Quelques réflexions supplémentaires sur le service militaire

septembre 1915

Quelques réflexions supplémentaires sur le service militaire

Les témoignages qui ont été publiés dans le numéro 6 de « Skjulte Skatte » concernant l’attitude que les saints doivent avoir au sujet du service militaire semblent avoir provoqué passablement de consternation un peu partout, mais personne n’a fourni une analyse réellement objective de cette question. Et cela vient sans doute du fait qu’ils n’ont rien de vraiment solide à opposer. Même « Det gode budskap », dont on pourrait attendre quelque chose de plus, a apporté la preuve de son ignorance en la matière, dans la rubrique « De jour en jour ».

Mais il se trouve que, dans les assemblées libres, on travaille main dans la main avec l’impiété, car la liberté a dépassé ses limites et s’est étendue jusqu’à la chair. On travaille dans des ateliers ou à d’autres endroits et on ingurgite du socialisme, puis on va aux réunions et on imprègne les réunions religieuses du même esprit. La police et l’armée gênent les impies, c’est pourquoi il importe d’éliminer ces puissances pour que l’Antéchrist puisse s’imposer plus facilement. Et les assemblées libres croient travailler pour Dieu, bien qu’elles soient attelées au même joug que l’esprit de l’Antéchrist ! Mais elles haïssent la croix, et c’est pourquoi Dieu les livre à leur sens réprouvé. De nos jours, on a besoin de vérité. On s’est assez longtemps laissé séduire par des comiques religieux qui satisfont leur chair avec les rires et les applaudissements de la foule. Leurs blagues sont pourries, on les a entendues trop souvent. Nous avons besoin d’une nourriture salée, nous avons besoin d’une nourriture par laquelle nous pouvons vivre. Mais ce qu’on sert est du sel qui a perdu sa force et qui n’est d’aucune utilité ni pour la terre ni en tant qu’engrais. C’est pourquoi on va à la dérive comme des épaves religieuses dont la foi n’a ni but ni intention précise. Ils ont tous sauté au chapitre 8 des Romains et ont été affranchis de la loi et de la croix. Ils flottent dans l’espace comme des astres errants et estiment que les lois de l’Esprit sont de l’esclavage. Ce serait terrible pour leur liberté s’ils devaient faire leur simple devoir, en obéissant à ce que les lois du pays prescrivent au sujet du service militaire. On embrasse la Bible en présence de la foule pour montrer combien on l’aime, et, contrairement à l’enseignement de la Bible, on prêche la désobéissance envers les lois du pays. Si je lis bien, il est dit au chapitre 13 des Romains :

Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes, etc. Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal.

Le même Dieu qui dit que celui qui saisit l’épée périra par l’épée dit aussi que ce n’est pas en vain que l’autorité porte l’épée. Et c’est une bonne chose qu’elle ne porte pas l’épée en vain, car sinon, nous serions rapidement dévalisés et expulsés de nos maisons et de nos foyers par tous ces gens avides de gain qui aspirent à la liberté pour la chair. La seule chose qui les retient de commettre des actes impies est la police et l’armée. Ils ont peur de l’épée ; il n’est pas étonnant qu’ils soient furieux contre elle. Nous sommes prêts à tout moment à agir comme des serviteurs de Dieu quand et où cela s’avérera nécessaire en obéissant à la loi dictée par l’autorité.

Les agents de police portent l’épée et la matraque, faut-il pour autant les faire disparaître ? Je suis étonné de voir que des gens qui prêchent aux autres sont à ce point aveugles et incapables de voir de loin, mais cela vient sans doute du fait qu’ils ont depuis longtemps oublié la purification de leurs anciens péchés. 2 Pi. 1, 9.

On ferme les yeux quand on voit quelqu’un haïr son frère et juger son frère, bien que ces péchés soient aussi répréhensibles que de commettre un meurtre. On ferme les yeux quand quelqu’un s’entoure le plus possible du luxe et de la gloire de ce monde, en même temps qu’on montre du doigt et qu’on dit du mal de choses qu’on n’a pas comprises et qu’on ne semble pas être en mesure de comprendre.

Dans l’Ancien Testament, il est dit : Tu ne tueras point, Mt. 5, 21, Ex. 20, 13, et le Seigneur dit néanmoins à Saül : Va maintenant, frappe Amalek, et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient ; tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et brebis, chameaux et ânes.

D’aucuns diront : Il était donc permis de tuer dans l’Ancien Testament. Non ! ce n’était pas permis, car le commandement disait : Tu ne tueras point, et malgré tout, le même Dieu ordonne : Tu feras mourir les Amalécites. Peut-être qu’un de ceux qui croient fermement en leur propre autorité et qui embrassent la Bible devant tout le monde voudra bien m’expliquer cela avec plus de précision.

Mais je crois que les assemblées libres de Norvège sont parties depuis longtemps pour aller à Babylone, car leurs idées s’embrouillent. La confusion s’est installée. Ils prêchent la mort et vivent dans le luxe, ils prêchent le mépris de la connaissance mondaine et ils travaillent dur pour que leurs fils aient une bonne place dans le monde.

Remballe donc ce genre de théories, car elles ne supportent pas la lumière. Continue à tirer des flèches dans l’obscurité, mais ne dirige jamais tes flèches contre la lumière, cela ne te sera d’aucun profit.

Si quelqu’un nous fait personnellement du mal selon la chair, nous devons tendre l’autre joue et ne pas nous venger, mais qu’est-ce que cela a à voir avec la guerre ? On n’éprouve pas personnellement de la haine envers quelqu’un contre qui on combat. Et mon corps n’est-il pas aussi exposé que celui d’un adversaire ? Ou quelqu’un croit-il que la corruption qui règne en temps de paix est davantage en bénédiction que la guerre ? Le Seigneur dispose de beaucoup de moyens pour punir les nations, et n’aie pas la stupidité de vouloir ôter ces moyens de sa main.

Le châtiment apporte la sagesse et l’affliction la patience, mais la liberté impie mène à une conduite sans frein. Et ce sont justement de telles personnes sans frein qui pourraient avoir besoin d’une solide camisole de force.

La vérité nous rend sain dans la foi, la croix nous apprend à obéir à la loi. Car Christ lui-même s’est chargé de sa propre croix en obéissant à l’autorité et il l’a portée pour être crucifié. Tout ce qui fait partie de la chair doit obéir à l’autorité et si une personne qui s’est laissé influencer par la pensée socialiste fulmine contre ce qui impose une contrainte à la chair, cela n’anéantit pas le commandement de Dieu pour autant.

C’est tout à fait autre chose si l’autorité veut nous interdire de prêcher Christ. Dans de tels cas, il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Un frère avait refusé de faire le service militaire pour des raisons religieuses, mais il a eu ensuite mauvaise conscience et il s’est présenté au recrutement. Certains reviennent de l’armée après quelques jours passés aux arrêts et ils retournent aux réunions et se présentent comme des martyrs et des héros du fait de leurs exploits en tant qu’objecteurs de conscience. On n’a pas besoin de beaucoup de lumière pour comprendre qu’un grand nombre d’entre eux n’ont fait que soigner leur propre chair et leur honneur.

Je dois pourtant dire que tous ces prédicateurs font un bon travail et ils ont déjà récolté beaucoup de fruits de leur travail, car il s’avère qu’il est devenu moderne dans les assemblées libres de refuser de faire le service militaire, exactement en même temps que c’est devenu moderne parmi les socialistes. Nous comprenons quelles sont les sources de leur foi et de leur œuvre.

Sortez du milieu d’eux, mon peuple, et ne touchez à rien d’impur. Babylone ne peut pas être guérie. Jé. 51, 9. Les guerriers de Babylone cessent de combattre, ils se tiennent dans les forteresses ; leur force est épuisée, ils sont comme des femmes. Jé. 51, 30.

Voilà ce qui arrive aux puissants de Babylone. Ils se retrouvent pour finir dans une forteresse ou une villa, perdent leur force et sont comme des femmes.

Paul a été sauvé deux fois par des soldats. La multitude voulait le lapider, mais les soldats l’ont porté. Ac. 21, 35. Deux cents soldats, soixante-dix cavaliers et deux cents archers ont sauvé Paul des 40 hommes qui avaient juré de ne pas manger ni boire avant d’avoir tué Paul. Ac. 23, 23.

Ces soldats se sont comportés comme des serviteurs de Dieu, et on devrait remercier Dieu pour ce que ces soldats ont fait, car si ces hommes avaient été objecteurs de conscience, nous n’aurions sans doute pas eu plusieurs épîtres de Paul.

Je ne veux pas glorifier la guerre, mais je ne veux pas non plus condamner les hommes qui font leur service militaire. Car je crois que parmi les soldats morts, j’en rencontrerai beaucoup dont l’éclat dans l’éternité dépassera de beaucoup en force celui des hommes qui prêchent l’absence de loi et la fausse liberté.