Deux tendances
Et l’affection (tendance dans une autre traduction) de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix.
Ces deux forces s’opposent l’une à l’autre. La chair réclame son droit, et cherche à exercer sa volonté, tandis que l’Esprit intercède pour nous avec des soupirs inexprimables, voulant faire la volonté de Dieu.
Comme notre Seigneur et Maître, nous devons souffrir la mort quant à la chair pour être rendus vivants quant à l’esprit. Au cours de ce processus, l’homme charnel recherche les échappatoires les plus incroyables.
Au lieu de chasser la servante et son fils, on se remet sous la servitude de la loi. La chair préfère vivre sous la servitude plutôt que de mourir sur la croix comme un objet maudit. C’est pourquoi on s’installe dans des assemblées que l’on se forge soi-même, et on poursuit un idéal que l’on estime, avec ses pensées charnelles, être une forme spirituelle de piété. Mais ce n’est que l’apparence de la piété, et non la piété elle-même. L’Esprit a sa propre forme, mais quand un homme charnel veut fabriquer cette forme sans l’Esprit, la forme n’est rien, car son contenu n’est que mort. Dieu recherche l’esprit et la vérité, et non des formes sans vie.
Pourquoi préfère-t-on dans ce cas rester esclave d’une lettre morte plutôt que suivre le chemin qui a été frayé ? C’est parce qu’on est ennemi de la croix de Christ, la croix qui livre la chair à la mort. La parole de la croix est un scandale pour les Juifs, une folie pour les Grecs, mais elle est une puissance de Dieu pour ceux qui croient.
L’Esprit s’oppose à la chair, et voudrait la remettre à sa place, à savoir sur la croix. Ce n’est qu’à ce moment que l’on trouve la vie et la paix. On en finit alors avec l’esclavage. Au lieu de l’esclavage commencent les souffrances dans la chair. Les Galates avaient commencé à marcher sur ce chemin de la loi, et les hommes ont toujours eu cette tendance au travers des siècles.
La chair a aussi une autre échappatoire lui permettant de survivre. On s’octroie une liberté qui dépasse toutes les bornes, et on promet aux autres la liberté, tout en étant soi-même esclave de sa propre corruption. On tape sur le « légaliste » et on montre du doigt tout ce, et tous ceux qui ne veulent pas s’accorder cette liberté, apparemment si précieuse. Mais la fin de ces choses est la mort, puisque ce n’est que l’affection de la chair. L’inimitié de la croix est de nouveau à l’œuvre.
Ces deux tendances sont fortement agissantes de nos jours. Certains font le choix d’être « esclaves », d’autres optent pour une « liberté sans lois ». Les uns comme les autres veulent échapper à la croix.
Pourtant Dieu a frayé une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire de la chair. Sur ce chemin, on est mis à mort quant à la chair, mais en contrepartie, on est rendu vivant quant à l’esprit. Mais malheureusement, il y en a peu qui trouvent le chemin étroit qui mène à la vie.
Le signe le plus clair, indiquant que l’on détient la grâce, est que l’on ne veut plus rien être sur la terre. Et il n’y a rien que la nature ne redoute plus que de n’être rien. Arrête-toi un instant et pose-toi la question : qu’est-ce qui occupe le plus de place en toi : la nature ou la grâce ?