Serviteurs du Seigneur ; serviteurs dans l’assemblée !
Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur ministère (qu’ils servent dans l’assemblée – autre trad.), s’ils sont sans reproche. 1 Ti. 3, 10.
Ils doivent servir dans l’assemblée – pas dominer et vouloir se faire servir. Ils doivent conserver le mystère de la foi dans une conscience pure et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons.
Dans le temps, on aimait bien se faire appeler Rabbi, Rabbi, mais maintenant on préfère s’appeler pasteur, pasteur pour indiquer par là qu’on dépasse les autres d’une tête. On a droit à ce titre convoité quand on a suivi des cours à une institution religieuse quelconque.
Mais que dit l’Écriture ? Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre Maître, Christ, et vous êtes tous frères. C’est comme s’il avait voulu dire : ne vous faites pas appeler pasteur.
L’Assemblée, qui est son corps, se compose de beaucoup de membres. Ils ont tous leurs caractéristiques propres et chacun doit être traité à sa manière. Il ne suffit pas d’un sermon de temps à autre à toute l’assemblée ; chacun doit être exhorté, dirigé, porté et aidé pour supporter et traverser les difficultés. Paul a exhorté chacun avec larmes. Il faut honorer le plus les membres du corps qui sont les plus humbles, pour qu’il y ait de l’équité.
Mais que fait-on habituellement de nos jours ? Les membres qui possèdent le plus de biens de ce monde, le plus de sagesse du monde (celle qui est charnelle, mondaine et diabolique) et qui ont le rang le plus élevé dans ce monde, ce sont ces membres-là que l’on honore le plus et qu’on apprécie plus que les pauvres minables qu’on ne considère que comme bons à remplir les bancs, mais qu’on n’apprécie jamais en tant qu’hommes et en tant que personnalités dont le Seigneur veut faire un vase d’honneur – peut-être plus que ces riches de ce monde. Vous avilissez le pauvre ! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux ? Ja. 2, 6. Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. V. 9. Pas étonnant que toute liberté ait disparu.
Un serviteur dans l’assemblée doit avant tout aider les opprimés, briser le joug et libérer le prisonnier. Mais pour être capable de le faire, il faut savoir ce qu’il en est de chacun en particulier, ce qui à son tour nécessite de l’humilité, de la capacité à se placer à la hauteur de chacun et à connaître les aspirations de chacun. Si on a reçu cette connaissance et ce ministère, le titre de pasteur devient presque une abomination et un handicap dont on se débarrasse le plus vite possible.
Pierre, m’aimes-tu ? Oui, Seigneur. Pais mes agneaux. Pierre, m’aimes-tu ? Oui, Seigneur. Pais (Garde, autre trad.) mes brebis. Pierre, m’aimes-tu ? Seigneur, tu sais que je t’aime. Pais mes brebis.
Dans son amour pour Christ, Pierre a reçu un ministère de plus en plus grand, mais ce qu’on exigeait de lui était qu’il le fasse par amour pour Christ. Il fallait paître les agneaux, garder les brebis et pour finir les paître. Il ne fallait pas les traiter tous de la même manière.
Mais ce n’est que dans l’amour qu’on peut trouver comment traiter chacun en particulier. L’amour propre ne trouve que les plus riches et les plus distingués ; pour être quelque chose soi-même et en retirer quelque profit, il est alors nécessaire d’être pasteur, pasteur, comme à l’époque on était Rabbi, Rabbi.
Mais l’assemblée a bien peu besoin de tels « rabbis » ; les « rabbis », à l’inverse, ont beaucoup besoin de l’assemblée.
Pour enseigner la connaissance de Dieu à quelqu’un, il faut le traiter en ayant le but devant les yeux. Il ne faut jamais perdre de vue le but au cours des nombreuses tensions et difficultés. Tout ce qui s’élève contre la connaissance de Dieu doit être brisé ; mais la plupart du temps, il faut pour cela la ruse du serpent et la simplicité de la colombe. Mais quand le lien de l’amour éternel a été noué, on supporte volontiers d’être brisé, surtout quand le serviteur sait instaurer quelque chose de mieux à la place.