Serviteurs dans l’assemblée
Notre capacité vient de Dieu. Il nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie. 2 Co. 3, 5-6.
Il est bon de noter l’expression ministres (c’est-à-dire : serviteurs) d’une nouvelle alliance, de l’Esprit. La nouvelle alliance est dans son sang. 1 Co. 11, 25.
Quand la connaissance augmente et se diversifie, il n’est pas facile de s’opposer à elle. On a vite fait d’imposer sa domination et son emprise sur les âmes qui souhaitent avoir plus que ce qu’elles possèdent. Mais il faut beaucoup de fidélité dans l’Esprit pour servir de la bonne manière. Il est facile de forcer la main aux autres par la connaissance qu’on a ; comme ils n’ont rien à rétorquer, ils ne peuvent qu’approuver tout ce qu’on dit. Mais ce n’est pas du tout sûr pour autant qu’on a été un ministre d’une nouvelle alliance, un serviteur de l’Esprit. On peut convaincre les hommes par les discours persuasifs de la sagesse ; mais dans ces conditions, leur foi en Dieu est fondée sur la sagesse des hommes, et non sur la puissance de Dieu. Je crains fort que de nombreuses personnes qui sont membres de différentes assemblées aient été gagnées par la sagesse humaine. En effet, si chacun avait été gagné par la force de Dieu, il y aurait plus d’Esprit, plus de vie et plus d’entrain aux réunions.
Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant, et c’est de lui que nous devons être serviteurs. Nous devons veiller à ce que les âmes avec lesquelles nous travaillons deviennent vivantes. Le sang de la nouvelle alliance libère l’esprit humain du péché qui habite dans la chair, et le dernier Adam le rend vivant.
Il m’est arrivé de voir des gens lancer des vérités très fortes en l’air. Mais ce n’est pas l’air qui doit être sauvé ! La plupart du temps, ces paroles sont passées largement au-dessus de la tête des auditeurs. Nous devons pénétrer dans l’esprit de notre interlocuteur et être des ouvriers avec Dieu. En effet, l’Esprit qui vient du Ciel chérit avec jalousie l’esprit de l’homme, qu’il a fait habiter en nous. Nous pouvons ainsi être des ministres de la nouvelle alliance, car ici on a besoin du sang. En ce qui concerne le ministère, Paul était obligé de dire que personne, parmi ceux qui l’entouraient, n’avait les mêmes sentiments que Timothée. Ils cherchaient tous leur propre intérêt. Comment peut-on chercher son propre intérêt dans le ministère ? Cela veut-il uniquement dire qu’on cherche un gain terrestre ? Non, pas seulement. Je peux par exemple approuver des hommes que j’ai gagnés moi-même, selon la chair, sans qu’ils aient été vaincus par le sang de l’alliance et par l’Esprit. Ai-je alors été un ministre de la nouvelle alliance, un serviteur de l’Esprit ? Non, j’ai cherché ma propre gloire. En rassemblant des hommes qui se sont soumis et qui ont reçu l’enseignement de la doctrine à la manière humaine, je m’entoure d’un groupe de personnes qui deviendront plus tard des aiguillons dans mon flanc. Elles n’ont jamais été amenées au sang de l’alliance, et c’est le serviteur en question qui porte la responsabilité de les avoir acceptées telles quelles. Quand on est assis au milieu d’un groupe d’auditeurs et qu’on leur enseigne toute une quantité de choses qu’ils n’ont encore jamais entendues, tout paraît facile et agréable. Il se peut même qu’on récolte une certaine admiration de la part des auditeurs. Mais est-ce de la fidélité ? Paul ne voulait rien savoir d’autre parmi eux que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Nous annonçons la sagesse parmi les parfaits ; mais si on prêche la sagesse à ceux qui sont imparfaits, ce ne sont là que des discours persuasifs de la sagesse, et les fruits sont à l’avenant.
Paul exhortait chacun en particulier avec larmes. Nous pouvons être certains qu’il cherchait, par la force de l’Esprit, à amener chacun au sang de la nouvelle alliance. Il pouvait exhorter chacun, ce qui prouve qu’il connaissait chacun de manière précise ; il savait quelles étaient les faiblesses des uns et des autres, dans quel domaine ils étaient tentés de ne pas se soumettre au sang de l’alliance. Es-tu un serviteur à l’image de Paul ? Ou te contentes-tu d’être un « sacrificateur pour le peuple » ? Tu ne peux pas servir les foules, sauf si les individus finissent par devenir une foule. C’est chacun individuellement qui a besoin de ton service. Chacun a besoin d’être amené individuellement au sang de l’alliance. Aux réunions, il y a beaucoup de personnes qui ressemblent à des chiens muets, qui ne savent pas aboyer. Qui peut savoir ce qui habite dans de telles personnes, puisqu’elles n’ouvrent jamais la bouche ? Quelle exhortation leur donner, si ce n’est celle-ci : Ouvre ta bouche, pour que nous comprenions où tu te situes. Il vaut mieux servir une personne avec le sang de l’alliance et avec l’Esprit, que de gagner des milliers de gens par les discours persuasifs de la sagesse. Si tu es un tel chien muet, ouvre ta bouche, pour que le Seigneur puisse y mettre ses paroles.
Nous vivons dans les temps de la fin. Le monde a besoin de toi. L’Assemblée de Dieu a besoin de toi. Mais personne n’a besoin de chiens muets. Leur place est dans les assemblées des morts. Lève-toi d’entre les morts, toi qui dors, et Christ brillera pour toi.