Le second Adam

mai 1916

Le second Adam

Ces derniers temps, plusieurs articles ont été publiés dans lesquels on insiste avec véhémence sur le fait que la chair de Jésus aurait été comme celle d’Adam avant la chute. Pour des personnes indifférentes aux questions religieuses, cette question a peu d’importance, mais pour ceux qui confessent qu’ils craignent Dieu, c’est une affaire vitale.

Hé. 2, 14. Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable.

Pourquoi Jésus a-t-il participé au sang et à la chair ? Pour que par la mort, il anéantisse celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable.

Nous poserons donc cette question : le diable avait-il du pouvoir en Adam avant la chute originelle ? Et Adam connaissait-il la mort avant la chute ?

Il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle. Hé. 2, 17.

S’il avait dû être rendu semblable à Adam avant la chute, il aurait dû être écrit à l’extrême limite « semblable à son frère », car Adam ne peut être désigné qu’au singulier ; mais en fait, il est écrit « semblable à ses frères ».

Il devait délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. C’est pour cela qu’il est venu en chair.

Mais Adam avant la chute était-il retenu dans la servitude par crainte de la mort ?

Il vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair. Col. 1, 22.

Une réconciliation peut-elle avoir lieu dans une chair qui est déjà réconciliée ? Ou la mort a-t-elle pu avoir lieu en Adam avant la chute, alors que la mort n’existait pas encore ?

Par sa chair, il a anéanti la loi des ordonnances dans ses prescriptions. Ép. 2, 15.

Note bien l’expression : Par sa chair.

Adam avait-il avant la chute des ordonnances et des prescriptions, qui auraient pu être anéanties par sa chair ? Adam avait-il reçu avant la chute le commandement : honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu te donne ? Ex. 20, 12.

Ou lui avait-il été ordonné : tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain ? v. 17.

Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi. Ga. 4, 4.

Adam avant la chute était-il donc né sous la loi ? Ou est-ce qu’un rachat pouvait être trouvé par sa chair pour ceux qui étaient sous la loi ?

Il a inauguré pour nous une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair.

La chair de Christ était un voile qui devait être déchiré pour céder la place à la route nouvelle et vivante.

Quelqu’un croit-il qu’Adam avant la chute avait une chair au travers de laquelle une route nouvelle et vivante devait être frayée ?

Est-ce difficile à comprendre ?

Oui, il est très difficile pour toute chair de comprendre Christ manifesté en chair. Ce n’est pas seulement très difficile, c’est tout simplement impossible, c’est pourquoi les Écritures disent aussi :

Le mystère de la piété est grand : Christ manifesté en chair, justifié par l’Esprit. 1 Ti. 3, 16.

Christ manifesté en chair est un mystère qui n’est révélé qu’à ceux qui sont pieux. Mais Adam manifesté en chair n’est pas un mystère ; nous avons entendu et vu plus qu’assez à son sujet, et cette compréhension de Christ manifesté en chair est à rejeter complètement.

Une partie importante et capitale de la Bible est cachée pour ces docteurs du peuple, qui annoncent que la chair de Christ était comme celle d’Adam avant la chute. Ce n’est que leur propre chair qui aveugle leurs propres yeux. S’ils avaient un peu plus de piété, ils comprendraient le mystère et s’en réjouiraient.

Aucune parole de l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé. Supporte donc que ces paroles de 1’Écriture soient elle aussi interprétées ; car ce qui a été dit et écrit par le Saint-Esprit doit également être résolu et interprété dans et par le même Esprit.