Pères en Christ et maîtres

octobre 1916

Pères en Christ et maîtres

Il y a beaucoup de connaissance parmi nous maintenant ; loué soit Dieu pour cela. Mais il faut malheureusement constater que la plupart des gens n’ont pas un cœur de père. Paul dit : Quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères. 1 Co. 4, 15.

Nous avons tous la connaissance. La connaissance enfle, mais la charité édifie. Si quelqu’un croit savoir quelque chose, il n’a pas encore connu comme il faut connaître. 1 Co. 8, 1-2.

On peut se servir de la connaissance pour satisfaire la chair, pour être sage et riche. Paul dit aux Corinthiens : Sans nous, vous avez commencé à régner.

Christ est venu pour sauver des âmes humaines. Si Dieu nous a donné quelque chose, nous devons nous en servir pour sauver des âmes. Un étalage de connaissance pour enorgueillir la chair ne sauve personne. La connaissance par elle-même n’est qu’une forme si elle n’est pas accompagnée d’amour. C’est pourquoi elle est aussi appelée une règle (ou forme) de doctrine. La connaissance est tronquée, elle n’est pas parfaite, car on ne comprend qu’en partie et on prophétise en partie. Pour qu’elle devienne parfaite, elle doit être remplie de l’amour d’un père pour les âmes. La connaissance ne doit être que le moyen auquel nous avons recours dans l’amour, pour parvenir à notre but, à savoir le salut des âmes. Combien de personnes as-tu gagnées pour Christ par ta connaissance ? Si tu n’as gagné personne, mais que tu te réjouis d’en avoir vaincu beaucoup, je crains que tu ne fasses partie des dix mille maîtres.

On peut fort bien dire : Il est écrit ceci ou cela, et je considère toute personne qui me contredira comme un menteur. Très bien, mais comprends-tu toi-même ce que tu lis ? Aucune parole de l’Écriture n’est donnée pour ta propre interprétation. C’est poussés par le Saint-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé. Cette parole doit donc être annoncée et expliquée dans le même Esprit. De même que Dieu honore plus un père que son enfant, la connaissance partielle des maîtres leur est enlevée pour être intégrée et utilisée dans la vision claire et prophétique des pères, lorsqu’il y a besoin de force. En effet, ce qui est partiel est aboli quand ce qui est parfait paraît. Ne t’enfle donc pas d’orgueil pour quelque chose qui au bout du compte ne sera qu’une partie d’un tout. Demande plutôt à Dieu qu’il te donne les sentiments qui permettent de contribuer au salut des âmes. Dieu te rendra peut-être alors fécond, et tu deviendras un des rares pères.

Les choses se terminent mal si on ne pense qu’à sa propre personne et à sa propre petite assemblée. Cette assemblée est peut-être partiellement soudée par des liens de parenté selon la chair, ou par des formes extérieures, etc. On constate une fois après l’autre que des personnes dont on aurait pu penser qu’elles étaient devenues des piliers dans l’assemblée de Dieu, manquent en réalité à tel point de sentiments paternels qu’elles font les bêtises les plus ahurissantes dans leur ministère pour le salut des hommes. Il s’avère une fois après l’autre que ce sont les maîtres qui sont à l’œuvre, plutôt que les pères.

Un maître peut certes dispenser un enseignement ; mais une fois que le temps de l’enseignement est écoulé, il ne se sent plus responsable de l’enfant ; il est libre et s’en réjouit.

Le père de l’enfant, en revanche, ne se réjouit pas quand l’enfant s’en va, mais quand il vient. Il cherche à alléger tous ses fardeaux ; c’est son développement et ses progrès qui réjouissent son cœur. Il ne fait aucun cas de sa propre connaissance, si seulement l’enfant développe des capacités. En effet, les pères n’amassent pas pour eux-mêmes, mais pour leurs enfants. Le père et l’enfant sont liés l’un à l’autre par des liens d’amour réciproque. As-tu de tels enfants ? Si c’est le cas, tu n’assommes pas ton fils avec ta connaissance, pour t’en aller ensuite plein de joie à l’idée que tu lui as dit ses quatre vérités !

De même que l’amour doit augmenter de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence, afin que nous soyons irréprochables – Ph. 1, 9 – la connaissance doit aussi être remplie d’amour pour Dieu et pour les hommes, si on veut éviter d’offenser les autres.

Certains se vantaient d’être sages, mais étaient devenus fous. Ro. 1, 22. C’est ainsi que la folie se manifeste aisément quand on pense savoir quelque chose à cause de sa connaissance.

Jean est venu pour ramener le cœur des pères vers les enfants et le cœur des enfants vers leurs pères.

Mais l’esprit du siècle, qui s’insinue dans l’assemblée de Dieu, cherche à détruire cette bonne relation et à tout mettre sens dessus dessous, de sorte que les enfants prennent l’autorité des pères, et que les pères, qui semblent faibles en Christ, cèdent devant la force des enfants. Mais que dit l’Écriture : vous êtes forts ; et ce que nous demandons dans nos prières, c’est votre perfectionnement. 2 Co. 13, 9.

Les choses étant ainsi, et ne pouvant en aucune manière être modifiées, efforçons-nous de rassembler pour Christ. C’est le loup qui cherche à disperser.

Que les sentiments parfaits qui étaient en Christ soient aussi en vous.