L’envie de dominer parmi nous
Même parmi nous, dans les différentes assemblées locales, il y a eu du désordre ces derniers temps, car certaines personnes se sont ingérées dans le ministère d’autres, pensant être capables de faire beaucoup mieux. On aurait tendance à croire qu’elles ont raison de le faire, et c’est pourquoi elles sont soutenues par d’autres dans leur initiative. Commencent alors les luttes et les divisions.
On s’égare, d’une part parce qu’on n’a pas la connaissance de Dieu, et d’autre part, cet égarement est lié à un manque de lumière de Dieu. Nous avons tous en nous une part suffisante de Coré pour provoquer de la révolte, si nous ne comprenons pas que le pouvoir de Coré fait partie des dominations et autorités que Jésus a dépouillées, livrées publiquement en spectacle, et dont il a triomphé sur la croix, par la grâce de Dieu. Si tu donnes accès à l’envie de dominer, tu verras apparaître Coré sous sa forme la plus réelle. Cette personne, sous toutes ses incarnations, a pourtant été vouée à la perdition, il y a déjà des centaines d’années.
Depuis toujours, Dieu a choisi des personnes à qui il a confié des tâches diverses. Pierre nous dit : Frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que par ma bouche, les païens entendent la parole de l’Évangile et qu’ils croient. Ac. 15, 7.
Le Seigneur dit à Ananias : Va, car cet homme (Saul) est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois et devant les fils d’Israël. Ac. 9, 15.
Nous voyons que Dieu choisit des frères pour différentes tâches. Celui qui use de force pour se positionner au-dessus de cette élection de Dieu, et qui prend la place de celui que Dieu a choisi, entreprend de lutter contre Dieu lui-même, lui qui sait au mieux comment employer chacun en particulier.
Une fois qu’on a été éclairé, on a tendance, en vertu de cette lumière, à être critique à l’égard du travail de son frère. On peut se forger une opinion de lui derrière son dos, et quand le nombre de mécontents augmente, on estime que le moment est venu de livrer bataille, comme l’a fait Coré à son époque, accompagné de 250 principaux que l’on convoquait à l’assemblée. Ils se sont soulevés contre Moïse et lui ont dit : C’en est assez, car toute l’assemblée, tous sont saints, et l’Éternel est au milieu d’eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l’assemblée de l’Éternel ?
Coré et ses hommes voulaient prendre la relève. Ils voulaient montrer comment ils allaient rapidement faire sortir le peuple d’Israël du sable brûlant du désert. Ils allaient enfin mettre un peu d’ordre dans les choses. Mais quand le jugement de Dieu est tombé dans cette affaire, la terre s’est ouverte sous leurs pieds et a englouti Coré et tous ses adeptes, avec tous leurs biens. Ils descendirent vivants dans le séjour des morts. Nb. 16, 32. Et un feu sortit auprès de l’Éternel et consuma les 250 hommes.
Jude dit : Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré. V. 11.
Une fois que la lumière brille dans l’assemblée, elle éclaire un bon nombre de ceux qui ne sont pas encore parvenus à ce niveau de lumière dans leur vie et expériences personnelles. C’est ce qui explique que le péché dans la chair a vite fait de se manifester, car en vertu de sa propre lumière, on s’ingère dans les affaires d’autrui, cherchant à mettre de l’ordre dans leurs affaires. Il y a suffisamment de forces dans la chair pour qu’on soit prêt à tout pour faire valoir sa propre volonté. La lumière brille clairement, pourtant la souffrance dans la chair n’est pas parfaite au point qu’on en ait fini avec le péché. Le corps, l’âme et l’esprit ne suivent pas au même rythme la lumière reçue, c’est pourquoi on n’a pas le moindre scrupule à se jeter même sur des personnes qui ont été des instruments pour nous annoncer la Parole de Dieu.
Ou, comme le dit Mme Guyon : « Il y a trois personnes qui composent la divinité : le Père, le Fils et l’Esprit. Ces trois sont un. Pour que nous servions de la bonne manière dans l’Église, ces trois personnes doivent aussi être unifiées dans notre corps. »
C’est là qu’apparait le véritable soin des autres, un soin paternel. Car on a souffert soi-même dans la chair. Mais si la lumière a brillé, et que l’on n’a pas souffert jusqu’au bout, on reste enflé d’orgueil dans un entendement charnel si on cherche à diriger et à conduire les choses. C’est pourquoi il est dit : Après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand combat au milieu des souffrances. Voilà le secret. On ne doit pas dominer dans la première lumière, mais plutôt permettre à cette lumière de nous aider à supporter de grandes souffrances dans la chair. Une fois que tu les as endurées fidèlement, tu peux venir en aide à ceux qui sont tentés, car tu as toi-même souffert dans la chair.
La justice de Dieu défend aux personnes ayant envie de dominer de prendre le pouvoir. C’est pourquoi nous voyons aussi qu’elles ne parviennent pas à grand-chose avec leurs rébellions, si ce n’est qu’elles se dévoilent elles-mêmes comme étant des fauteurs de trouble, qu’il faut avoir à l’œil.
Les anges des églises d’Asie Mineure avaient tous beaucoup de manquements, et se voyaient reprocher leur grande misère, mais pourtant aucun d’eux n’a été destitué pour son incapacité. Dieu ne regrette ni ses dons, ni son élection. Celui qui cherche donc à destituer ce que Dieu a institué, entreprend un travail qui est voué à l’échec.
Pour remporter des victoires au dehors, chacun doit d’abord s’appliquer à remporter la victoire au-dedans, car Dieu ne fait pas acception de personnes. Personne ne doit se fier à sa propre justice. Ce serait une base très fragile pour le jour du jugement dernier. Il y a suffisamment de travail à faire, que ce soit à l’intérieur de l’assemblée de Dieu, ou pour attirer des âmes à Christ. Il n’y aucune raison d’employer son temps et ses forces pour trouver un moyen de parvenir au pouvoir. Commençons par nous abaisser nous-mêmes, et confions-nous en Dieu jusqu’à ce qu’il nous élève. Car ce n’est pas celui qui se loue lui-même, qui est approuvé, mais c’est celui que le Seigneur loue.
(L’article ci-dessus a aussi été publié dans Missionæren le 26/11/1917, signé J. O. S, « Skjulte Skatte » – note du rédacteur )