Le péché dans la chair

octobre 1915

Le péché dans la chair

Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.

Et nous écrivons ces choses, afin que votre joie soit parfaite. 1 Jn. 1, 3 et 4.

Il faut de la fidélité pour ne dire que ce qu’on a vu et entendu dans l’Esprit. Tous ceux qui font cela ont communion les uns avec les autres et avec le Père et son Fils Jésus-Christ. Le mensonge est exclu et la joie devient parfaite.

Toute cette infidélité et ce mensonge à l’égard de ce qu’on voit et entend produit toutes sortes de doctrines qui n’apportent ni communion ni joie. Mais celui qui est disciple de Christ et fait la volonté de Dieu apprend par ce qu’il entend, voit et comprend. La fidélité dont on fait preuve en annonçant ces choses conduit à la communion et à la joie.

Ce n’est pas tout ce qu’on entend et voit qui amène la communion, mais ce qu’on entend et voit au contact de l’Esprit de Christ.

Qu’est-ce que Jean a donc vu pour que nous puissions avoir communion avec lui ? Il a vu qu’il avait du péché dans sa chair, et s’il avait dit qu’il n’avait pas de péché, il se serait trompé lui-même et la vérité n’aurait pas été en lui.

Nous sommes arrivés loin si, avec Jean, nous voyons le péché qui est dans notre chair.

À la lumière de l’Esprit, Paul voyait aussi le péché dans sa chair, car il priait pour qu’il ne règne pas dans notre corps mortel. Ro. 6, 12. Jean et Paul avaient communion sur ce point.

Si donc le péché existe dans le corps, même s’il ne règne pas, comment pouvons-nous en être débarrassés ?

Paul nous donne une indication en nous rappelant que le vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. Ro. 6, 6.

Le péché ou le corps du péché ne doivent pas régner. Le vieil homme a été crucifié et le péché dans le corps ou le corps du péché est anéanti.

Au cours de cet anéantissement ou de ce processus qui nous rend conformes à Christ dans sa mort, Ph. 3, 10, nous voyons et entendons beaucoup de mystères du royaume de Dieu, car le voile qui marque l’entrée du lieu très saint est déchiré. Si on veut dire aux autres ce qu’on entend et voit, il faut avoir recours à la parole de la croix, puissance de Dieu, dont la mission est de traverser la chair pour que nous parvenions à ces trésors éternels et glorieux. Quand on a une même vision de ces choses, cela apporte de la communion et une joie parfaite.

À la fin des siècles, Christ a paru pour abolir le péché par son sacrifice. Par son sacrifice, il a ôté le péché dans la chair, Hé. 9, 26 ; il a subi la mort selon la chair, mais il a été rendu vivant quant à l’esprit. Le mystère de la piété est grand, lui qui a été manifesté en chair, justifié en esprit, vu des anges, prêché parmi les Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire.

Par la piété, on peut plonger le regard dans les mystères de Christ et, ainsi, voir et entendre des choses comme la communion et une joie parfaite.

Jean dit : Voici l’agneau de Dieu qui porte le péché du monde. Il est de notoriété publique que tout le péché qui est dans le monde n’est pas seulement en dehors du corps, mais qu’il demeure aussi dans le corps. Jacques dit : D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? Ja. 4, 1. Que le péché ne règne pas dans vos corps mortels pour que vous obéissiez à ses convoitises. Nous voyons que le péché habite dans le corps. Puisque Jésus a porté le péché du monde entier, a-t-il donc porté le péché que nous avons dans notre corps à l’extérieur de son corps ? Ou Dieu a-t-il condamné le péché à l’extérieur de la chair ? Dans Ro. 8, 3, il est dit que Dieu a condamné le péché dans la chair.

Nous en concluons que Jésus, l’agneau de Dieu, a porté notre péché dans et à l’extérieur de son corps, car il a été mis au nombre des malfaiteurs, et en tant que tel, il peut sauver ceux qui transgressent la loi. Les péchés que nous sommes susceptibles de commettre et ceux que nous avons commis, qui sont un fruit du fait que le péché dans le corps a régné, ont été posés sur lui, tandis que le péché dans la chair dont nous avons hérité a été englobé par sa chair pour être jugé dans la chair.

Loué soit Dieu par Jésus-Christ, qui nous sauve du péché, dans notre corps comme à l’extérieur de celui-ci. Il a été fait pour nous, par Dieu, sagesse, justification, sanctification et rédemption. L’Esprit, l’eau et le sang témoignent de ces choses. Si le péché du monde a simplement été posé sur le corps de Jésus, comme on l’enseigne, comment le sang peut-il purifier ? Comment le sang peut-il témoigner ? Si le sang purifie et témoigne, cela prouve que le péché a été dans les membres avec le sang. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Si donc le sang réside dans le corps et que mon corps est un membre du corps de Christ, cela montre bien que le péché est dans sa chair. Ce n’est pas seulement dans la gloire que nous devons être réunis à lui ; nous devons d’abord être réunis à lui dans l’abaissement et souffrir avec lui pour être ensuite glorifiés avec lui. Jésus, le Fils de Dieu, a renoncé à sa dignité et il est venu dans la postérité d’Abraham, en devenant semblable à ses frères en toutes choses. Il s’est ensuite encore abaissé en devenant obéissant jusqu’à la mort, oui, la mort de la croix. C’est dans cet abaissement que nous devons le suivre pour devenir participants de sa gloire.

Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui, saints, irrépréhensibles et sans reproche. Col. 1, 21 et 22.

S’il nous a réconciliés dans le corps de sa chair par la mort, et que nous sommes sans cesse livrés à cette mort dans le corps de sa chair, cela prouve pleinement que le péché dans la chair reçoit son jugement et sa mort avec le jugement et la mort du péché dans la chair de Christ.

Si ces vérités pouvaient être comprises avec la tête, il y a longtemps qu’on les aurait comprises, mais elles doivent être comprises en esprit, et c’est là que le bât blesse, justement parce qu’on est charnel et lent à comprendre.