalousie. Si on reconnaissait aux choses qui sont à l’extérieur du mur les mêmes qualités que celles qui sont à l’intérieur, ou si en d’autres termes on reniait ce qui est à l’intérieur, la haine cesserait immédiatement, car il n’y aurait plus de raison d’être jaloux.
Qui sont donc ceux qui sont à l’intérieur, les enfants de la femme libre ? Est-ce une secte ? Non ! Ce sont ceux qui à travers tous les temps et tous les âges sont passés au travers du trou de l’aiguille — par la mort, pour entrer dans cette vie. Ce sont ceux qui sont affranchis de la chair, par la mort de Jésus-Christ.
Les enfants de l’esclave forment différents camps, avec des noms différents et des opinions divergentes sur différents points ; mais ils ont tous été engendrés selon la chair. Le fait que certains se disent «libres» n’y change rien. Ce n’est pas ce qu’une personne dit ou pense être qui compte, mais ce qu’elle est en vérité Le fait que les enfants de l’esclave disent d’eux-mêmes qu’ils sont libres et que les enfants de la femme libre sont des esclaves ne change rien à la situation.
Mais Dieu est bon envers les enfants de l’esclave, et chacun doit l’être de même. Dieu est même bon envers les gens du monde, ceux qui sont ingrats et méchants. Beaucoup de ceux qui sont enfants de l’esclave peuvent vraiment recevoir le baptême de l’Esprit, parler en langues et prophétiser. Dieu est très bon envers eux, et l’Écriture loue sa bonté, en disant : «Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront.» Ac. 2, 18.
Mais on peut constater que ceux-là, comme tous les autres enfants d’Agar, sont zélés pour persécuter les enfants de la femme libre.
Les enfants de la délaissée — les enfants d’Agar — sont plus nombreux que les enfants de la femme qui a son mari. Mais la femme qui a son mari exalte celle qui n’a pas connu les douleurs et qui n’a pas enfanté. Car cela vaut mieux que d’enfanter des enfants pour l’esclavage. Les enfants de la délaissée sont illégitimes — et ils sont nombreux. Ils sont aussi mentionnés dans Hé. 12, 8 : «Mais si vous êtes exempts de la correction à laquelle tous ont part, alors vous êtes des bâtards et non des fils.» Les bâtards se reconnaissent par le fait qu’ils haïssent le châtiment, qu’ils haïssent la croix, qu’ils haïssent tout ce qui constitue des lois dans le royaume de Dieu. Mais parle-leur de liberté et de joie, et ils jubileront. Ils sont très intéressés par la liberté, et ils en parlent, mais ceux qui sont réellement libres prennent les choses tranquillement dans ce domaine, car ils vivent en plein dans la liberté.
Quand ils entendent parler de la vie intérieure, ceux qui vivent à l’extérieur du mur disent souvent que ce n’est là que de la connaissance intellectuelle. C’est effectivement l’impression qu’ils peuvent en avoir. Ils s’efforcent du mieux qu’ils peuvent de suivre intellectuellement, et ils trouvent souvent qu’il ne s’agit que de points de détail et de réflexions subtiles ; au bout d’un moment, leur tête se fatigue bien trop et ils ne suivent plus. De cette manière, beaucoup trouvent une pierre d’achoppement, et ils s’en vont prêcher que tout cela n’est que connaissance intellectuelle. C’est clair que quand des hommes charnels veulent essayer de comprendre avec leur tête des choses spirituelles, cela devient vite fatigant ; mais quand les mêmes personnes quittent la chair et entrent dans l’Esprit, elles peuvent parler des heures durant, sans se lasser, de ces choses intérieures qui appartiennent au royaume des cieux. Car c’est l’esprit qui vivifie, et cela ne fait que confirmer cette ancienne vérité qui affirme que la chair ne sert de rien.
Quand donc on a construit des murs élevés et qu’on a dressé des protections contre tout ce qui est charnel, on a le calme et la paix. Alors nous pouvons, dans l’unité de l’Esprit, avec le même langage, dans la même pensée et la même opinion, nous réjouir ensemble des riches trésors qui sont cachés à l’intérieur des murs de la ville. Là, nous avons la gloire de Sion, ses lois pures et sa vérité étincelante. Le peuple qui y habite a un entendement éclairé. L’Agneau est sa lumière. Cette ville vient de Dieu. Elle sera l’épouse de l’Agneau. Elle sera enlevée comme une épouse et reviendra, comme épouse de l’Agneau, et même les nations marcheront à sa lumière.
Toi qui as reçu une vocation céleste, affermis ton élection !