Vivre et régner

juin 1916

Vivre et régner

Quand la mort règne, la vie est chassée ; mais quand on règne dans la vie par Jésus-Christ lui seul, la mort est chassée.

Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Ro. 6, 11. Dans Skjulte Skatte, nous avons beaucoup parlé de la mort : qu’elle doit agir en nous, et que nous devons être morts au péché. Si donc cette mort agit, nous avons toutes les raisons de parler du fait de se considérer comme vivant en Jésus-Christ. Les conséquences du fait de se considérer comme vivant sont directement liées au fait de régner.

Ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice règneront dans la vie (vivront et règneront, trad. norv.) par Jésus-Christ lui seul. Ro. 5, 17.

Un homme ne peut pas donner sa pleine mesure avant qu’il ait suffisamment mûri pour pouvoir vivre et régner.

Que signifie vivre et régner ?

Nous sommes tous environnés de péché et d’impiété de tous côtés. Si tu sais en être vainqueur, alors tu vis et tu règnes.

Des hypocrites religieux et des pharisiens cherchent de tous côtés à te planter un couteau dans le dos. Si tu es capable de les frapper de l’épée de l’Esprit et de dévoiler leur ruse, alors tu vis et tu règnes.

Koré se soulève par jalousie en notre propre sein ; si tu es en relation avec Dieu de sorte que la terre s’ouvre et les engloutit, alors tu vis et tu règnes.

Des personnes prétendument cultivées cherchent à te dominer et à te séduire. Si tu vis et que tu règnes, tu sais toi-même quel accueil réserver à chacun.

Si tu te tiens dans le conseil de Dieu, tu es apte à vivre et à régner. Tu deviens autonome, et il y a de la place pour beaucoup de personnes de ce genre. Nous devons en effet tous croître à tous égards en celui qui est la tête, Christ. Mais si tu es en relation avec la tête, tu n’as pas besoin d’un intermédiaire pour entendre ce que l’Esprit dit à l’Église. Par cette voix, tu peux toi-même vivre et régner.

Mais si tu n’as pas confiance en toi-même et que tu n’oses pas faire confiance aux révélations de Christ, alors ne cherche jamais à régner. Ben Sira dit : Dans tout ce que tu fais, aie confiance en ton âme, car cela aussi est observation des commandements. Ecclésiastique 32, 23.

En vivant et en régnant en Jésus-Christ, tu es victorieux de toi-même, des ennemis de la croix et de tout le pouvoir de Satan, dans toute la mesure dans laquelle Dieu t’a éclairé.

Mais pour cela, il faut de la fidélité. On ne peut pas être un peu négligent par-ci et un peu conciliant par-là, que ce soit par politesse ou par lâcheté.

Quand la majorité dans l’assemblée de Dieu commence à vivre et à régner, on peut attendre d’un moment à l’autre la grande offensive qui vaincra toute inimitié contre la croix de Christ. Cela donnera le coup de grâce à la doctrine fausse et désinvolte de liberté, qui domine et qui est entretenue par l’hypocrisie des faux docteurs. La puissance de Christ et l’évangile seront à nouveau mis à l’honneur.

Si tu vis par Christ, exerce-toi par la foi à aussi régner avec lui.

C’est pourquoi l’Écriture dit : Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit – Ga. 5, 25 – ce qui veut dire la même chose que d’avancer dans l’Esprit. Mais quelqu’un a-t-il pu avancer dans l’Esprit sans rencontrer de la résistance ? Non ! C’est pour cela que celui qui avance dans l’Esprit doit régner par Jésus-Christ.

Si nous régnons par Jésus-Christ, la conséquence en est que l’assemblée croît pour parvenir à l’état d’homme fait. Ép. 4, 11 et suivants. Mais si quelqu’un veut régner selon la chair, il attribue la gloire à sa propre personne, à son propre journal et à tout ce qui touche au moi.

La communion dans l’Assemblée de Dieu est fondée sur la mort de Christ et sur le fait de marcher dans la lumière, pour que la mort agisse.

Là où la mort de Christ règne dans l’assemblée, la vie régnera aussi. Dans de telles assemblées, on n’élit pas des pasteurs, des évangélistes, des prophètes et des docteurs, car Dieu les a déjà établis.

Mais on prétend plutôt que c’est « biblique » de réussir à inscrire le plus de gens possible dans le registre paroissial, puis d’instituer de manière humaine des personnes qui, pour beaucoup d’entre elles, n’ont jamais été instituées par Dieu.

Celui qui règne par Jésus-Christ ne se laisse jamais aller à une telle folie. C’est Dieu lui-même qui a formé son Assemblée. Nous n’avons aucun droit d’exclure qui que ce soit de l’Assemblée en fabriquant une assemblée. Cette folie n’est pas amoindrie par le fait qu’on impose à ses brebis d’être en bons termes avec les autres assemblées.

Il y a bien assez de synagogues pour ne pas en créer de nouvelles. Mais celui qui crée quelque chose et qui institue des personnes en devient lui-même grand, et c’est certainement cela qui a le plus d’importance. On se confond en excuses pour lâcher telle synagogue, tout en posant le pied dans une nouvelle synagogue.

Et on appelle cela aller à lui, en dehors du camp !

Non ! c’est trop compliqué de garder les brebis en dehors du camp. Mais si seulement on les surveille assez pour réussir à les mettre dans une synagogue, elles y sont bien enfermées sous verrou.

Et on appelle cela de la liberté !

Ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait encore plus de personnes qui constituent ainsi des assemblées « bibliques ». Il y a plein de « vagabonds religieux » qui ne sont pas du tout mûrs pour la liberté en dehors du camp. Les surveillants d’assemblée fraîchement recrutés devront essayer de réaliser ce que la croix n’a pas pu faire.

Nous en voyons beaucoup de nos jours qui cherchent à vivre et à régner ; mais c’est une autre chose de savoir s’ils règnent tous par Jésus-Christ lui seul.

Certains cherchent en effet à régner sur les assemblées, sans avoir jamais été eux-mêmes des exemples dignes d’être imités, de manière à pouvoir dire : Soyez mes imitateurs, comme je le suis de Christ.

On voit ainsi des prédicateurs ne pas se gêner pour prêcher dans l’assemblée de Christ dans une ville, parmi les amis libres dans une autre ville, et à la mission libre dans une troisième, suivant les avantages procurés par les uns ou les autres.

Est-ce que c’est cela, vivre et régner ?

J’ai plutôt l’impression que c’est l’égarement de Balaam qui règne ; lui aussi recherchait le gain et l’honneur.

Dieu a suscité une Assemblée dans le sang de Christ. Cesse de fabriquer des assemblées ! Il a établi certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, docteurs, etc.

Soyons affranchis du désir de fabriquer un pasteur et un docteur. Et demande à Dieu de te sauver de la tendance à qualifier de telles ténèbres de « bibliques ».

C’est très moderne d’utiliser le terme « biblique » comme un slogan. On cherche ainsi à frapper doublement. Tout d’abord dominer de manière « biblique » l’adversaire qui vient avec ce qui est vrai et juste. Et puis s’établir soi-même à hauteur de toute cette folie. Par la grâce de Dieu, nous allons aussi régner sur ces choses par Jésus-Christ lui seul, lui qui veille sur son honneur et ne le partage pas avec quelque chair que ce soit. Pour Dieu, c’est tout aussi erroné que la chair soit éduquée dans une synagogue et prenne le nom de pasteur, ou qu’elle soit entraînée à la guerre et prenne le nom de guerrier. Un seul est Dieu ; mais nous sommes tous frères.

Certains se qualifient eux-mêmes de « prédicateur », d’autres « d’évangéliste », d’autres encore de « pasteur ».

Voilà ce que ça donne quand la chair règne et que les gens sont assez aveuglés pour mordre à cet hameçon. Et on qualifie cette folie de « biblique » ! Que Dieu sauve son peuple de cette prétendue bible.

On se flatte d’être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, Ro. 2, 19, et on est à l’opposé de tout ce qui est biblique en voulant se faire appeler pasteur, volontiers prédicateur, volontiers évangéliste.

Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion. Mais c’est devenu « biblique » de créer la communion ou de rompre la communion, sans tenir compte de la marche dans la lumière. Tout est en ordre à condition que l’apparence extérieure de la piété soit en ordre et que le nom soit inscrit dans le registre. Oui, c’est même « biblique ».

Le peuple de Dieu va d’une folie à une autre, et ceux qui sont à la barre n’ont pas fait autre chose de toute leur vie que de s’échouer.

Mais ces derniers temps, il semble que « le Mouvement » se soit échoué si violemment sur un écueil qu’ils déconseillent de chercher à remettre le navire à flot. Ils ont plutôt décidé de s’établir sur cet écueil et d’y habiter ; c’est finalement plus sûr. La navigation a été éprouvante : obscurité, ténèbres, récifs sous-marins, mauvaise connaissance des eaux traversées, une tempête après l’autre.

Mais maintenant tout est devenu calme. On peut maintenant vivre en paix et prendre soin du service au tabernacle, dans le camp. C’était impossible à l’extérieur. On peut donc se reposer après toutes ces péripéties.

Je veux te conseiller de ne jamais te lancer dans une telle navigation sans avoir fait d’abord tes calculs de cap et sans étudier avec soin les fonds marins. C’est dangereux à l’extérieur du camp.

Mais prends aussi garde à ce qui se passe à l’intérieur du camp. Certes, le repos est agréable, mais il n’en reste pas moins « biblique » que l’homme qui s’écarte du chemin de la sagesse reposera dans l’assemblée des morts. Pr. 21, 16.

On se met en danger quand on se passe de la croix et qu’on ne supporte pas l’opprobre d’aller en dehors du camp.