L’apparition de l’homme du péché et de l’homme de Dieu
Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. 1 Co. 2, 14.
Les choses de l’Esprit de Dieu lutteront toujours contre le péché dans la chair et elles ne seront évidemment pas au goût de l’homme naturel. En revanche, les choses qui sont liées au péché seront toujours au goût de l’homme naturel. Le péché invite à la recherche du plaisir, tandis que l’Esprit de Dieu invite à la souffrance pour la chair. Et pourtant, le péché amasse un jugement à chaque fois que la chair a éprouvé du plaisir, tandis que l’Esprit de Dieu amasse de la force et l’espérance de la gloire, après chaque souffrance. Cela n’a rien d’étonnant que l’homme naturel ne reçoive pas les choses de l’Esprit de Dieu.
L’Esprit de Dieu exige qu’âme et esprit soient séparés. Le péché invite à établir un lien plus fort entre les deux. Lorsque la convoitise a conçu, elle enfante le péché, et lorsque le péché est consommé, il enfante la mort. La convoitise est l’exigence que le péché dans la chair impose à l’homme naturel. Lorsque l’entendement accepte cette exigence, la convoitise a alors conçu et elle enfante le péché. Le jugement de Dieu dans la conscience pèse sur ce péché qui vient de naître. Le même entendement, qui cédait à la convoitise, ressent maintenant le jugement. Mais s’il n’est pas suivi d’effet et si l’homme n’accepte pas le châtiment qui mène à la conversion, le jugement qui pèse sur la conscience semble avoir disparu. On meurt dans ses transgressions et ses péchés. Le péché est consommé lorsqu’on n’accepte pas le jugement qui pèse sur la conscience, et la mort s’installe. L’homme naturel suit la loi du péché et de la mort. L’homme commet à nouveau le même péché sans que le jugement de Dieu pèse sur sa conscience. La conscience est paralysée à l’égard du même péché et inaccessible au jugement. La fois suivante, l’homme fait un pas de plus dans le péché et l’impiété. La conscience est éveillée à l’égard de ce nouveau péché, et on se sent condamné. Si alors, une nouvelle fois, on ne tient pas compte du jugement dans la conscience, on se relâche aussi à l’égard de ce péché, et, par la suite, on pourra le commettre sans être jugé par sa conscience. Le péché est consommé et il a enfanté la mort.
D’aucuns demanderont : quand le péché est-il consommé ? Le péché est consommé quand l’homme ne se détourne pas du péché qu’il a commis, même après avoir été repris dans sa conscience. Si l’homme cherche à échapper au châtiment dans sa conscience, cela engendre la mort. Dans cette mort, on est insensible et une sorte de paix s’installe – une paix de mort à l’égard des tourments de la conscience. Mais si, dans cet état, on a obtenu la paix à l’égard de sa conscience, on n’a toutefois pas obtenu la paix avec Dieu. Si le jugement de la conscience a disparu, le jugement de Dieu n’a pas disparu pour autant. Pour que la conscience agisse, il faut qu’il y ait en nous quelque chose qui n’a pas encore goûté au péché susceptible d’être commis. Mais le jugement de Dieu agira sur un homme qui a une conscience morte lorsqu’on devra rendre des comptes au dernier jour à celui qui est prêt à juger les vivants et les morts.
À mesure que le péché étend son règne, l’homme passe sous l’emprise de la loi du péché et de la mort. La paix de mort s’installe dans la conscience et on accumule de la colère pour le jour de la révélation du jugement de Dieu. De cette façon, la convoitise entraîne l’homme de plus en plus loin dans le péché et la mort, et l’image de Satan devient visible petit à petit.
L’homme naturel qui n’a pas reçu les choses de l’Esprit de Dieu passe de l’état d’homme naturel à celui d’homme du péché. Cela se produira à la perfection dans l’Antéchrist qui, d’ailleurs, est le seul qui soit appelé homme du péché. 2 Th. 2, 3. L’homme naturel, lié en partie à l’homme du péché, est appelé le vieil homme, mais le vieil homme se corrompt par les convoitises trompeuses. C’est pourquoi tout le péché qui est dans le monde vient de la convoitise.
Par opposition à cet état misérable, celui qui est né d’eau et d’Esprit suit exactement le chemin inverse. La convoitise le tente aussi, mais il préfère souffrir plutôt que de pécher. Cela a pour conséquence que le péché dans la chair en prend un coup. Le péché dans la chair perd le pouvoir sur ce point et, la fois suivante, il se manifeste d’une autre manière. Là encore, on choisit de souffrir, le péché dans la chair prend encore un coup et la mort de Christ pénètre de plus en plus profondément dans la vie de l’esprit. On n’est plus tenté dans les domaines où on était tenté avant. Le péché est mort dans les domaines où, une fois après l’autre, la convoitise n’a pas été satisfaite. L’homme naturel est détruit et l’homme de Dieu se manifeste à mesure qu’on renonce à la convoitise et qu’on souffre dans la chair, car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché. 1 Pi. 4, 1.
Choisissons par conséquent de souffrir dans la chair pour en finir avec le péché.